INSTRUCTION PUBLIQUE
En matière d'instruction publique, le gouvernement des Indes s'est préoccupé à la fois des écoles européennes et des écoles indigènes, en observant de la façon la plus scrupuleuse le respect de toutes les religions et de toutes les croyances.
La surveillance de linstruction publique est du reste un des principaux devoirs imposés par la Constitution au gouverneur général.
Pour les Européens, on a organisé des écoles publiques moyennes (Hoogeburgerschoolen), correspondant à notre enseignement secondaire, et des écoles publiques primaires ; de plus, toute personne est libre d'enseigner aux Européens et assimilés, sous la surveillance du gouvernement et après une enquête sur sa capacité et sa moralité.
Jusqu'en 1854, le gouvernement hollandais s'était peu soucié de l'instruction des indigènes dans l'Insulinde ; mais l’application à Java du système Van den Bosch (2), qui comportait un grand nombre d'agents capables de tenir une comptabilité élémentaire et la crainte de voir la noblesse javanaise, important élément de civilisation et de pacification, perdre, par les manifestations répétées de son ignorance, une partie de son prestige, poussa le gouvernement à changer radicalement de méthode.
Il est vrai que les difficultés administratives firent ajourner jusqu’en 1852 les premiers efforts sérieux, mais à partir de ce moment une vive impulsion fut donnée à l’organisation des
(4) M. Cxarzzey-BErT, op. cit., a consacré dans son ouvrage un chapitre particulièrement intéressant à l'instruction des indigènes dans l'Insulinde, L'orientation vers l’enseignement professionnel qu'il préconise, fournirait un sérieux appoint au recrutement des éléments supérieurs de la main d'œuvre,
(2) Cf. infra, p. 95 et suiv.
écoles indigènes. En 10 années, on créa 249 écoles nouvelles dont 3 à Java et les 138 autres dans les possessions extérieures (1). Le mouvement s’est ralenti à partir de 1884, les frais paraissant très élevés et les finances coloniales n'étant pas prospères. Cependant, on constatera aisément les progrès accomplis en remarquant qu'à Sumatra seulement il existait en 1905 531 écoles primaires pour indigènes, fréquentées par environ 42.000 élèves (2), et, en outre, 4.écoles spéciales pour orientaux étrangers, mais dont l'effectif scolaire est très faible (3).
Le gouvernement des Indes a dépensé pour l'instruction publique 2.318.355 florins en 1906. Ce chiffre s'accroît rap'dement; en 1849, il était seulement de 25.000 florins, pour monter, en 1901, à 1.482.000 florins et, en 1903, à 1.598.000 florins (4).