‹ Le Problème De La Lèpre En FranceChapitre 8 sur 18 · NES" D F MAP · texte numérisé non relu

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ble, pour certains auteurs, avoir été par l'Egypte le berceau

de cette affection, et l’on peut dire qu'aucune région de cet immense continent n’est indemne du fléau.

- On la trouve en Egypte, sur le littoral méditerranéen, sur les bords de la mer Rouge, dans la vallée du Nil, et Engel- = Bey estime à 3.000 le nombre des lépreux d'Egypte.

Elle est commune sur toute la côte orientale d'Afrique et dans toutes les îles qui en dépendent, où, tout en frappant

—les noirs, elle n’épargne pas la race blanche née dans ces

pays (Madagascar, Seychelles, Comores, Maurice, Réunion). La lèpre s’observe aussi dans tous les points de l’Afrique

occidentale et équatoriale : au Congo, en Guinée, au Sénégal.

Elle est fréquente en Afrique du Sud, où les statistiques officielles de 1929 ont montré qu'il en existait 2.300 cas (Rapport

de E. Burnet, secrétaire de la commission de la lèpre à la

Société des Nations, Juin 1930). Asie. — La lèpre est très répandue dans toutes les parties

du Continent asiatique.

On a signalé son existence au Kamtchatka et en Sibérie.

En 1906, Kitasato comptait 24.000 lépreux au Japon; ce chiffre a été ramené à 16.000 par le recensement officiel de 1925, mais Satow admet qu'il en existe plus de 30.000 (. Burnet).

Le nombre des lépreux répandus dans toute l’étendue de la Chine est ignoré, mais on sait qu'il est très considérable, surtout dans les provinces méridionales; en effet, on ñe compte pas moins de 10.000 lépreux dans la seule province de Canton (Wong).

L'Inde est un immense foyer de lèpre. Le recensement général de 1921, fait par les soins du gouvernement britannique, a relevé le chiffre de 100.000 lépreux, mais toutes

- les recherches épidémiologiques faites depuis montrent que ce chiffre est extrêmement éloigné de la réalité et l’on pense

qu'il existe au moins 700.000 lépreux aux Indes Anglaises

(E. Burnet).

. En Insulinde, presqu'île de Malacca, îles de la Sonde, les

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autorités néerlandaises ont relevé 50.000 cas de lèpre (Docteur Van Lankhuysen).

Océanie. — La lèpre est devenue un fléau terrible en Océanie, où, à part l'Australie et la Nouvelle-Zélande, qui, par d’énergiques mesures prophylactiques, ont su écarter le fléau, toutes les autres îles de ce continent sont ravagées par la lèpre, qui y fait des progrès constants.

Elle sémble particulièrement fréquente aux îles Philippines et aux îles Hawaï où le gouvernement américain a pris des mesures énergiques pour combattre le fléau (E. Burnet).

AMÉRIQUE. — En Amérique du Nord, la lèpre n’est pas rare. On en trouve des cas au Canada, en Alaska et aux Etats-Unis, où le gouvernement fédéral a installé une léproserie à Carville.

Aux Antilles, au Mexique et en Amérique centrale, elle est très commune (Raphaël Luicio).

Quant à l'Amérique du Sud, elle renferme un très grand

nombre de lépreux, notamment la Colombie (plus de 15.000, Cenon Solano), les Guyanes, le Venezuela et l’Equateur.

Le Brésil en compte 30.000, la République Argentine 9.000.

Europe. — Le Sud-Est de l’Europe offre, au point de vue de la fréquence de la lèpre, une assez grande analogie avec les contrées voisines de l’Asie.

On la signale, en effet, dans toutes les îles de l’Archipel et en Crète, et les statistiques signalent quelques lépreux en - Grèce.

En Italie, on connaît des foyers de lèpre en Sardaigne, en Sicile, en Piémont, en Vénétie et Toscane (Colombini et Serra), et, en 1923, le recensement effectué par le gouvernement italien a relevé 500 cas de lèpre (Larna et Burnet).

