‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 143 sur 259 · Sé.nèque, id., I · texte numérisé non relu

Sé.nèque, id., I

Un jeune homme pris par les pirates avait demandé à son père de le racheter. La rançon ne venait pas. La fille du chef des pirates lui fait jurer qu'il l'épousera s'il obtient sa liberté. Il jure. La jeune fille le suit, et, de retour chez lui, il l'épouse. Mais survient une veuve. Son père alors lui ordonne de répudier la fille du pirate et d'épouser la veuve. Il refuse •.

Un soldat qui a donné trois fois des preuves de sa bravoure est libéré de droit du service militaire. Un père veut empêcher son fils, dont c'est le cas, de partir une quatrième fois. Il désobéit; il le renie *.

Dans tous ces cas, l'autorité du père de famille, si absolue dans l'antiquité, est venue au travers d'autres devoirs. Mais la conduite du père ne peut-elle délier le fils de ses obligations envers lui? Quelqu'un a tué un de ses frères, coupable de tyrannie, un second coupable d'adultère. Les prières de son père n'avaient pu l'arrêter. Il est pris par les pirates et demande à son père de payer sa rançon. Celui-ci promet aux pirates une rançon double, s'ils coupent les mains de son fils. Ils le font.

1. Sii.NÈQUE, Conti'ov., I, 6. Cf. Controverses du même genre, II, 10, et Exe. controv., H, 2 (même cas), et Y, 2.

Page 1