‹ Le Problème de la Traction AutomobileChapitre 42 sur 64 · PÉNURIE DES MOYENS DE TRANSPORTS A LA FIN DES HOSTILITÉS · texte numérisé non relu

PÉNURIE DES MOYENS DE TRANSPORTS A LA FIN DES HOSTILITÉS

Une grosse partie de nos stocks perdus du fait de la guerre, le gouvernement, après avoir effectué l'inventaire de nos disponibilités en carburant, évalua à 240.000 tonnes le chiffre de nos réserves d'essence : pas même le dixième de notre consommation normale en temps de paix.

Cette pénurie imposa, par la force des choses, de sévères restrictions dans la vente de l'essence, et, du jour au lendemain, une multitude d'usagers se virent privés de carburant. Pour économiser ces réserves, la circulation fut réduite à 10 p. 100 et les bons d'essence réservés aux possesseurs de « laissez-passer ». Ces derniers n'étaient d’ailleurs délivrés qu'au compte-gouttes, en faveur des personnes exerçant un certain nombre de situations limitativement énumérées et d'intérêt public.

La vie économique paraissait brutalement vouée à une paralysie complète. Les départements du Sud, où la population avait afflué en désordre, souffraient du manque de ravitaillement, tandis que, dans d’autres régions, de nombreuses denrées périssables furent abandonnées sur place faute de moyens de transport. Il fallait trouver d’urgence une solution. Sans aucune discipline, poussés par la nécessité, laissant parfois libre cours à leur ingéniosité, une multitude d'usagers s’efforcèrent de trouver le moyen de faire tourner les moteurs sans essence. Ce fut une ruée sur ces carburants de remplacement, dont les pouvoirs publics n'avaient pas su organiser méthodiquement la diffusion avant les hostilités. |

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