OBSERVATION IV
Il s’agit d’un enfant dont nous pouvons donner ici l’observation grâce à l’obligeance de MM. les Drs Faure-Beaulieu et Azéma et dont M. Guillaumin a bien voulu nous communiquef les examens chimiques.
:R..., garçon de 7 ans, N Antécédents personnels : À eu la rougeole ét la coqueluche et de fréquentes angines ; en général bien portant.
Antécédenis héréditaires et collatéraux : Il a 2 frères bien portants ; les parents sont, en apparence, en bonne santé. Luimême est né à terme, et bien développé. Mais la mère a eu un avortement avant sa naissance et en septembre 1928 elle a accouché, près du terme, d’un enfant mort et macéré.
Elle a été traitée pour syphilis.
Notre petit malade a été suivi depuis sa naissance par le Dr Azéma qui, à l'occasion des angines qu'il a présentées, a chaque fois recherché l’albumine dans les urines et n’en a jamais trouvé. L Histoire de la maladie. — Le début remonte au mois de juin 1928. Un matin, par hasard, on remarqua que lenfant avait un peu d'æœdème de la face. 11 n'avait aucun malaise et son état général était excellent. On rechercha aussitôt l’albumine dans les urines et on trouva dès ce moment 15 grammes par litre.
En très peu de jours, l’'œdème eut ure intensité extraordinaire. Le volume des urines diminua rapidement et on arriva à une anurie presque complète. Le diagnostic qui parut le plus vraisemblable, étant donnée la grande rapidité de lPévolution dans ce cas, fut celui dé néphrite aiguë. En effet, l’'anasarque prit des proportions énormes et l'albuminurie atteignit le chiffre de 16 grammes par litre. Néanmoins il n’y avait pas de fièvre. On mit l’enfant à l’eau lactosée en quantité restreinte, en le privant de toute alimentation. On le traita par la saignée, les purgations, la théobromine. Il se produisit une très forte diurèse (1 litre 1/2) Au bout de 5 à 6 jours, Pœdème avait disparu et l’albumine était descendue à o gr. 50 par litre. Le diagnostic de néphrite aiguë semblait confirmé. Cependant certains symptômes pouvaiént paraître anormaux : l'absence complète de fièvre, de douleurs lombaires, d’hématurie et de toute atteinte de l’état général.
Au bout d'une quinzaine de. jours, malgré un régime sévère et malgré l'observation de toutes les précautions hygiéniques, ‘il y eut reprise de lœdème, moins intense et plus progressif que la première fois ; l’albumine atteignit 6 à 7 grammes par litre, la diurèse se maïntint autour de 500 cc., le taux de lurée sanguiue était de 0,51. L’œdème persista, en restant modéré. L’albuminurie n’avait aucune tendance à la diminution. La réaction de Necht fut à ce moment faiblement positive.
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On fit pendant 20 jours une friction quotidienne avec la pommade au calomel, sans que l’état se modifiât. Le 8 août après: avoir pris l'avis du médecin traitant de Saint-Nectaire, on envoya l'enfant à cette station, tout en pensant qu'il fallait condüire la cure avec de grandes précaulions. Malgré cela, la cure n'eut pas d’effet favorable. Au contraire, l'œdème et l'albuminurie devinrent plus intenses. Une ascite se constilua. L'enfant revint alors chez lui le 31 août et on essaya divers traitements : restriction des liquides, régime déchloruré, théobromine. Tout échopa et l'œdème continua à augmenter. A la fin de septembre, on essaya avec la plus grande prudence le traitement par le cyanure de mercure. On fit une injection intra-veineuse de cyanure de mercure tous les deux jours. On se servit de la solution suivante :
Cyanure de mercure. . . . 2 milligrammes DCPUBIUCOUSE 1 Fate 1 m0 CU
Le 1er jour, 1/4 de ce.; à l'injection suivante 1/°. On augmenta ainsi les doses régulièrement, jusqu’à injecter l’ampoule complète. On fit ainsi une vingtaine d’injections. Le traitement fut assez bien supporté, mais n'eut pas de résultat favorable. Au contraire, la diurèse tomba à 250 cc., l’urée sanguine atteignit 0,60.
Le malade était resté jusqu'alors au régime déchloruré, sans viande ; on essaya de lui donner, en plus de ce régime, un peu de foie de veau et de rognon. Le 8 novembre, onfit une ponction d’ascite, évacuant2litres de liquide chyliforme. Le 13 novembre on tenta une injection sous-cutanée d'1/4 ce. de Neptal, mais on provoqua ainsi un état syncopal, des vomissements, une diminution encore plus marquée des urines, dont la quantité passa de 400 à 200 cc. par 24 heures, Pendant toute cette évolution, la quantité d’albumine s’était maintenue toujours élevée, généralement autour de 8 gr. Le 15 novembre, nouvelle injection de Neptal, très mal supportée également. Le 22 novembre on fit une analyse plus complète de l'urine qui donna les résultats suivants è
Chlorurés . . . .° ogr.82 par litre.
Uréeisr tour Ah 3 nant Azote totale . °. ..' 7 gr. 56
Albumine . NEED OT 0 0
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Examen macroscopique. — On remarque à cette époque la présence de macrophages, de quelques leucocytes et de quelques rares cylindres granuleux.
