CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
Il n'est sans doute pus Inutile do rassembler i< i toutes les notions qui ont fait l'objet des précédents chapitres, notions qu'il semble qu'il était nécessaiide donner, afin d'être à même, par la suite, d*abordei
avec "une sûreté relative l'étude des problèmes actuels.
Dans tous ces chapitres, on a passé rapidement en revue les effets que produit l'affaiblissement des mon-' naies sur toutes les opérations par lesquelles les Etats etles hommes assurent leur subsistance ou leur fortune. On n'a pas eu en vue de donner des difficultés actuelles une idée même approchée, ni une idée d'ensemble des suites de la dépréciation des monnaie-.
Et on a vu que. pour ce qui regarde le commerce en général, la dépréciation a comme conséquence la hausse de tous les prix, et que cette hausse est le moyen par lequel les vendeurs se dédommagent de la perte. Que s'ils sont empêchés de le faire, par les événements plus que par la loi. qui est sans force, le commerce et l'industrie deviennent languissants, ce qui amène l'appauvrissement de tout l'Etat. Pour ce qui regarde les rentiers, on a conclu que la dépréciation leur faisait subir une perte proportionnelle à l'afifai-
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blissernent. Pour ce qui regarde l'Ktal entier, on en est venu à reconnaître qu'il n'en souffre pas directement, mais qu'il perd avec l'étranger. Pour le souverain enfin, l'effet de l'affaiblissement est de le mettre dans une situation pire que celle des sujets, dans ses rapports avec l'extérieur, alors qu'il gagne pendant un temps sur les nationaux ce qui est la raison de tout affaiblissement).
Si, en regardant les choses d'un peu plus haut, on cherche à savoir quelles conséquences l'affaiblissement (\c^ monnaies produit, on peut observer :
Que le plus grand intérêt d'un pays est qu'il n'y ait point de citoyens inutiles et oisifs, que le travail soutenu soit récompensé par l'acquisition de ricbesses solides, que tous conservent une vigueur de corps et d'esprit qui leur est utile, et qui est profitable à l'Etat. Or, qu'y a-t-il qui soit plus propre à dégoûter les hommes de tout travail sérieux et durable, que la vue qu'ils ont de la ruine qui attend ceux qui ont péniblement amassé d'honnêtes fortunes ; qu'v a t il qui soit mieux fait pour détourner les hommes des risques et de l'activité du commerce, pour les rejeter dans des professions tranquilles et amollissantes, comme celles des fonctionnaires, que l'extrémité misérable à laquelle le commerce est réduit rapidement lorsque la monnaie est affaiblie !J
On peut observer aussi que si, dans les conjonctures les plus favorables, les vendeurs se dédommagent de la perte, chacun voudra se livrer au commerce où les hauts prix, et, partant, l'espoir de bénéfices considérables et faciles illusionne sur les véritables et dures conditions de la vie industrielle. Et alors, il se trouvera rapidement qu'il \ aura une trop grande quantité de vendeurs, et plus assez d'acheteurs.
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On peul observe) encore que ceux qui travaillent, et qui sentent bien qu'ils sont nécessain eux qui
son! oisifs, vont augmenter leon exigences, el mel tre leur travail à un si haut prix, que les oisifs ne pourront suffire à la dépense. El Bill u'\ Buffisenl pas, l'arrôl du travail s'ensuivra bientôt, Mors, H n*j aura plus dans l'Etat que des riches lifs, el
pauvres, sans qu'il existe entre ces deux classes, une autre classe, dite moyenne, qui leur sert à toutes deux de contrepoids.
On peut observer enfin, (jue dans un temps OÙ la richesse apparente est menacée d'impositions déroe surées, où le commerce risque la faillite à tontine tant, où, dans le cas du papier-monnaie, on ne vil plus qu'au milieu des richesses fictive>. ceux-là seuls qui vont s'enrichir sont les agioteurs de toute sorte, et ceux qui profiteront de la misère des classes autrefois riches pour acheter à des prix dérisoires des maisons, des terres dont l'acquisition a coûté un lo travail. Les fortunes s'édifieront alors avec une rapidité étonnante, et cette rapidité fera croire à ceux qui n'ont point réussi à s'enrichir que toute richesse est usurpée. Elle fera croire à ceux qui les ont faites sans trop de peine qu'elles sont inépuisables et on les en verra faire le plus pernicieux usage.
Enfin, l'affaiblissement des monnaies, qui est et qui produit une véritable confiscation, diminue l'honnêteté particulière, car l'exemple d'un souverain, sur qui tous ont les yeux fixés, est très contagieux.
La suite en est qu'il se passe dans l'État où on la pratique un déplacement de fortunes très considérable et très profond, qui n'est pas loin d'être une véritable révolution, ou tout au moins, qu'il s'y produit un bouleversement complet de toutes les richesses et de
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toutes les idées, et que la nation se trouve en état révolutionnaire.
On a beaucoup dansé, beaucoup volé, on s'est beaucoup amusé pendant que Jean Law conduisait la compagnie des [ndes pendant le Directoire, et après la guerre de 1 9 1 \ - 10 1 S .