‹ Le Problème Marocain et la Banque D'État du MarocChapitre 3 sur 53 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

indécisions, des divergences, des opposilions, si rares sonl les textes qui permettent de redresser les erreurs ou de définir clairement les situations 1

Dans les sciences physiques certains appareils permettent seuls de décomposer les phénomènes et, les notant, d'en rendre Tétude possible ; en sociologie il n'en est pas autrement.

La vie des collectivités apparaît comme la résultante d'une multitude de forces, dont les unes, prépondérantes, fournissent l'explication de l'organisme tout entier ; tel problème, insoluble en apparence, devient sinon simple, du moins clair, lorsqu'on s'attache à le dissocier en ses éléments. Dans la vie économique et politique la plupart des situations sont déterminées par un élément financier. L'argent, a-t-on dit, est le nerf de la guerre ; il est aussi la principale condition du maintien de la paix ; de récents événements pourraient en fournir une confirmation éclatante.

A ce point de vue, la science financière apparaît, sinon comme l'explication unique de l'économie sociale, du moins comme l'aspect qui permet d'en saisir le plus aisément les formes qui paraissaient les plus complexes ; dans l'histoire financière les causes les plus lointaines, les conceptions les plus nébuleuses, les manœuvres les plus compliquées se cristallisent, se clarifient, se matérialisent en de tangibles réalités.

X mTRODUGTÎON

Le problème marocain estime illuslralion singulière de ces réflexions. Il semble n'être fait que de successions décevantes. En 1900, au milieu de ses esclaves, dans son palais de Fez, le Sultan semble pour jamais inattaquable. En 1904, Abd-el-Aziz se jette dans les bras de la France, lui demandant aide et appui. En 1906, se réunit à Algésiras une Conférence chargée de régler internationalement le sort de l'Empire ; en 191 1 le protectorat français est établi sur le pays.

Etrange succession d'événements ; bizarre enchaînement de faits qui semblaient devoir s'exclure. Facile explication cependant. En 1 903 le Sultan peut encore se croire riche ; en 1904 il se voit acculé à la banqueroute ; la France vient à son aide; mais les besoins d'argent continuent ; ils se renouvellent en 1910 ; les tînanciers français sont là : l'année suivante le protectorat est signé.

Or, au Maroc, toute l'histoire financière a été, jusqu'en ces derniers temps, condensée dans un organisme unique : la Banque d'Etat. Insister sur l'intérêt que présente l'étude d\m pareil organe serait superflu. Un organisme quel qu'il soit doit, pour être étudié, être placé dans le milieu où il évolue. Avant d'examiner la Banque d'Etat, il est indispensable de faire revivre les nécessités auxquelles elle devait satisfaire, les besoins qu'elle devait nourrir, les conditions nationales et internationales dans lesquelles elle allait se développer. Il convient ensuite de montrer comment elle est née, à

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quelles iuthiences elle a d'abord obéi , parsiiilede quels événements elle a été déviée de son bat premier ; quels on! été les résultats de cette évolution. C'est autour de ces questions qu'ont été faits les divers chaj3itres de ce livre. L'auteur les a écrits sans partialité. Le souci de la vérité n'est-il pas la plus grande des habiletés ? Les difficultés de la tâche de demain semblent moins lourdes si Ton connaît exactement les dangers qui ont failli compromettre l œuvre de la veille.

u L'accord », a-t-on dit, « sera ce que nous le ferons ». La F'rance, parce (pi'elle est la F'rance, réalisera son œuvre, noble, grande, généreuse, sans témérité, mais sans faiblesse, dans le respect de tous ses devoirs, mais dans la conscience de tous ses droits.

Trois couleurs composent le drapeau de nos pères. Ne brilleront-elles pas d'un plus vif éclat à présent qu à chacune un coin du ciel d'Afrique verse la splendeur merveilleuse de sa lumière, devenue possession de la patrie ? Pour cet idéal, nos soldats ont versé leur sang. Ayons garde d'en perdre jamais le souvenir !

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