‹ Le problème économique et la doctrine catholiqueChapitre 47 sur 47 · TT · texte numérisé non relu

TT

monarchie exigent des ressources proportionnées aux besoins. Le Saint-Père tirait ses ressources principales des biens ecclésiastiques du monde catholique, lesquels lui payaient des pensions en signe de sujétion; presque partout on a confisqué ces biens....

(cII y a dans les questions d^argcnt dont nous parlons une ignorance si extraordinaire de la part des catholiques, que nous croyons utile de nous arr&ter à l'expliquer. Bientôt nous parlerons, dans un autre chapitre, des ressources que le Saint-Père a eues à sa disposition dans tous les âges du Christianisme ; «aaintenant, nous allons dire quelques mots des dépenses nécessaires ou convenables.

« Qui de nous se doune la peine de calculer le nombre considérable de gens instruits que le Saint-Siège est obligé de maintenir auprès de lui? Mais si on se figurait la monarchie spirituelle conduite par une bureaucratie, comme le sont aujourd'hui plusieurs États, et qu'on entrât dans tous les détails des dépenses, on arriverait à un total si grand qu'il serait impossible d'y subvenir. Heureusement, il n'en est pas ainsi. Ce ne sont pas des bureaucrates qui rappellent sans cesse toutes les Églises du monde aux anciennes coutumes. Ce ne sont pas eux qui fixent d'une manière^ pratique ce qui est défendu et ce qui est permis à l'esprit humain» dans toutes les branches de la littérature, des sciences, des beauxarts. Ce ne sont pas eux qui, par le moyen d'une immense correspondance, veillent à l'éducation des peuples dans la doctrine chrétienne, fixent la conduite des missionnaires chez les païens,, afin que l'idolâtrie soit attaquée avec succès, tout en maintenant la dignité et la vigueur des saints canons. Certainement tout l'or du monde ne pourrait créer et maintenir auprès du Père des fidèles des bureaucrates assez instruits, assez indépendants,^ assez pieux pour soutenir et conseiller l'oracle de la loi divine. Mais ce que l'or ne saurait faire, la foi et la charité chrétienne lo font. £lles produisent des moines et des ecclésiastiques qui étudient et réfléchissent toujours, sans aucun espoir de récompense ici-bas. Mais cependant, malgré la plus grande abnégation, il faut à ces moines, à ces ecclésiastiques, des moyens de subsistance, de correspondance, de voyages, d'achats de livres; et lout cela, ainsi qu'une profonde tranquillité d'esprit, ne s'obtient pas sans dépenses.

ite^

« Mais si le Saint-Siège doit ôlre en mesure de jeter les mômes lumières dans toutes les parties du monde, il c?t utile, et, dans les temps actuels, où la doctrine est attaquée par les publications rapides de l'imprimerie, il est absolument nécessaire qu'il y ait au centre de la monarchie universelle des âmes un foyer d'études parfaitement pures qui rayonne sur le monde entier. C'est donc par suite d'une grande vigilance et d'une grande sagesse que les papes ont établi et maintenu la Congrégation de la Propagande, qui envoie et entrelient à ses frais sur toute la terre des missionnaires, des vicaires apostoliques, des évoques; qui possède en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique, des églises, des couvents, des collèges qu'elle dirige et surveille partout, dans les domaines des Turcs, des Perses, des Anglais, des Chinois, des Américains.

« Voilà certes un assez grand sujet de dépenses, et ce n'est pas une faible gloire pour la France que de réparer par la belle Œuvre de la Propagation de la Foi le mal que les adminislraleurs franç lis, à la lin du siècle dernier, et ceux du département de Rome ont fait à cette Congrégation en confisquant ses biens, d

Page 1