LA COOPÉRATION DES PARTICULIERS ET DES POUVOIRS PUBLICS
Cette coopération, qui apparaît comme la solution se dégageant de l’expérience passée et des circonstances présentes, doit être mise en jeu par un service d'Etat chargé d’une politique du logement ouvrier, et en déterminant les buts et les moyens de réalisation.
‘1. — Un Service d’Etat et une politique du logement ouvrier.
UxE POLITIQUE DU LOGEMENT OUVRIER
1° Elle est indispensable dans la situation actuelle de l’ha-
bitat ouvrier ; elle doit s'intégrer, avec la politique du loge- DANIEL MORENNE.
bo LE PROBLÈME DU LOGEMENT OUVRIER EN FRANCE
ment rural, dans une politique générale du' logement qui s’impose en France. Ce ne sont pas en effet des mesures éparses, une action dispersée, qui peuvent assurer la rénovation de l'habitat dans ce pays. Mais pour être réelle et efficace, cette politique du logement ouvrier doit être prise en charge par ‘un organisme d’Etat spécialisé, secondé régionalement s’il y a lieu, et qui soit à même d’en préciser les buts et d'en assurer la réalisation, en collaboration avec les branches profes-
sionnelles intéresséés, existantes ou à créer. UN SERVICE RESPONSABLE
2° Son existence est aussi nécessaire pour l'habitat ouvrier que pour le logement rural. Cette nécessité n’a pas échappé aux pouvoirs publics actuels, puisqu'ils ont créé, à l’'Equipement national, un service spécial chargé des questions de logement, et qui porte le nom de « Direction des organismes de la construction immobilière ». Ce nom laisse espérer que ce service d'Etat va assurer la coordination des organismes d'Etat ou privés qui, de près ou de loin, ont à se préoccuper du problème de l’habitat. .
Avant la guerre, avaient été créées diverses commissions, le plus souvent départementales, dont les unes s’occupaient de l'aménagement et de l’extension des villes et villages, les autres de questions d'hygiène, d’autres encore d'habitations à
bon marché. Il est bien évident que la situation actuelle du
logement ouvrier ne saurait s’accommoder de l’action dispersée et plus ou moins efficace de ces nombreux organismes; une politique du logement n’a de véritables chances d’aboutir en France, que si l'unité de la conception des réformes et de la direction générale et technique du mouvement de rénovation est assurée; ce n'est pas l'application d’un principe ou d'une
on 2
Le but poursuivi est donc la rénovation du logement des
LES SOLUTIONS 5r
doctrine, mais la conséquence d’une situation, d'une réalité.
L'unité de direction est nécessaire encore pour assurer dans
toute la France l'exécution d'enquêtes sérieuses et rapides sur la situation exacte de l'habitat ouvrier, en ce qui concerne particulièrement l'insalubrité et le surpeuplement ; ces enquétes doivent aboutir à une détermination approximative des besoins en logements dans le pays.
L'existence d’un service d'Etat est justifiée, en outre, par la gravité des mesures qui sont à prendre et leur incidence sur la vie économique et sociale du pays; les problèmes en jeu mettent directement en cause la responsabilité de l'Etat, qui a le devoir rigoureux d’assurer aux familles les conditions de : vie nécessaires à leur développement et à leur épanouissement. L'Etat n’est pas seulement en effet le gardien de l’ordre : il doit faire en sorte que découle des lois et institutions, et de l’organisation du pays, la prospérité tant publique que privée. Il doit veiller au bien de la communauté, en se préoc-
cupant d’une manière spéciale de ceux dont la condition est
modeste et dont il doit s’efforcer d'améliorer le sort. Son inter-
vention étant indispensable à la rénovation de l’habitat ouvrier français, qui présente une grande importance pour la vie des intéressés et la prospérité du pays, il ne peut en aucun cas la refuser.