LE GAZ DES FORÊTS
Les gazogènes, naturellement, surtout dans les régions boisées, connurent le gros succès. Une foule de fabricants plus ou moins brevetés se mirent à la disposition du public pour équiper les véhicules, tandis que diverses marques surgissaient, présentant toutes sur le papier des qualités et des références de premier ordre.
Dans la partie technique, nous avons indiqué qu'il y avait des difficultés à réaliser parfaitement cet agencement et qu'il ne sulfisait pas, pour obtenir de bons résultats, de flanquer un véhicule à essence des appareils gazogènes, sans tenir compte des possibilités du moteur. Les fabricants plus ou moins improvisés, assaillis de demandes, n'avaient guère le temps d'entrer dans le détail et débitaient en séries leur gazogène de fortune. En ce qui nous concerne, nous avons eu l’occasion d'être le témoin de l'agencement d’un gazogène effectué par un ouvrier, récemment démobilisé, d’une bonne volonté incontestable, mais qui, ne connaissant rien à son nouveau métier, tàtonnait avec une certaine perplexité, dans un réseau de tuyauteries, sous la direction intermittente d’un ingénieur très absorbé lui-même par la surveillance de plusieurs chantiers. D'autre part, les nouveaux usagers du gazogène n'étaient généralement pas avertis des soins indispensables d'entretien à donner aux divers organes de l'appareil pour obtenir un bon fonctionnement du véhicule. Cela s’est traduit par des pannes fâcheuses, imputabies non pas à des défections techniques, maïs à la négligence ou à l'ignorance des usagers. Il en est résulté parlois un vif mécontentement et les tribunaux connaissent déjà d'un certain nombre de litiges opposant les usagers et les fabricants de gazogènes.
Enfin, le ravitaillement en combustible solide n'était pas organisé, la forêt n’était pas préparée à cette épreuve,
BRUCHET. 6