‹ Le Problème Marocain et la Banque D'État du MarocChapitre 2 sur 53 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Périodiqiiemenl, dans la vie des peuples comme dans celledes individus, se fout sentir des secousses violentes, des ébranlements profonds qni rejettent au second plan les phénomènes quotidiens ; en enx semble se concentrer la vie entière de Torganisme : dans la sphère des relations internationales, et partant dans Texistence nationale, la question du Maroc est de ces événements.

Il est impossible de rester indifférent à la question du Maroc. Autour de l'Kmpire du Couchant s'agitent les plus graves problèmes. Kn France, qui pourrait se désintéresser du sort réservé à un peuple de plus de dix millions d'hommes, à ce pays, appelé par sa situation aux espérances les plus hautes et pouvant constituer pour nos possessions d'Afrique le danger le plus certain, s'il n'en est pas l'épanouissement le plus brillant ?

Dans les affaires internationales la question marocaine a eu les retentissements les plus aigus. De ceci dépendra cela, et cela est si gros de conséquences que l'équilibre du monde y est attaché. Autour de la table d'Algésiras s'est commencé le premier acte d'un drame qui constitue certainement l'un des plus grands événements des temps modernes. Personne, à un moment,

VUl INTRODUCTION v.

n'aurait osé cerlifier que la question discutée dans les salons de Berlin n'allait pas être transportée sur les champs de bataille.

Ces angoisses, nous les avons tous vécues ; elles sont d'hier ; ne sont-elles pas encore de demain. — Les débats, à l'heure actuelle, paraissent n'être que des diversions au grand problème soulevé ; l'opinion vit dans l'attente ; les rapports internationaux semblent sinon chercher leur orientation, du moins hésiter à s'engager résolument dans ime direction définie ; partout règne une atmosphère d'expectative ; un moment l'énervément fut si grand que l'on croyait le conflit proche. Que va-t-il sortir de ce trouble ? Angoissante question dont tous ont parlé avec fièvre, et à laquelle il semble que nul ne doive se hasarder à répondre.

L'histoire est si proche que nous n'en avons pas encore une idée exacte ; la perspective manque pour remettre toutes choses en leur place ; les querelles de la politique se substituent trop souvent dans l'appréciation des faits au jugement de l'histoire ; les hommes sont loués sans mesure ou condamnés sans merci, comme si les hommes n'étaient pas souvent autre chose que le jouet des événements !

A ces difficultés, inhérentes à toute étude d'histoire contemporaine vient s'ajouter la pénurie des documents officiels. La politique des traités secrets est peut-être la plus néfaste pour les diplomates ; elle est certainement la plus décourageante pour l'historien. Au milieu des

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