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il a chargé l'État. Il est facile de voir quelle est l'é normité de l'avantage que le Prince trouve. Si on ima giné que le Prince devait 3 milliards d'arrérages, en franc» poids, ri qu'il se libère maintenant en payant .") milliards en francs numéraires qui ne valent plus que le tiers, il n'a plus en Bomme qu'un milliard à
paver De sorte que son gain est de 2 milliards de
francs pouls, qui vont lui permettre de metUe en circulation, pour st'S besoins, 6 milliards de francs numéraires, l'affaiblissemenl étant des 9 3.
D'autre part, le relèvement des traitements ne se l'ail jamais aussi vite que la bausse des prix. Il se passe un certain temps eu discussions et en mises
au point. Pendant ce temps, l'Etat va gagner sur tous
les fonctionnaires. Et quand enfin il augmentera les traitements', ses charges étant par ailleurs toujours aussi grandes, et ses revenus peu augmentés, il ne se portera pas à payer des traitements en rapport avec l'affaiblissement et la bausse de toutes les denrées. Ainsi, si l'affaiblissemenl est des a /3, il est probable que les fonctionnaires seront payés le double, et non pas le triple. Ils se trouveront ainsi moins riches avec 20.000 francs qu'ils ne l'étaient auparavant avec 1 0.000. Et ejest encore un gain que l'Etat l'ail sur eux.
Il n'\ a que lorsque l'État passe des marchés qu'il ne gagne rien. Car les marchandises ayant augmenté et leur surliaussement étant du triple, l'Etat, connue
tout autre acheteur, va être contraint de payer trois fois plus cher. Il ne pourrait gagner de ce côté (pie s'il avait passé des marchés dont l'exécution portât sur un temps très long, comme ceu\ qui ont trait à la fourniture d'eau, de courant électrique, etc. Si les marchés ne sont pas revisés (et même s'ils le sont, ils
8o m Pnom i \n m i \ M'iw \iir
ne le son1 pas tout de suite), l'Etal fiait encore un gain.
Mais d'un autre côté l'Étal fait une perl idé
rable. Parce qu'il se peut que ]<■•> particuliers ne portent pas tous Leurs espèces dans les hôtels monnaies ou à la Banque, En conséquence, les espèces restées dans les mains del particuliers vont se cacher ; et le montant des billets ou des nouvelles pièces en circulation sers moindre <\\\ il n'aurait été, non en valeur numéraire, maivaleur réelle, en puissance d'exécuter le travail que t'ait l'argent. Par exemple, si le montant d<- espèces d'or et d'argent d'un Etat est de 5 milliards de sous d'or, et qu'au moment de l'affaiblissement qui des 2/3, on n'ait porté à la refonte que \ milliards de sous d'or, qui font maintenant [2 milliards de sous numéraires, la masse totale de l'argent ne sera plus que m de t\ milliards en valeur de commerce, et non de ."».
§ 3. Le Prince créancier. — C'est le point le plus important. Le Prince moderne n'a point de ressources par lui-même, ou du moins elles sont négligeables. Il n'a à sa disposition que ce qui provient des sujets par les moyens de l'impôt ou des emprunts. (Le monopole est un impôt déguisé.) Le moyen de l'impôt est le moyen normal. Or que se passe-t-il au regard de l'impôt quand le Prince affaiblit la monnaie?
Dans ce cas, d'abord, l'Etat est créancier. Il doit donc, en principe, perdre comme tous les créanciers.
Cependant,, comme la monnaie est plus abondante. l'État va beaucoup plus facilement lever les taxes qu'auparavant ; il semble donc qu'il y ait un avantage initial. Mais cet avantage est de courte durée, car il est bientôt contrebalancé par de graves inconvénients. Il est clair, en effet, que l'argent
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circulant sur le pied de sa salent nominale, tons les débiteurs de l'Etal vont réaliser BUT lui un ^rain considérable, puisqu'ils ne lui paient, dans le rade l'affaiblissement des a/3, que le tiers en valeur, réelle. Si donc l'Etat perçoit plus facilement des impôts, il per<;oit d'autre part des impots qui valent de inoins en moins. Mais on objectera aussitôt que l'Etal ne perd rien puisqu'il ne paie lui-même ses rentes constituées que sur le pied de la valeur nominale des espèces. \ quoi il faut répondre que l'Etat n'est pas débiteur que d'arrérages, mais encore à cause des traitements qu'il doit à ses fonctionnai res, et à cause des marchés de fournitures qu'il passe.
