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CARACTÈRES GÉOGRAPHIQUES DE LA FRONTIÈRE A ORGANISER

Elle doit épouser ‘Ja ligne Est de la zône d’occupation c’est-àdire le Rhin et les limites des têtes de ponts. Elle comprend une partie fluviale dont les tronçons vont :

1°) de la Hollande à la tête de pont de Cologne, secteur occupé par des éléments belges et anglais (130 km).

2°) de la tête de pont de Mayence à la frontière d'Alsace (110 km) secteur occupé par l'Armée Française du Rhin. La partie comprise entre les têtes de pont de Coblence et Mayence est de trop peu d'importance (2 ou 5 km) pour qu'il soit utile d’en tenir compte pratiquement. Elle comprend une partie terrestre en trois trotiçons : (1)

1°) Têtes de pont de Ruhrort, Duisbourg, Düsseldorf;

2°) Tête de pont de Cologne (120 km) ;

3°) Têtes de pont de Coblence et Mayence supposées réunies en supprimant le pédoncule qui les sépare (180 km).

(1) Voir infra le texte de l’ordonnance 81.

LR SAA IS

De plus, le Rhin étant international, il faut prévoir l’accostage de navires venus de l'étranger, en particulier de Hollande, à l’intérieur des têtes de pont. (1)

- L'organisation d’une telle frontière n’est pas sans présenter de très grosses difficultés. Les limites des têtes de pont ont été tracées arbitrairement puisqu'elles sont formées par un arc de cercle régulier de 40 kilomètres de rayon dont le centre est sur le Rhin. Elles ne peuvent coïincider avec des limites naturelles, administratives ou économiques ; elles s'étendent sur une longueur globale approximative de 570 kilomètres, non compris les têtes de ponts de Ruhrort, Duisbourg et Düsseldorf, c’est-à-dire sur plus de 600 kilomètres. En outre, en maints endroits, le pays très coupé se prête merveilleusement à la contrebande, notamment dans le Hardt, dans le Taunus au Nord de Wiesbaden et dans les forêts des environs de Francfort et de Darmstadt.

On pourrait abandonner le contrôle sur les têtes de pont et le limiter à la ligne même du Rhin. La surveillance en serait plus facile et sa longueur diminuée environ d’un neuvième. Les transports importants étant contraints d'utiliser soit les ponts, soit les bacs, ne s’évaderaient que difficilement. La diminution de recettes causée par cet abandon serait compensée en partie par les droits d'importation en Pays Rhénans qui seraient augmentés d’autant. Mais, à ces raisons, on peut en objecter d’autres aussi convaincantes : le Rhin est bien une frontière naturelle, mais qui ne correspond à aucune division administrative ou économique. La surveillance n’en est pas aussi aisée qu'il peut le sembler au prenier abord ; la contrebande en bärque, principalement la nuit, est impossible à éviter entièrement. Les têtes de pont sont très peuplées et très industrielles ; elles ont des besoins considérables et les recettes seraient fortement réduites par leur exclusion. De plus, elle entraînerait cette autre conséquence de créer des liens économiques plus étroits avec l'Allemagne, au détriment des pays de la rive gauche du Rhin.

Il existerait une frontière logique. Flle serait constituée par les limites Est de la Prusse Rhénane et de la Hesse, limites à peu près tengeantes aux cercles des zônes neutres et ayant les avas-

(1) Ce trafic sur le Rhin est extrêmement important ;: on en aura une idée en songeant que le mouvement du port de RROES est quatre fois supérieur à celui de Marseille,

done

fages d’être administratives et en partie économiques. Elle serait d'une longueur d'environ 520 kilomètres. Flle respecterait le principe militaire d’une large tête de pont sur la rive droite et, dans ses grandes lignes, l’unité économique des régions occupées.

Mais il existe à l'acceptation de cette frontière un inconvénient irréductible. Elle entraînerait une occupation plus large notamment sur une partie, faible à la vérité, du bassin de la Ruhr. C’est une chose dont on ne saurait envisager la possibilité après le télégramme de la Conférence de Londres en date du 9 mars, télégramme dont le paragraphe 4 est ainsi conçu :

«La Conférence ne veut aucune extension de la zone d’occupation ; elle désire en conséquence, tout en suivant dans la mesure nécessaire les lignes de l’administration allemande, s’en tenir si possible aux limites de l'occupation actuelle. »

(Lord Curzon).

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