CONCLUSION
pense, lorsqu'elle porte sur des matières qui intéressent profondément tous les hommes, en ce qu'elles touchent aux moyens par lesquels ils assurent leur subsistance ou leur richesse.
On a cru que c'était de la haute politique que de faire le silence sur ces difficultés, et de répandre le mensonge. Il vient un temps où les promesses folles ne sont pas tenues, où la vérité se découvre enfin; plus cette découverte est tardive, plus il faut craindre que la méfiance ne soit aussi inconsidérée que la confiance était excessive. Celui qui ment court le risque de ne pas trouver de créance quand il dit la vérité. L'optimisme inerte que crée le mensonge ajoute encore aux difficultés de l'heure présente. De ces difficultés, qui sont nées de l'inflation fiduciaire, on peut redire ce que d'Aguesseau écrivait il y a deux siècles, au moment où le papier-monnaie faisait son apparition en France :
« Il faut appliquer à l'altération des monnaies, ce que Tacite a dit le premier en parlant de Séjan, que sa naissance et sa mort avaient été également fatales à la république; en sorte qu'il n'aurait jamais dû naître, ou n'aurait jamais dû mourir. »
Telle est, en effet, la nature de l'inflation, qu'elle n'est pas moins nuisible dans sa fin que dans son commencement, et que, si un gouvernement sage peut s'interdire d'y recourir, il n'est pas en sa puissance d'éviter qu'elle ne cesse, et que, par là, elle ne plonge à nouveau l'État dans une infinité de maux plus grands que ceux qui ont accompagné sa naissance.