AVENIR DES CARBURANTS DE REMPLACEMENT
Nous avons été amené à déclarer qu'il ne fallait pas considérer l'emploi des carburants de remplacement
comme un moyen provisoire d'assurer les transports, en attendant le retour du pétrole. Ces carburants subsisteront après la paix, mais nous ne croyons pas pour cela à leur pérennité.
Quelles que soient les améliorations apportées à la technique, le gazogène demeurera toujours encombrant et l’entretien de ses nombreux organes occasionnera toujours des pertes de temps. Le charbon de bois ne sera jamais le carburant solide idéal qu’attendait M. de Monzie, et ne fera pas oublier l'essence de pétrole. L'alcool lui-même, par suite de son infériorité calorifique, ne donnera jamais aussi complètement satisfaction.
S'il ne faut pas trop compter sur le retour du pétrole et si les carburants de remplacement ne sont pas une solution définitive, quel sera l’avenir des moyens de transport?
Après la guerre, le monde poursuivra cette évolution que l’on a convenu d'appeler le progrès, les moyens de transport tendront à une nouvelle extension, les besoins deviendront trop gigantesques pour se contenter de cette production de pétrole que nous estimions considérable hier et qui nous paraîtra ridiculement réduite demain.
Nous ne voyons que deux solutions : l'hydrogène ou l'énergie électrique.
L'hydrogène est un gaz combustible, dont il est possible d'envisager une production illimitée à partir de l’eau par exemple. Mais il requiert, pour son emploi dans la force motrice, un moteur spécial. Ce gaz constitue avec l'air un mélange brisant qui le rend impropre dans les moteurs à explosion.
Il est sérieusement question en ce moment d'un moteur fonctionnant selon un nouveau cycle, dit Erren, du nom de son inventeur, qui permettrait d'utiliser l'hydrogène et aurait reçu quelques applications ().
(1) L'Allemagne a, paraît-il, déjà construit des moteurs à hydrogène pour sous-marins.
— Ail —
L'énergie électrique a encore plus de chance de s’imposer et le véhicule à accumulateurs réunit de nombreux adeptes. L’électricité, qui a déjà évincé le pétrole dans l'éclairage, peut fort bien le supplanter comme force motrice. Ses réserves paraissent inépuisables et se renou-
vellent sans cesse.
La France ne peut que bénéficier de cette éventualité et ne doit rien négliger pour la favoriser.
Aux techniciens de perfectionner le véhicule à accumulateurs.
- À l’industrie électrique de persévérer dans ses travaux d'aménagement hydro-électriques.
Que leurs efforts conjugués favorisent l'épanouissement de cette force motrice, et le problème des carburants sera résolu pour la France. :