En Espagne, la maladie est assez répandue; des hôpitaux spéciaux à Barcelone, Malaga, Grenade, Séville, La Corogne et Alicante reçoivent les malades (Burnet), et les docteurs Olavide et Mendoza évaluent à 4.500 le nombre des lépreux connus en Espagne.

Au Portugal, on évalue leur nombre à plus de un millier (Marchoux).

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O0 pe en Russie plusieurs centres de lépreux, notamnt dans le Caucase, en Oural; on rencontre encore la lèpre sthonie, Lettonie, Lithuanie et Finlande.

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5 voit ane que quelques cas isolés en Grande-Bretaen Belgique et au Danemark.

in, un dernier foyer de lèpre existe en Europe, dans la u’île scandinave; en 4856, on comptait 3.000 lépreux en ège; ie ou Grise se des mesures aires on n’en

4 Contagiosité de la lèpre.

L'opinion de l'Antiquité était favorable à la contagion de èpre, et nous savons que, pour Moïse, la lèpre était conuse, transmissible non seulement par le contact et les nanations des lépreux, mais aussi par le contact de leurs ements, des meubles et des maisons où ils vivaient. ?s rigoureuses mesures prophylactiques prises au moyen vis-à-vis des lépreux né nous permettent pas davantage douter: de |” opinion que l’on se faisait alors de la transsion de la maladie.

puis la découverte, en 1871, du bacille de la lèpre par vant norvégien Hansen, de nombreux expérimentateurs nt efforcés de démontrer la contagiosité du fléau et, en , au Congrès de Berlin, l’unanimité se fit sur le carac-

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Depuis le Congrès de Berlin, la question de nouveau agjitée semble avoir été définitivement tranchée d’une façon positive par les travaux de Hansen, de Groen, de Gomers, de Ehlers, de Unna, à l’étranger; de Jeanselme, de Marchoux, Grall et Sauton, en France.

Aujourd'hui, l’on considère la lèpre comme une maladie microbienne à l’égal de la syphilis et de la tuberculose et — partant — contagieuse comme elles. |

‘Il n’est pas dans notre intention d'indiquer ici Les diverses modalités de cette contagion, cette étude n’offrant, pour le but que nous nous proposons d’atteindre, qu'un intérêt relativement secondaire, aussi ne ferons-nous qu’en résumer brièvement les principaux caractères.

La lèpre paraît, au même titre que la tuberculose, devoir résulter d’inoculations successives qui sensibilisent progressivement l’organisme.

« La lèpre est une maladie contagieuse dont 16 germes évoluent comme ceux de la tuberculose, mais les occasions de se contaminer sont plus rares pour la lèpre que pour la tuberculose, et c’est pourquoi elle est moins répandue que celle-ci.

» En effet, une promiscuité étroite avec les lépreux est nécessaire pour assurer la contagion.

» [1 faut que la vie commune avec des lépreux rapproche les corps d’assez près pour que les bacilles provenant d’un ulcère de la peau ou des muqueuses trouvent, à point donné, une porte d'entrée.

» Les conditions nécessaires et suffisantes se résument, en

général, à un contact prolongé, d'autant plus facile à rencontrer que beaucoup de lépreux demeurent ignorés longtemps.

» Il ne faut pas perdre de vue que le coït peut être infectant (Sabrazès), et c’est sans doute le rapprochement sexuel

qui est le mode de contage le plus à redouter et qui est de

tous le plus difficile à éviter, surtout quand il s’agit de lépreux latents. » (Communication du Professeur Marchoux

au II Congrès international de la lèpre, Strasbourg, 1923.)

- De nombreux auteurs (Marchoux et Bouvret, Bertarelli et Paranhos, Kitasato, Sabrazès) ont affirmé le rôle des insectes dans la transmission de la maladie : il ne semble pas que ce rôle soit absolument prouvé.

Quoi qu'il en soit et quel que soit le mode de cette transmission, l’on peut dire que la lèpre est une maladie contagieuse, mais qui nécessite pour sa transmission un contage long et intime, tel que, par exemple, la cohabitation avec les lépreux, des rapports sexuels répétés joints à des conditions hygiéniques défectueuses.