Comme dans le premier eas. il est rapidement obligé de hausser les traitements, il va commencer à perdre. Comme ensuite, dans le second cas, il doit payer nécessairement le triple, il perd beaucoup. Et la perte est de plus en plus grande, suivant l'impur tance croissante des dettes commerciales \is-à-vis des dettes d'arrérages ou de soldes.
De toute nécessité donc, l'Etat va être contraint d'augmenter ses impositions, dans la proportion indiquée par la remarque précédente. Un exemple très simple fera voir ce qu'il en est.
Le Prince avant l'affaiblissement ?tait créancier de 6 milliards, dont i milliard provenant des monopoles. D'autre part, il était débiteur de 2 milliards pour arrérages, de 2 milliard^ pour traitements, de 2 milliards pour fournitures. 1 /affaiblissement étant des •> .'-> . le Prince va, au bout de peu de temps, devoir :
2 milliards pour les arrérages ;
\ milliards pour les traitement^;
(i milliards pour les marchandises;
Total, 1 a milliards.
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I iomme créancier, il touche :
5 milliards d'impôts :
.'> milliards des monopoles, au lieu de i an mettanl Les choses au mieux).
Total, 8 milliards, el donc perte de i milliards, <|ii il \.i demander à I i m jn*»t. Il va donc falloir qu'il augmente les impositions d'un peu moins du double, ou de s<» ",,. Ce qui lui donnera alors 9 milliards (I impôts ej 3 milliards de monopoles. La 1 1 il
ainsi égale.
Mais toute la question esl de savoir, non pag cette opération esl possible sur le papier; — toutes! possible sur le papier, — mais si cette augmentation des impôts, étant décidée,, sera réellement exécutt Autrement dit si les impositions doubl» Mit
réellement perçues ol rentreront dans la caisse du Trésor. Elles ne le seront bien évidemment que si elles n'excèdent pas la capacité de paiement des contribuables.
II est nécessaire de remarquer d'abord que les monopoles qui rapportaient 2, ne donneront vraisemblablement pas 3. L'État est trop mauvais commerçant, il n'est pas poussé par la crainte de la faillite, et il ne comprend pas grand'chose aux affaires. Il y a donc apparence qu'il n'augmentera pas suffisamment ses prix. En outre, le public, se plaignant nécessairement de 1 1 cherté de toutes choses, et dont l'État détourne les colères ou les rancœurs, en accusant le commerce de faire des gains excessifs, alors qu'il est le plus grand responsable de la hausse des prix, en ce qu'il a affaibli la monnaie, le public donc, ne va pas comprendre qu'un Prince si honnête augmente à son tour ses prix. Il va agir sur le gouvernement, et les chefs des services monopolisés, à qui la perte est au fond indiffé-
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rente, ne tiendront pas la main à ce que les prix haussent dans la mesure où il le faudrait. Les monopoles ne donneront donc pas le triple de revenus, même au début. Mais ce (pie les acheteurs n'auront dotic pas payé plus cher, ils le repaieront sous forme d'impôts. Rien n'est perdu, et le détour est charmant.
Voyons maintenant comment l'augmentation des impôts est réalisable.
Il y a lieu de distinguer entre les impôts directs et l<>s impôts indirects.
A) Les impôts directs. — Il y en a quatre :
Impôt foncier et impôl sur la propriété bâtie ;
Cote personnelle mobilière ;
Portes et fenêtres ;
Patentes (droit fixe et proportionnel).