TABLEAU IV Lactescence excessive :
26 XI RADITORE COLA NE AMEL MON EE 66,80 CHOIESTÉTONENME SRE NS nr en 45,10 AÉCICOINEER SE Aa RE ER A RE Le 10,05 cholest RTS RE Te 2 AE LS 0,22 PrOUTeS TOR re à M de nn 41,74 DOTITONE TS AT Et ANT N CES Re na 8,94 (CIO DUINE NT ICE NT er le RTE AU 32,80 Ra alb.
P. PR NAGER LA PS ET 0,27 WROTE PA TE RME fn D 0,57 CSST EME RS NS MR A de à 9578 IN OR OI RL TL SE 2,90 Na RÉEL PELLE 1,19 DU nt 2 PAS DNA 6 1 PRE Ce PR 0,382 HR ÉTAID SOC ER PR nt ne D odte 109,80 ICE TÉPA CLR ET Lee No fe 67,2 à 1590
Le 25 novembre 1928, un examen des urines, fait par M. Guillaumin et qu’il a bien voulu nous communiquer, a donné les résultats suivants : « Vol. par 24 h , 400 cc. L’urine est trouble. Après repos, elle laisse déposer un sédiment peu abondant et elle reste légèrementlouche. Après centrifugation, l'examen du culot au microscope donne les résultats suivants : nombreux leucocytes, rares cellules épithéliales sans origine bien caractérisée ; assez nombreux cylindres de nature diverse ; depuis les cylindres hyalins ou légèrement granuleux jusqu'aux cylindres fortement granuleux et colloïdes.
En luraière polarisée, quelques uns seulement de ces cylindres s'éclairent faiblement pour reproduire des images déjà décrites
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par Feuillé. Mais il y a en plus un conglomérat microscopique, s’éclairant fortement en lumière polarisée et qu’on peut affirmer de nature lipoidique. » É <
Le 1er décembre, on commença un traitement par lextrait thyroïdien. :
Le 4 décembre,on essa ya d’ajoutér au régime 100 à 120 grammes de viande par jour, mais ‘’enfant ne put le supporter et, en réalité, le régime riche en protides ne put être appliqué. Il ne mangeait qu'une côtelette et un peu de poisson chaque jour ; les œufs furent éliminés du régime. En même temps on continua le traitement thyroïdien ; on augmenta progressivement les doses, en commençant par 5 centigrammes par jour pendant 2 jours, puis 10 pendant 2 jours, etc, en allant jusqu’à 30 centigrammes ; ce premier traitement dura quinze jours ; il fut parfaitement bien supporté malgré la dose élevée à laquelle on arriva, mais on n’enregistra aucun résultat favorable. Après 8 jours de repos, on reprit le même traitement thyroïdien, aux mêmes doses. Le poids, qui était de 31 kgr. 4oo le 1e décembre, monta le 20 décembre à 32 kgr. 400. Le 20, ponction d’ascite (2 1. 250). La diurèse oscillait entre 300, 350 centimètres cubes.
A ce moment, le 31 décembre, nous pûmes voir le petit malade, grâce à l’extrérnité obligeance de M.le Dr Azéma. Nous fûmes frappés par son bon état général, constrastant avec l'intensité extraordinaire des œdèmes. Il ne gardaïit pas le lit et circulait dans la maison. Son teint était pâle, sa face bouffie, ses membres inférieurs très augmentés de volume et surtout il avait une ascite considérable, ascite libre que l'on dut ponctionner peu de temps après, le 5 janvier (5 litres). e
L'examen des poumons ne montra aucun signe d’épanchement pleural, seulement un peu de submatité et quelques râles sous-crépitants aux deux bases.
L'examen de la bouche et du pharynx ne montra aucune lésion ;les amygdales n'étaient ni augmentées de volume, ni enflammées ; la respiration nasale se faisait bien. Nous avons examiné au microscope polarisant les urines fraîchement recueillies, après les avoir centrifugées. Le culot de centrifugation était, ce jour-là, très abondant et avait l’aspect cireux particulier que nous avons déjà signalé; mais ici on voyait à l'examen macroscopique quelques stries rouges, montrant qu’il y avait une très
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légère hématurie. L'examen au microscope montra la présence de quelques globules rouges, de leucocytes, de cylindres divers.
-À la lumière polarisée, nous avons vu quelques points très petits, isolés, brillant légèrement à l’intérieur de quelques cylindres et surtout de très nombreux amas de gouttelettes biréfrinfentes, de l’aspect le plus typique.
Le 30 décembre, le poids est de 32 kgr. 250.
Le 5 janvier, après la ponction d’ascite : 2y kgr. 950.
À la fin de janvier 1929, 34 kgr. 800, avec une diurèse moyenne de 256 centimètres cubes. Tension artérielle : 10-7. Jamais d'hématurie macroscopique.
Le traitement thyroïdien n'a eu donc jusqu'ici aucun effet favorable. Pendant qu'il était suivi, il y avait 110 pulsations par minute. ;
On verra, d’après le tableau ci-joint, le taux énorme des lipides totaux et du cholestérol du sérum,