C. — Alcool
La synthèse de l'alcool, réalisée par Berthelot, fait actuellement l’objet d’une production industrielle à partir de l’éthylène et de l’acétylène dans les pays riches en produits houillers.
Dans les autres, en France notamment, la production de l'alcool résulte de la fermentation des sucres que l’on classe en : monosaccharides (glucose des jus de fruits); dissaccharides (maltose ou saccharose de la betterave, des mélasses); polyssaccharides (amidon et fécules des matières farineuses, cellulose du bois).
La distillation des jus sucrés donne l'alcool de bouche.
Le traitement des dissaccharides et polyssaccharides fournit l'alcool industriel qui, déjà allecté à de nombreux usages, s’est beaucoup répandu à des fins de carburation.
Nous verrons que, si l'alcool carburant est chargé d'assurer un pourcentage important dans la répartition des forces motrices ‘des nations à tendances autarciques, 1l a été imposé également dans beaucoup d’autres pays importateurs d'hydrocarbures.
Mais, tandis que les premiers ont produit de l'alcool pour obtenir un carburant national, suivant un plan qui devait assurer un marché abondant et régulier, à un prix de revient très étudié, chez les autres cette production a été fréquemment improvisée, en raison de circonstances économiques particulières, pour jouer un rôle de soupape et renflouer tel ou tel marché agricole compromis par des récoltes excédentaires.
La valeur technique de l'alcool moteur a fait l’objet de nombreuses controverses. On lui reproche son insuffisance calorilique (5.400 calories), une chaleur latente de vaporisation élevée, entraînant, surtout l'hiver, une mise en marche capricieuse et nécessitant un dispositif spécial pour réchauller la tuyauterie d'admission.
Enfin, son action dissolvante et son pouvoir corrosif le rendraient dangereux pour les vernis, peintures et certains organes du moteur.
Par contre, il y a lieu de se féliciter de son pouvoir décalaminant (1) et de ses vertus indétonantes.
En définitive, si l'usage exclusif de l'alcool pour un
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moteur présente des difficultés, les mélanges alcoolisés ont démontré leur excellence et se sont généralisés. Les constructeurs ont heureusement adapté leur moteur en considération des qualités et des défauts de ce nouveau carburant. En effet, si l'alcool abaisse le pouvoir calorifique du mélange, il permet une avance à l'allumage et une compression plus forte qui compensent cet appauvrissement.
D. — Essence synthétique.
Partant de cette idée que le pétrole et la houille, issus l’un et l’autre de fermentations millénaires, présentent chimiquement beaucoup d’analogie, les chimistes ont réussi à obtenir avec du charbon de terre les mêmes produits que l’on extrait du pétrole par raffinage.
Des noms irançais : Marcelin Berthelot, Sabatier, Brochet, sont à l’origine de ces découvertes de laboratoire.
Grâce à Bergius, l'Allemagne a été le berceau de cette industrie, parvenue aujourd'hui chez elle à un degré de puissance extraordinaire.
M. Ch. Berthelot, dans ses divers ouvrages sur la technique des carburants de synthèse, a lait, avec une haute compétence, une analyse très complète des divers procédés qui concourent à la product:on de l'essence synthé. tique.
Les trois principaux qui dominent de loin la production mondiale sont :
a) l’hydrogénation de Bergius; b) la méthode Fischer et Tropchs;
c) le cracking ou hydrogénation des goudrons primaires.
Le procédé Bergius consiste à hydrogéner directement le combustible solide, qui se transforme progressivement, en passant par divers stades intermédiaires, avant de devenir finalement de l'essence.
Dans les débuts de la pratique de ce système, un grave inconvénient résidait dans la longueur des diverses phases de la transformation.
L'utilisation de catalyseurs, en activant la rapidité de fixation de l'hydrogène, réalise une sensible amélioration.
Pratiquement, le charbon, préalablement broyé, est mélangé avec de l'huile lourde de houille, pour former un mélange appelé pulpe; cette pulpe est soumise à l’action de l'hydrogène à la température de 450° et sous une pression de 250 atmosphères. Les usines récentes utilisent même des pressions plus élevées.
Cette première opération donne des huiles brutes, dont on recueille un certain pourcentage d'essence, et une variété d'huiles lourdes. Celles-ci subissent, en phase vapeur, une nouvelle hydrogénation en présence de catalyseurs et, en dernier ressort, le raffinage opère le fractionnement des produits qui se répartissent, comme les dérivés du pétrole, en huiles légères, moyennes et lourdes, et dont il est toujours possible de faire varier les proportions.
La méthode Fischer et Tropchs, dite de synthèse totale, est une amélioration des découvertes du Professeur Sabatier. Elle consiste à réduire l’oxyde de carbone par l’hydrogène, CO + 2H? en présence de catalyseurs à la température de 200° et à la pression atmosphérique.
La semi-carbonisation ou carbonisation à basse température est le troisième procédé qui permet d'obtenir de l'essence à partir du charbon.
Il nous paraît intéressant de reproduire sous la forme d'un tableau, que nous empruntons au Professeur Mathis, les divers produits obtenus par carbonisation à basse température (semi-coke, gaz et goudrons primaires) et ceux