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LA RELIGION STOÏCIEINNE 21 0
s'allie fort bien avec la plus extraordinaire indulgence pour ce qui nous regarde *. Ici encore un rapprochement s'impose, et c'est avec la maxime évangélique de la paille et de la poutre. Plus que tout autre en effet, Marc-Aurèle fut, suivant une expression de Tertullien, une âme chrétienne par nature ^ En vrai chrétien, s'il s'abstient de juger autrui, ce n'est ni orgueil ni indifférence, mais bonté et modestie. Car sa vertu ne connaît point la présomption. Il en fait honneur à tous, sauf à lui-même, à ses parents, à ses maîtres, à ses auteurs favoris ^ Il s'est étudié au point de reconnaître en lui tout ce qui appartient à chacune des bienfaisantes intluences qu'il a subies, et dans l'examen de sa belle conscience, au lieu de trouver une noble satisfaction et une fierté plus qu'excusable, il apprend encore la plus intime et la plus méritoire des humilités, celle de la vertu. Telle est en effet la conclusion de tout retour sincère sur soi-même, à savoir la conscience plus nette de nos devoirs d'une part, de notre infirmité de l'autre. Et voilà pourquoi la vertu