En eflet, les peuples des pays tempérés d'Europe dou autant aux progrès notables de leur hygiène qu'aux mesures de rigueur d’avoir pu se délivrer Ducs complètement du fléau.

Et c’est parce que la promiscuité est moins grande de nos jours qu'au moyen âge que la contagion est plus restreinte.

Mais est-ce à dire pour cela que dans nos pays à climat tempéré, avec l'hygiène HOUerRE, la lèpre ne soit plus du tout contagieuse ?

Non, car, comme l’a dit Jeanselme, « aucune nation, à quelque latitude qu’elle se trouve, n’est en droit de se croire à l’abri du fléau », et c’est bien ce qui vient rendre le problème plus inquiétant, plus angoissant même, à une époque où les relations de l’Europe avec les pays où la lèpre est endémique deviennent chaque jour plus rapides et plus nombreuses. S C’est ainsi que Besnier et Vidal ont rapporté à l’Académie de médecine des exemples de contagion dans des régions où la lèpre depuis fort longtemps n'existe plus à l’état endémique.

CEn 1872, Hawrey Benson à présenté à la Société de médecine de Dublin un lépreux qui avait séjourné dans l'Inde et chez lequel la lèpre avait fait Son apparition quelques mois après son retour en Irlande : le malade séjourna dix-huit mois dans sa famille et succomba; pendant ces dix-huit mois, le père du malade partagea son lit et porta ses eflets.

» Cet homme, qui n'avait jamais quitté l'Irlande, fut atteint de lèpre, et présenté à son tour à la Société de médecine de Dublin, le 2 mai 1877. »

En 1899, Mac-Mahon a signalé un cas de lèpre avérée, survenu chez un homme de 25 ans qui habitait Londres et qui n’avait jamais quitté l’Angleterre.

En 1892, Montgomerey a observé chez un Américain un cas de lèpre contractée soit en Californie, soit dans l'Etat de Névada.

En 1900, le même auteur raconte l’histoire d’un autre cas aussi troublant chez une blanchisseuse américaine, d’origine irlandaise, sans avoir jamais quitté les Etats-Unis d’Amérique.

Conclusion.

De l’étude rapide et évidemment très incomplète que nous venons de faire de la lèpre en général, nous devons retenir cette idée essentielle : à savoir que la lèpre est une maladie contagieuse, dont la contagion s’observe, sans doute à des degrés divers, mais de façon indéniable, sous tous les climats, et qu'aucun pays du monde, à quelque latitude qu'il se trouve, n’est à l’abri d’une infection éventuelle de la lèpre.

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Une opinion généralement accréditée est que la lèpre a été

‘transportée en France par les Croisés à leur retour de Pales-

tine; or, il est aisé de démontrer que la lèpre existait dans notre pays bien avant les croisades.

* La lèpre n’était pas inconnue dans les Gaules, aux pre-

miers siècles de notre ère; les Gaulois lui rendaient même

un Culte, lui élevaient des temples et la donnaient comme divinité patronymique à plusieurs localités : Levroux, Leproux (Berry).

La jpre, qui avait sévi dans les Gaules dès les premiers

siècles, s’y montra de nouveau au vr siècle, et Grégoire de

Tours décida que les lépreux seraient placés sous la protection des évêques et nourris aux dépens de l'Eglise.

: Au vur siècle, les ordonnances de Pépin le Bref et de Charlemagne ordonnaient la relégation des lépreux et les déclaraient morts civilement, dépouillés de leurs biens et réduits aux seules ressources de la charité publique.

Ces citations montrent bien que la lèpre sévissait en

France bien avant la première croisade.

Quelle est l’origine de ce foyer primitif ?

Les auteurs ont sur ce sujet des avis très partagés. Il semble bien, cependant, que ce soient les Phéniciens, explorateurs et commerçants, qui ont les premiers propagé la lèpre en France (Zambaco Pacha).

Les croisades, les guerres, les invasions, propagèrent le mal, qui se répandit bientôt dans toute la France, au point

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qu'on ne comptait pas moins de deux mille léproseries au moyen âge en France.

