‹ Le problème du cancerChapitre 21 sur 29 · ESSAIS DE TRAITEMENT NON SPECIFIQUE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE TRAITEMENT NON SPECIFIQUE

Apolant (45) a obtenu des résultats remarquables dans le traitement du cancer expérimental par le radium.

Deux lots de souris ont été traités ; dans le premier lot,

7 souris ont été soumises aux rayons du radium, 6 souris servaient de témoins. Dans le deuxième lot, 8 souris traitées, ii témoins. Le traitement était commencé 1 2- 1 4 jours après l’inoculation.

Donc i5 souris ont été traitées et quelques souris présentaient 2 tumeurs; le nombre des tumeurs traitées fut de 19. Onze tumeurs ont été complètement guéries et 8 ont été réduites notablement.

Les temps d’exposition ont été variables. Dans les cas où on faisait agir le radium tous les jours, la régression commençait dès le 4e-5°jour, bien longtemps avant que ne survienne l’alopécie locale ( 1 1- 14 jours). Chez les souris traitées, il fut noté des phénomènes inflammatoires du côté de la peau, érosions, eschares, ulcérations

Apolant a remarqué que le degré de résorption n’était pas en rapport avec la durée du traitement : les modifications cellulaires étaient quelquefois aussi avancées après 4 ou 5 séances que chez d’autres après 1 o ou i5 semaines. - — Les rayons du radium détermineraient une lésion primitive des cellules du cancer et ces cellules touchées par le radium deviendraient facilement résorbables.

Spiess(46)a étudié l’action de différents agents anesthésiques: la nirvanine, la novocaine, le chlorhydrate de paraamidobenzoylpipéridyléthanol. Cette dernière substance à o,5 0/0, injectée à la dose de o cc. 5 tous les 2 ou 3 jours, aurait eu des effets remarquables. Sur y4 souris traitées, 22 n’auraient présenté aucune modification de la tumeur ; 3o auraient été améliorées ; 22 guéries.

L'injection ne ralentit pas les cancers à marche rapide ; la guérison atteint 85 0/0 et même 100 0/0 dans les tumeurs à marche lente.

Dans certaines expériences faites avec Mlle Cernovodeanu et Bridré, le trisulfure d’arsenic colloïdal, inoculé dans les tumeurs mêmes, a amené l’expulsion totale de la tumeur cancéreuse et

la guérison complète de quelques tumeurs récentes. L atoxyl s’est montré extraordinairement toxique pour les souris cancéreuses.

Le cancer expérimental de la souris sera un objet d’étude très commode et tout à fait indiqué pour mettre en évidence faction thérapeutique et les affinités de substances variées vis-à-vis de la cellule cancéreuse.

Les faits cliniques ont montré dans certains cas la résorption complète de tumeurs cancéreuses, surtout des sarcomes, à la suite de certaines infections ou intoxications. Avec les tumeurs de la souris, l’explication de ces faits peut être soumise à l’étude expérimentale, et des expériences de bactériothérapie pourraient donner des résultats intéressants.

Les essais de contamination de souris neuves par ingestion de tissu cancéreux ou par cohabitation avec des souris portant des tumeurs expérimentales ont toujours été négatifs.

Le cancer expérimental n’est transmissible que par greffe ; nous verrons par la suite que les conditions sont tout autres pour le cancer spontané et qu’il y a certainement dans la nature des conditions qui favorisent la dissémination ou la contagion du cancer.

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