‹ Le Problème de la Traction AutomobileChapitre 51 sur 64 · TON · texte numérisé non relu

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ses avec le même problème. Déjà, avant la guerre, les prix de revient accusaient une légère tendance à la hausse. La courbe des prix mondiaux, après avoir constamment baissé, a déjà commencé une ascension et rien dans l’avenir ne peut laisser prévoir un arrêt dans cette nouvelle tendance.

Au début du siècle il fallait dix années pour absorber les quantités de produits pétroliers consommés dans le monde en 1938 ou 1939. Pour maintenir la production, les iorages devront atteindre demain en moyenne 10.000 pieds puis 15.000. En même temps, les prix de revient s'élèveront pour devenir un jour prohibitifs. Ceux qui prétendent que les réserves souterraines de pétrole sont virtuellement inépuisables ont peut-être raison; par suite de l'augmentation du coût de production, les hommes renonceront bientôt à percer la planète avant qu'elle ne soit complètement exprimée.

Comment, dans ces conjonctures, la France, qui supportait péniblement le poids de son déficit commercial, pourra-t-elle trouver désormais les devises nécessaires pour l'acquisition d'un pétrole appelé à augmenter chaque année ? Notre monnaie, déjà bien mal en point en 1939, est aujourd’hui, après la défaite, encore plus dépréciée. Et, si la France peut trouver dans le retour à la terre une solution lui permettant de vivre, chacun sait que les nations agricoles ne sont pas les plus habiles à se procurer des devises, dans un monde où sévit parfois la surproduction.

Enfin, ce n’est plus du pétrole brut qu il faudrait importer, mais des produits finis, d'un coût plus élevé. Nos raîfineries ont été pour la plupart gravement endommagées par la guerre, et celles qui subsistent ne sont pas outillées pour pratiquer les procédés récents de raffinage : hydrogénation, cracking catalytique, alkylation et polymérisation. Il est probable que les capitaux hésiteront

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à restaurer ou adapter une industrie destinée à traiter un produit dont la fourniture n’est pas absolument garantie. Il ne faut pas oublier que la moitié de nos importations de brut, soit 3.305.000 tonnes, provenait de l'Irak avant la guerre. La France obtenait au prix de revient 23,75 % de la production de ces gisements représentant la part française dans cette concession, soit À million de tonnes environ, et achetait le reste à ses coactionnaires. Cette participation octroyée à la France à la suite de la guerre 4914-1918 appartenait auparavant à l'Allemagne; il est peu probable qu'après notre défaite nous puissions espérer en conserver la propriété.

I1 résulte, en définitive, de ces quelques considérations que, même en faisant abstraction de la menace d’épuisement des réserves d'huile minérale du globe, la disparition de nos principales fournitures compliquera le problème du ravitaillement de la France, d'autant plus que la production mondiale de pétrole a atteint son plafond et que la consommation n'a pas encore dit son dernier mot. La tendance à la hausse des prix mondiaux du pétrole et la faiblesse de notre Îranc ou de nos moyens d'échange sur le marché mondial placeront le pétrole qui nous parviendra à des prix très élevés, supérieurs sans doute au coût de production de la plupart de nos carburants de remplacement. Il ne nous reste plus qu'une solution, la plus sage : elle consiste à nous tourner vers nos ressources nationales et à leur demander un effort suffisant pour alimenter nos voitures et nos camions. Cette solution demande du travail, de la discipline et de la persévérance. Grâce à l'impulsion donnée par des dirigeants avertis, la France saura trouver dans ses richesses naturelles et par son génie le moyen de parvenir à ce but.

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