LA MONNAIE, SON ORIGINE, SES PROGRÈS
11 peut paraître singulier qu'au sujet de l'effondrement du franc français en 191/4-1921, on en soit venu à remonter en quelque sorte au déluge ; et il n'y aurait aucun intérêt à le faire si les habitudes d'esprit les plus dangereuses ne nous avaient éloignés de la réalité, si certains n'en étaient venus à penser que les problèmes présents sont tout à fait nouveaux, et si d'autres, tout en reconnaissant la vérité des vieux principes en matière de monnaie, ne raisonnaient si bizarrement qu'ils ne voient pas à quel point nous nous en sommes écartés j si d'autres encore, accep
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ta ni le principej n'en répudiaient If équerii i
si enfin, pour dire bref, la m n'étail si <>\^< m
cie, qu'il «si difficile de -*\ !<•« onnattre.
( )n sail bien que les modernes sont tentés d'appelei arguments d école ceux qui onl été enseignés autre i<>U. \ entendre les apôtres d'un ordre nouveau, il semblerait que toul soil ch el que l'homme ait
eu, toul soudainement, pai le fait de la guerre, un autre cerveau, un autre corps*. Il faut bien, contre ces assembleurs de nuées, revenir aux choses comme elles sont ; il faut bien reprendre pied sur !»■ réeL II j a dans l'histoire de tous les peuple-, el dans la nota en particulier, des événements qui ressemblent beaucoup à ceux de ce temps, et. partant, d'amples précieux enseignements à recueillir de l'étude de pas C'est une belle attitude d'esprit que celle d'hommes qui ont les yeux fixés sur l'avenir. Mai.-?, s'ils regardaient quelquefois en arrière, ^'ils supposaient, qu'avant eux d'autres hommes ont étudie, ont réfléchi, ils verraient bien qu'une prudence très grande doit arrêter les élans trop \il's. el qu'on risque beaucoup à ne pas s'inspirer des \ieilles règles, qui sont de la nature de l'homme et de celle des choses.
Il a donc paru essentiel de rappeler les origines de la monnaie et le sentiment que les hommes en onl eu au cours des siècles.
Au début, le commerce se faisait par permutation, par troc. Il se fait encore ainsi chez certaines peuplades que nous-appelons barbares. Trois difficultés rendent cette manière d'échanger embarrassante. D'abord, la nécessité de transporter toutes les marchandises sur le marché; ensuite, l'incertitude de la valeur des choses échangées, et donc de la soulte à payer au cas où les valeurs^ne sont pas égales ; enfin
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la diUicultc de trouver précisément en échange d'une marchandise, celle que l'on désire.
On a été alors amené à chercher une matière qui, ayant par elle-même de l'utilité, eut L'avantage d'être facile à transporter, moins variable dans sa valeur, plus aisée à conserver, et que tout le inonde put recevoir en échange d'une marchandise, avec la. certitude qu'elle serait ensuite prise* contre la .chose désirée .
On se servit de fer, de cuivre ; puis quand ils devinrent trop abondants, et qu'on eut trouvé l'or et l'argent, on utilisa ces deux métaux. L'avantage de ces matières précieuses est considérable :
D'abord, elles ont une grande valeur sous un petit volume.
Ensuite, elles ne sont pas produites aussi aisément que les matières plus communes ; et leur quantité varie très peu d'une année à l'autre. Leur valeur est donc relativement (ixe.
Enfin, elles se conservent très longtemps sans exiger de soins.
Ces matières lurent donc utilisées, et on les échangeait contre les marchandises ordinaires, dont la valeur était exprimée en poids d'or ou d'argent. Mais on en vint bientôt à. penser que, si la puissance publique, par une marque quelconque apposée sur des poids d'or Ou d'argent connus leur donnait une valeur déterminée, leur usage en serait encore rendu plus commode; on n'avait plus besoin, en elïet, de faire l'essai, ou de peser l'or et l'argent, puisqu'ils circulaient en parties toutes pesées, et dont la finesse était garantie. C'est, alors, la monnaie.
Mais il tant tout de suite observer que la monnaie n'a pas amené entre les hommes une nouvelle manière
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de la monnaie* au lieu qu'autrefois, ou l'échanj ail directement contre une autre, 4utrem*atf «lit. rendre une chose, c'est la troquer contre une autre plu appelée monnaie* contre une marchandise qui a cotte l'acuité d'être acceptée par tout le monde, ma marchandise comme Bfle BUti
[1 faut encore observer que, dan- un paya quel* conque, la monnaie n'est Qu'une partie très petite de la richesse totale. C'est une marchandise <jui n'exi pas en grande quantité, et qui, en soi. n'a aucune utilité, sauf une utilité ûTéchaÈge. Mais cette utilité est très grande. La monnaie est l'intermédiaire par lequel se font les échanges, et elle est la comm> mesure de la valeur des choses. Il y a donc lieu de u "\ toucher qu'avec infiniment de prudence.