‹ Le Problème du Logement Ouvrier en FranceChapitre 18 sur 38 · Buts de la politique considérée · texte numérisé non relu

Buts de la politique considérée

ouvriers français, au moyen de constructions nouvelles et d'améliorations apportées aux habitations existantes. Mais la politique du logement ouvrier doit tendre aussi à réaliser l’accession à la propriété du plus grand nombre possiblé de

familles, en raison des avantages très appréciables qu’elle

présente par rapport au logement assuré par des tiers : constructeurs, employeurs ou collectivités.

La primauté de l'accession à la propriété.

1° Il n’y a pas à rappeler les avantages de la propriété familiale de la maison d'habitation et éventuellement du Jjardin qui sont indiscutables tant ils sont évidents. L'influence du développement de cette propriété sur la paix sociale d'un pays et sur la prospérité de ses familles n’est plus à démontrer, et la psychologie française lui est merveilleusement adaptée. C’est là la meilleure défense de ce droit naturel de propriété, si souvent contesté par des doctrines erronées, et dont « l’abolition, loin de servir les intérêts de la classe ouvrière, « ne pourrait que les compromettre gravement et rendre la « situation des ouvriers plus précaire, en leur retirant la libre « disposition de leur salaire, et en leur enlevant par le fait « même tout espoir et toute possibilité d'agrandir leur « patrimoine et d'améliorer leur condition ». Ce sont les termes mêmes d’un document dont on est obligé, même en dehors de toute considération religieuse, de reconnaître la profonde sagesse et la valeur toujours actuelle : la lettre du Pape Léon XIII sur «la condition des ouvriers ».

Sans doute cette accession à la propriété, ‘dont le droit ne peut être contesté aux ouvriers et dont la réalisation est si désirable pour eux, rencontre certaines difficultés, telles la fixation qu’elle impose, au moins pour un temps, aux familles ouvrières : mais il n’y avait pas là, même dans le régime économique instable de l’avant-guerre, un obstacle insurmontable, puisque de nombreuses familles ont pu en triompher.

Il faut espérer que dans l'avenir la question se posera de moins en moins, puisqu'enfin l’économie tend à devenir plus humaine et qu’elle doit exister pour l’homme et non l'homme pour elle. La propriété de la maison familiale suppose encore que la famille ouvrière dispose des ressources nécessaires à son

acquisition. Cette condition, si simple en apparence, exige cependant une réorganisation complète de la vie économique du pays et surtout de ses institutions sociales, qui permette uné juste répartition de richesses suffisamment abondantes. Il est indispensable que ceux qui doivent demander au seul travail tout ce qui est nécessaire à la vie, puissent prélever sur leurs salaires, par leur industrie et leur épargne, le prix d'un logement convenable et adapté à leurs besoins. Cela suppose, assurément, une situation favorable de l’économie, et une équité de la répartition, dont l'Etat a pour devoir rigoureux de promouvoir la réalisation.

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