CONVERTIBLE
AMORTISSABLE
Bons de la défense
au 31 mars 1922.
Oblig. quinquenn.,ctc,
Capital. Intérêt.
Capital. Intérêt.
Capital. Intérêt.
Millions de francs.
Millions de francs.
Millions de francs.
Les conversions réduiraient notre dette en arrérages de plusieurs centaines de millions sans difficulté, qui serviraient alors à alimenter un fonds d' amortissement de la dette encore inconvertible.
Mais avec la reconstitution du Nord et de l'Est, et le retour de conditions économiques normales, nous pouvons espérer des plus-values de recettes sur nos dépenses. Dans une mesure impossible à chiffrer dès maintenant, l'amortissement de notre dette progresserait à l'aide de ces plus-values. Et notre dette jouirait d'un fonds d'amortissement alimenté par les économies résultant des conversions et par les plus-values budgétaires.
Il est possible, au reste, que l'Allemagne suive la même politique à l'égard de sa dette émise en France. Nous pourrions même nous engager à favoriser cette politique, si elle acceptait la liquidation financière envisagée. Et une politique de conversion et d'amortissement conjugués permettrait de réduire sensiblement le poids mort des dettes publiques. L'amortissement ferait, par le rachat en Bourse, hausser le cours des rentes ; et il préparerait ainsi les conversions. Les conversions, par le grossissement du fonds d'amortissement, accéléreraient l'amortissement ; et l'amortissement par rachat en Bourse
agirait sur le cours des rentes converties, préparant par là une nouvelle conversion. Le mécanisme ainsi monté serait doué sans doute d'une grande efficacité.
Le cours du change pourra être progressivement amélioré. Notre industrie refaite disposera d'une grande puissance d'exportation, notre métallurgie surtout. Mais on devra procéder ici avec beaucoup de précautions. Car l'amélioration du franc n'est pas sans inconvénient pour notre budget, comprenant désormais uniquement une dette intérieure, les dettes extérieures ayant été annulées par compensation. Or, l'amélioration du change accompagnée d'une baisse des prix aggraverait le poids de la dette intérieure, sans contre-partie du côté de la dette extérieure, qui aurait disparu. Cette amélioration au surplus alourdirait la dette allemande émise en France et notre intérêt ne serait pas sans doute de grever par trop notre débiteur, dont la charge atteindrait 5 à 6 milliards de francs par an.
En tout cas, la stabilisation du cours du change serait acquise définitivement. Nos gouvernements resteraient maîtres de régler à leur gré le retour vers le pair et l'amélioration du cours du change.
Section IIL — Concurrence internationale.
A cette échéance encore lointaine, la lutte pacifique pour les débouchés sur le marché extérieur remplacera les querelles politiques stériles des lendemains de guerre ; les ferments de haine s'évanouiront avec le rétablissement des relations internationales normales. Mais les négociateurs chargés de la prochaine liquidation financière ne sauraient négliger d'envisager ces jours encore
lointains où reprendra la concurrence internationale. Notre politique économique, par des traités de commerce à longue échéance, favorisera l'expansion de nos anciennes relations commerciales. Mais les traités ne seraient rien, s'ils n'étaient assortis d'une industrie et d'une agriculture capables de lutter par leur coût de production pour la conquête des débouchés extérieurs. Il importera au premier chef de veiller à ce que nos finances publiques et nos impôts ne grèvent pas les producteurs français d'une charge plus lourde que celle des producteurs étrangers. Nous jouissons désormais à bien des égards d'une situation économique enviable : riches en fer et en houille blanche, nous sommes admis à envisager l'avenir avec confiance. Mais, dès maintenant, nous devons songer à sauvegarder ces avantages. Rien ne les compromettrait plus sûrement qu'une politique financière aboutissant à charger plus lourdement le producteur français que son concurrent étranger. Souvenons-nous des budgets qui ont pesé sur notre industrie et sur notre commerce à la suite de la guerre de 1870-1871. Évitons de porter demain en Europe la dette publique la plus lourde.
Remarque. — Dans nos conversions de francs en marks or, nous avons considéré le mark or comme étant égal à 3 francs.