‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 166 sur 259 · Marc-Albèle, I · texte numérisé non relu

Marc-Albèle, I

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chancelante se défie d'elle-même, et cherche des secours extérieurs pour sa faiblesse. De là toute une gymnastique morale et ce que nous appelons de nos jours des mortifications. Mais elles ne semblent pas avoir été dans le stoïcisme haine ou mépris de la chair, ni sacrifice fait à un dieu aimé des plaisirs même légitimes; ce sont des précautions que la volonté prend contre elle-même, s'habituant à se contenir et à se vaincre. La première de toutes est de savoir à certains jours, voire à certains instants, se retirer ou s'abstraire de la foule, qui étourdit notre volonté, et empêche, par le bruit qu'elle fait, que nous n'écoutions, comme il convient, ce qui se passe au dedans de nous. La solitude est meilleure conseillère. « Si tu t'aperçois que tu n'es plus ton maître, va-t'en dans quelque coin, où tu le redeviendras K » Ainsi parle Marc-Aurèle, et Sénèque avant lui avait écrit un ouvrage entier sur la retraite du sage. Au sage surtout en effet la retraite convient, et se plaire avec soi-même est bon signe. Cratès, voyant un jeune homme se promener à l'écart, lui demanda ce qu'il faisait ainsi seul. « Je m'entretiens avec moi-même, répondit le soli-

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