‹ Le Problème de la Traction AutomobileChapitre 34 sur 64 · M GANT · texte numérisé non relu

M GANT

% de coordonner le développement de l’industrie du pétrole en France;

3 de pratiquer une politique d'ensemble relative à l’entretien des stocks de réserve et au développement du tonnage pétrolier sous pavillon français;

4° de rechercher et d'encourager l'acquisition de gisements dans les pays producteurs.

Cette même loi de 1925 stipulait que l'importation des produits pétroliers ne pouvait être effectuée qu'en vertu d’une autorisation préalable du ministre du Commerce, autorisation presque toujours accordée, à condition que les importateurs s'engagent à constituer des stocks de réserve.

Plusieurs parlementaires ne cachaient pas leur inquiétude devant la puissance des trusts qu'ils considéraient à juste titre comme un instrument d’asservissement économique. Par des interventions énergiques, ils déterminèrent les chambres à voter la loi du 4 avril 4926 tendant à instaurer le monopole de l'Etat.

L'article 53 de cette loi prévoyait que les importations de pétrole brut et de ses dérivés ne pourraient plus être eilectuées que par l'Etat ou par des représentants accrédités par lui.

Les importateurs, soutenus par l’O.N.C.L., agirent tant et si bien qu'ils réussirent à neutraliser ce texte, dont les prescriptions ne furent jamais appliquées.

Dans les discussions qui ont précédé le vote des lois du 16 mars et du 30 mars 1928, véritables chartes de notre politique d'importation et de raffinage, M. Charlot déclarait à la Chambre : « Une politique prudente ne nous autorise pas à avoir des préférences pour telle ou telle source d'approvisionnement. La France ne doit écouter personne: ni les groupements anglais, ni les groupements américains, ni les indépendants d'Amérique et du Mexique.

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Diplomatiquement cette politique s'impose afin de ne pas semer des germes de guerre économique entre notre pays et les pays intéressés. Economiquement nous ne pouvons nous lier avec personne et notre intérêt est d’avoir une tactique assez habile et assez souple, telle que les défaillances d’un fournisseur, soit en temps de paix, soit en temps de guerre, se trouvent compensées par ailleurs. »

Tandis que certains envisageaient d'’intensifier la production nationale des carburants de remplacement, pour assurer, de concert avec le pétrole, la satisfaction des besoins de la France, l’0. N. C. L. s’est elforcé de maintenir une politique basée exclusivement sur les importations d'huiles minérales, dans un régime de liberté. « Pluralité et dispersion géographique des sources d’approvisionnement » ont été les mots d'ordre.

Les lois de 1928, préparées par les travaux de la commission instituée le 8 avril 1927, en vue d'étudier « l’organisation du Monopole des pétroles », ne consacrèrent nullement le Monopole de l'Etat). Elles se contentèrent de contingenter les exportations et d'assurer la protection du raffinage, conformément aux désirs des puissantes sociétés pétrolières.

A partir de cette date, c’est à rythme accéléré que nos importations d'huiles minérales vont progresser. Les trusts, définitivement et solidement installés, n’ont plus rien à craindre des interventions parlementaires. La production mondiale est en plein essor, ils inondent la France de pétrole et lui en font absorber le plus possible. De 1.976.185 tonnes en 1923, les importations passent à 3.524.976 en 1930; 6.145.229 en 1934, 7.700.000 en 1937, et se maintiennent aux environs de ce dernier chiffre dans les années 1938 et 1939.

(1) Sur les lois de 1928, voir article de Etienne Sauvaud dans la Journée industrielle du 5 mai 1937.

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