Sur tout le territoire, on rencontrait de nombreuses maladreries, dont les chroniques locales nous ont laissé le souvenir et où il semble bien d’ailleurs qu’on n'ait pas isolé que des lépreux.

En Bretagne, on les nommait kakous ou caqueux; en Languedoc et dans les Pyrénées, on les appelait gahets, cagots.

On trouvait des lépreux en Bretagne, où le duc de Bretagne François II leur assignait un costume spécial.

La lèpre était fréquente en Vendée, en Normandie, où, sui-

vant un manuscrit de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, l’évêque Henri [* fonda la première léproserie, en 928, à Bayeux. En Lorraine, il existait cinquante léproseries, et aux xim° et xiv° siècles, les médecins de Metz prêtaient ser-

ment entre les mains du maître échevin de lui déclarer tous

les cas de lèpre.

Selon Ambroise Paré, dans le midi de la France, la ladrerie était plus fréquente que dans le reste du Royaume; il semble bien que dans le midi de la France, cette fréquence de lèpre ait eu pour cause les nombreuses incursions que les Sarrasins firent dans ce pays.

On trouvait des léproseries dans toutes les vallées pyrénéennes, et, au xiv° siècle, on ne comptait pas moins de à léproseries à Toulouse.

M. Durodié nous apprend (dans les Bulletins et mémoires de la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux) que la lèpre était très répandue dans le Bordelais, et on en trouve des traces dans l’histoire locale de Bordeaux, Langon, Saint-Macaire, Auros, Cadillac et Marmande.

Dans la ville de Bordeaux, les lépreux vivaient en commu-

nauté dans le Faubourg Saint-Nicolas, où ilexistait un hôpi-

tal de « gahets ».

Le Professeur Sabrazès a étudié, dans la revue Æsculape, à la lumière de documents personnels et après une enquête sur les lieux mêmes, la lèpre dans la Catalogne française,

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eaucoup de lépreux au moyen âge, le re Sa- * pense que eue a de lèpre eut pour cause

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ce sans doute à la rigueur déployée à ce moment, la once, es maladie ne tarda pas à décroître et, le

éproseries. th semble qu'au xvur° ce au XVII” siècles, Loin et 1e oirs publics se soient désintéressés d’une maladie qui mors d’un autre âge, à tel ou que QE Faut

.ce rapide aperçu historique, nous est-il permis de conque la terrible maladie a complètement disparu de DA | |

, et c’est ce que nous allons nous efforcer de montrer tudiant maintenant la situation actuelle de la lèpre en

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La lèpre à Paris.

M. Besnier disait à l’Académie de médecine, le 11 octobre 4887 : « Il n’est aujourd’hui, à Paris, un médecin voué à la dermatologie, qui n’ait de lépreux dans sa clientèle. »

Que faut-il penser de cette affirmation ?

En 1897, M. Hallopeau déclarait qu'il existait à Paris une petite colonie de lépreux en voie de rapide accroissement et, en 1911, le Professeur Jeanselme affirmait à la Société de pathologie exotique qu'il existait à Paris 160 à 200 lépreux.

D’après les statistiques officielles de l'Hôpital Saint-Louis, il est entré dans cet établissement, du 1% janvier 1910 au 30 avril 1925, 104 lépreux (thèse de Léger, Paris, 1927).

Comme le dit Jeanselme, il est probable que le nombre des lépreux qui reçoivent des soins à l'Hôpital Saint-Louis est beaucoup plus considérable que ne l’indiquent ces statistiques, car, dans celles-ci, ne figurent pas les malades — et ils sont nombreux — qui se rendent à la consultation externe de cet hôpital.

La plupart des lépreux traités à Saint-Louis ont contracté la lèpre dans les pays où celle-ci est endémique. Beaucoup de ces malades l’ont contractée dans nos colonies. Ce sont des colons, des militaires, des marins, des fonctionnaires et des religieux.

Les autres lépreux sont des étrangers, principalement des Sud-Américains, attirés par la réputation que l'Ile-de-France possède à l’étranger d’avoir un climat favorable aux lépreux.