Les deux plus importants de ces impuis tombent sur les propriétaires, qui appartiennent à la classe qui est appauvrie, et même ruinée par le fait de la dépréciation de l'argent. Leurs revenus n'ont que très peu augmenté et leurs dépenses sont triplées à cause de la hausse de tous les biens nécessaires à la vie. Pour la cote personnelle mobilière et les patentes, l'augmentation est plus facile à concevoir, parce qu'elle porte sur une classe qui, au début du moins, se dédommage de la perle que fait subir la baisse de la valeur de la monnaie. Cependant, comme il est constant que les prix ne se soutiennent pas longtemps au niveau où ils parviennent d'abord, la perception de impôts n'esi pas complètement assurée.
Mais, encore une fois, l'Etat est le Prince. Il a la force pour lui. 11 faut craindre qu'il ne ruine les particuliers, déjà si sévèrement touchés par la baisse de la valeur de l'argent. Mais il faut craindre aussi que la perception des Impôts sur les biens fonciers soit tout
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à lait impossible, l'Etal ne pouvant toul de même |i;i^ saisir 80 " ,, des propriétaires. Hais après tout, on ae le sail pas. Car l'observation révèle que, lors que l'Etal est dans uae situation embarrassée, il d pas d'extrémités auxquelles il ne se laisse aller. On le voit bien, puisqu'il affaiblit la monnaie, par quoi il ne trouve qu'un secours j» . \u bout de peu
temps, l'Etal esl dans la môme situation qu'avant. I 1 même dans une situation pire, ce qui alors lé pou à ruiner tous les particuliers, et ce qui entraîne nécessairement sa déconfiture, <n fin de compte. l'Etat ne vivant que des ressources des particuliers
B) Les impôts indirects. — Ces impôts se perçoivent sur la consommation. Ils vont donc être levés plus facilement dans le temps que L'argent est abondant, et que les prix haussent. C'est sur ces impôts que le Prince comptera le plus pour se faire des ressources. Il est probable qu'il en inventera d'autres quo ceux qui existaient déjà. Et, en principe, il aura raison. théoriquement et pratiquement. Puisque le comm< se dédommage de la perte en vendant plus cher, puisqu'il ne souffre pas de perte, c'est à lui qu'il faut demander de payer. Il y a en effet un principe très enfantin en matière d'impositions. Il faut prendre l'argent là où il est : et. selon les apparences, c'est sur 'les opérations du commerce qu'il y a le moins de : perte. C'est donc là qu'il faut imposer. Cette imposition sera proportionnelle au montant des échanges. Tout cela tient parfaitement debout. Il n'y a qu'un malheur à ce raisonnement si séduisant. Le voici :
Pour augmenter les impôts, il faut une loi. Ceci implique que quelqu'un doit en prendre l'initiative. Puis il faut que ce quelqu'un fasse triompher son point de vue, devant beaucoup de personnes soute
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nues par une opinion publique qui est toute prèle à trouver que des impôts nouveaux sont au moins monstrueux. En tout état de cause, il faut beaucoup de temps. Et alors, quand ce temps est passé, on "s'aperçoit avec stupeur que le commerce et l'industrie n'ont pas su soutenir les liants prix d'abord pratiqués. En elTet, comme on l'a montré pour le commerce, au début, il vient rapidement un temps où la classe des rentiers, étant ruinée, n'achète plus, OU la consommation se ralentit terriblement, et où le marasme commence pour l'industrie, et pour le commerce, marasme qui finît en paralysie générale et en ruines. Et c'est à ce moment que la taxe qui devait sauver l'Etat entre en jeu. Elle ne fait qu'accroître le péril, et, conséquemment, elle déjoue tous les espoirs qu'on avait fondés sur (die.
Viors, l'État se retourne tout naturellement vers ceux qui ont des biens au soleil, vers les fortunes acquises, et il porte à la classe des rentiers le dernier coup. C'est ainsi malheureusement que les choses se. sont toujours passées.
