‹ Le problème de la monnaieChapitre 5 sur 44 · I. — LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

I. — LA MATIÈRE

L'or et l'argent sont des marchandises comme les autres. Une telle proposition n'est pas contestable lorsqu'ils sont en lingots. Elle ne peut pas l'être davantage quand ils sont transformés en monnaie. Et la conséquence en sera que la monnaie \a varier.de valeur comme toutes les marchandises*, suivant sa bout»', et l'offre et la demande qui en seront faites.

Si l'on veut des preuves que la monnaie a d'abord la valeur de sa matière, <>n peut admettre :

i° Que ce serait avancer un paradoxe bien extravagant que dédire, que parce que le prince grave son image sur de l'or, il anéantit la valeur de cette matière, pour la remplacer par une sorte d'être de raison, dont il peut faire varier la puissance à sa volonté;

Arthl-ys. — Problème de la monnaie. 2

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• Qu< i i ^i un i.ni constant que quancl la monnaie devient plus abondante, les pris de toutes choses i mentent. Le fail le pi u^ général el I'- moine discutable est celui qui s'est produit ;iu wi' liècle, dans le moment que l'or et l'argent ont été transportés d \ mériquë en Europe. Les pria ont haussé, en un siècle, dans tics proportions inouïes. La monnaie obéit don< comme les autres m .'i la loi «le l'offre el de le

demande, et elle devient moins chère, à proportion de son augmentation. Comme, par exemple, si la récolte est abondante en blé et mauvaise en betteraves, il faudra donner plus de blé pour la même quantité de betteraves : ainsi, si les monnaies sont plus abondantes, il en faudra donner une plus grande quantité pour la môme marchandise ;

3° L'argent, étant produit en plus grande quantité que l'or, a rapidement perdu de sa valeur par rapport au métal jaune ;

4° Des expériences nombreuses montrent que quand le souverain augmente la valeur de la monnaie, il s'ensuit aussitôt une hausse correspondante de> prit. Gar, quand le souverain augmente la valeur de la monnaie, c'est comme s'il en augmentait la quantité.

5° Enfin, entre pays étrangers, la monnaie ne se pre.nd que sur le pied de la valeur de la matière ; et ce postulat est du droit des gens.

A ce propos, il faut bien remarquer qu'il ne servirait de rien de dire que l'opinion des hommes sur ce point'est à redresser. Elle est plus de trois cents fois séculaire. Et vouloir la changer, c'est un peu demander à tous les hommes de ne faire qu'un repas par jour.

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