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La lèpre en Bretagne.

La lèpre, qui sévissait en Bretagne à l’époque médiévale, telle que l’attestent les chroniques locales de Rennes, Quimper, Lesneven, Dol et Auray, passe encore de nos jours pour y exister de façon endémique.

En 1892, Zambaco Pacha, à la suite d’une enquête approfondie à laquelle il s’était livré sur place, déclarait à l’Académie de médecine que le nombre des lépreux vus par lui en Bretagne était considérable.

Il nous semble bien que le savant léprologue ait quelque peu exagéré le nombre des cas de lèpre existant dans la presqu'île armoricaine. En effet, Zambaco n'hésite pas à identifier la maladie de Morvan, ou panaris analgésique, avec une forme fruste et modifiée de la lèpre (Zambaco, La survivance de la lèpre en France).

Cette identification morbide souleva d’ailleurs en 1892 d’ardentes polémiques, et Jeanselme, dans la Presse médicale de 1897, combattit violemment cette opinion.

Il n’est pas dans notre intention d'examiner ici les rapports de la lèpre avec la maladie de Morvan, mais il nous est permis de dire que, depuis ces quelques dernières années, les travaux de Jeanselme, de Unna et de Neisser paraissent bien avoir établi l'indépendance totale du panaris analgésique vis-à-vis de la lèpre.

En effet, le Professeur Sabrazès a montré, en 1900, l’absence totale de bacille de Hansen dans les lésions nerveuses du type panaris analgésique, alors que les nerîs atteints par la lèpre renferment constamment de nombreux bacilles

(Arch. de phys. et de path. gén., 1900).

En dehors de ces cas douteux de lèpre fruste cités par Zambaco et qui, pour la plupart des auteurs, n’ont aucun rapport avec la vraie lèpre, due au bacille de Hansen, il existe en Bretagne des faits probants et indéniables de lèpre authentique, tant du point de vue clinique que du point de vue bactériologique.

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En 1897, à la Société de dermatologie, H. Hallopeau raconta l’histoire d’un malade de Ploerneuf (Côtes-du-Nord), entré à l'Hôpital Saint-Louis, qui n'avait jamais quitté la Bretagne avant de venir à Paris et qui présentait une lèpre tuberculeuse classique, et dont la recherche du bacille de Hansen dans les lésions était positive.

En 1897 encore, les Annales de dermatologie nous rapportent l’histoire d’un malade, originaire de Pédernec (Côtesdu-Nord), entré à l'Hôpital Lariboisière, à Paris, dans le service du Docteur Dreyfus-Brissac, malade qui présentait des lésions typiques de lèpre tuberculeuse. Ce malade n'avait jamais quitté la France. À

En 1906, H. Hallopeau et Roy firent une enquête dans les Côtes-du-Nord; ils rapportèrent alors le cas d’une malade de Bourbriac (Côtes-du-Nord), n'ayant jamais quitté son village, qui présentait des lésions caractéristiques de lèpre.

En outre, H. Hallopeau et Roy font mention, dans leur enquête, d’une lettre du docteur Vincent, de Guingamp, leur apprenant que celui-ci avait soigné trois lépreux dans les environs immédiats de Guingamp.

Il nous semble donc bien établi par les faits qu'il existe en Bretagne un foyer endémique de lèpre, foyer dont il ne faut pas, sans doute, s’exagérer l’importance, mais qui existe cependant d’une façon indéniable.

Quelle est l’origine de ce foyer ?

Zambaco y voyait une survivance fruste et atténuée de la lèpre qui sévissait en Bretagne au moyen âge.

Pour notre part, nous avons essayé de la rapporter aux relations existant entre certaines régions du littoral armoricain et les pays où la lèpre existe encore à l’état endémique (l'Islande).

Mais, de l’enquête à laquelle nous nous sommes personnellement livré auprès des médecins de Saint-Malo et de Paimpol, ports d’où partent chaque année des milliers de marins pour la pêche en Islande, il nous a fallu conclure ‘qu'aucun de ces nombreux pêcheurs n'avait présenté de lèpre.

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