‹ Le Problème Des TransfertsChapitre 14 sur 29 · PT LS RS · texte numérisé non relu

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CLONE

En somme, il y a de la même façon barrière aux importations et stimulant aux exportations. D'une part les prix de vente des produits importés subissent immédiatement l’augmentation correspondante à la chute de la devise : elles se font beaucoup plus onéreuses et sont entravées. D’autre part, les prix intérieurs devenant relativement plus bas, les acquisitions à l’intérieur deviennent plus avantageuses pour les acheteurs étrangers : elles augmentent et la balance commerciale présente un excédent qui s’accroît jusqu’à complet retour à l’équilibre des paiements. C’est la dépréciation monétaire elle-même qui entraîne la disparition du déficit qui l’a provoquée. Une fois que celui-ci au1a été comblé, l’équivalence des offres et des demandes des diverses devises se trouvera réalisée, et il n’y aura plus de raisons pour que se produisent de nouvelles fluctuations monétaires, tout au moins plus de raisons de cet ordre (1). j

Inversement il peut se faire que ce soit le pays créancier qui se trouve au régime du cours forcé. On assistera alors aux phénomènes contraires. Les changes étrangers baisseront, c’est-à-dire que la devise papier verra sa valeur or augmenter. Comme les prix intérieurs mettront plus de temps à baisser, c’est-à-dire à recouvrer leur parité ancienne, les produits importés deviendront relativement bon marché et leur volume se fera plus grand, tan-

(1) L'influence des variations du taux de l’escompte est bien moindre ici que dans un système monétaire sain. L'attraction exercée sur les capitaux flottants par l'espoir d’une rémunération plus avantageuse est en effet contrebalancée par la crainte d’une dépréciation ultérieure de la devise : cette dépréciation provoquerait une perte de capital qui serait loin de compenser le supplément d'intérêt attendu.

dis que les exportations diminueront. Encore une fois la balance commerciale s’ajustera.

Enfin il peut se faire que les deux pays envisagés à la fois soient au régime du cours forcé. Ce sont alors leurs dépréciations respectives par rapport à l’or ou aux monnaies-or qui provoqueront les disparités nécessaires dans les prix intérieurs de chacun d’eux. La devise de la nation débitrice se dépréciera et ses prix baisseront, et parallèlement la devise du créancier s’appréciera, pendant que ses prix monteront. Les mouvements de marchandises seront dans le sens précédemment indiqué.

Dans son étude déjà citée à propos des fluctuations des dépôts en banque, ic professeur Graham (1) examine comment on a procédé aux transferts des emprunts contractés par les Etats-Unis 5 Angleterre après la guerre de Sécession et qui ont permis la reconstruction économique du pays. Il donne à ce propos un tableau des réactions qui se produisent pour permettre ces mouvements de capitaux, tableau qui montre d’un côté ce qui se passe entre deux nations à étalon or, de l’autre ce qui se passe entre deux nations dont l’une est au régime du papier-monnaie inconvertible. Ce résumé est reproduit ci-dessous, et donne une image assez exacte de la réalité, restriction faite des réserves énoncées au chapitre V pour le premier cas, et de celles qui seront apportées bientôt pour le second.

(1) FrANK D. GRAHAM, International trade under deprecialed paper,

* Quarterley. Journal of Economics, février 1922.

COUYE DE MURVILLE. — Le Problème des Transferts. 7

Les deux pays sont à l’étalon d’or

1. Le change du sterling tombe à New-York; le change de New-York monte à Londres.

2. Afflux d’or aux Etats-Unis en provenance de Grande-Bretagne.

3. L'ensemble des prix monte en Amérique, tandis qu'il baisse en Grande-Bretagne.

4. Les exportations décroissent, les importations augmentent,

5. L'équilibre est restauré : l’ensemble des prix est plus élevé (en admettant que l'importation d’or a été proportionnellement plus grande que l’augmentation consécutive des importations de marchandises).

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