La conclusion générale que l'on peut tirer de tout ce qui a été dit touchant la situation de l'Étal créancier, quand la monnaie est affaiblie, c'est que l'augmentation des impositions à laquelle il est contraint est très hasardeuse, très douteuse dans ses résultats, et que. si les impositions sont néanmoins perçues, (dles tombent sur des nationaux déjà appauvris, et finissent par consommer leur ruine définitive. Ce qui n'est pas très magnifique, ni très intelligent, car la ruine des particuliers implique avec une logique imperturbable celle de l'Etat.
C) L'impôt sur le revenu. — Il est clair que plus le revenu est grand, en numéraire, plus cel impôt doit
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rapporter ; il ti6 s'accroît que peu poui lesrentiei maie pour lef commerçants, ou nui qui rivent de leur travail, il s'accroît.
Section deuxième. — Le Prihci i>\n- &es bappoi
\\r<. l'ËtRANGEA.
Les rapporta que l<- Prince g avec lesétranj peuvent en général être que d'une sorte, au ne. indirectement. Ce sont des rapporta de créant ier à débi leur, ou inversement. Et si l'État contracte des
emprunts à l'étranger, sa situation est singulièrement grave. En effet, les emprunts ont été pour l'ordinaire contractés dans la monnaie du préteur, et les arrérag devront être payés en cette monnaie-là. Que si, p;ir hypothèse, le Prince a affaibli sa monnaie des a/3, nous avons vu qu'il gagnait, au début du moins, i is àvis des nationaux créanciers, puisqu'il leur paie en mauvaise monnaie ce qu'il leur doit. D'autre part, par l'augmentation des impôts, il arrive quelquefois, plutôt mal que bien, à faire rentrer dans ses lisses plus d'argent numéraire. Il peut ainsi payer les marchandises plus cher, et de plus forts traitements. Mais il ne fait pas en fin de compte de bénéfices. Tout son disponible y passe. Que lui reste-t-il. alors, dans cette situation, pour payer l'étranger? Probablement pas grand'chose. Le Prince n'a pas à sa disposition des marchandises, qu'il pourrait hausser de prix, et donner en paiement. Il n'a à sa disposition que de l'argent affaibli, que l'étranger ne prend que sur le pied de sa valeur réelle, qui est petite, ou plutôt sur le pied du change. Si le change est contre lui, et de 60 pour 100, il en coûtera réellement au Prince trois fois plus pour payer ce qu'il doit, puisqu'il n'a pas beaucoup de moyens de se procurer de
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nouvelles ressources. Le Prince se prouve à peu près dans la situation de la [)lus malheureuse des classes de l'Etat, celle qui a des revenus Çxes. Sa condition est pire que celle des nationaux, somme toute, vis-àvis de l'étranger.
On n'insiste pas là-dessus davantage. On s'exposerait à des redites ; car la question sera traitée plus à fond, au sujet de la théorie générale du change.
Un résumé rapide des avantages et des inconvé nienfs que le prince distingué de la nation entière, trouve dans l'affaiblissement des monnaies rendra compta avec clarté des matières de ce chapitre.
Les avantages sont :
1" Le prince gagne sur la monnaie elle-même. en ce qu'il retient une partie de la matière, dans le cas de la monnaie de métal, ou en ce qu'il fait (abri
quer de la monnaie à son profil exclusif, dans le cas de la monnaie de papier.
:>." Il paye le total de ce qu'il doit, en ne fournissant que le tiers (si l'affaiblissement est des 3 3).
o' Il recouvre plus facilement les impôts.
V II peut les augmenter.
Les inconvénients sont :
i" Diminution de la consommation, et donc des impôts sur elle, à cause de la cherté des denrées.
2° Augmentation des dépenses cornantes, trai leinenls et achats de marchandises.
o" Cherté des remises à faire à l'Etranger.
4° Diminution du commerce, qui provient de toutes les difficultés que fait naître l'affaiblissement.
Ces deux derniers inconvénients sont extrêmement graves, On le verra mieux par la suite.
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