‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 192 sur 259 · Sénèque, De la Tranquillité de l'âme · texte numérisé non relu

Sénèque, De la Tranquillité de l'âme

2. Le traité De la Tranquillité de l'âme est une réponse à Sérénus.

244 UN PROBLÈME MORAL DANS L'aNTIQLITÉ

sède, et aussi le psychologue auquel ses analyses ne déplaisent point. C'est l'infériorité de la direction stoïcienne : sous le directeur, l'homme n'a pas disparu. Mais si nous cessons de demander à Sénèque plus qu'il ne pouvait donner, nous serons frappés au contraire, comme tous l'ont été, par tant de sentiments et par une méthode déjà chrétienne. S'il trouve dans le succès de ses conseils un noble plaisir d'amour-propre philosophique, les progrès de son élève préféré lui font connaître aussi les joies plus pures et plus désintéressées d'un père spirituel. L'idée de ce mot est de lui, sinon le mot lui-même : il se compare en effet à un père qui voit grandir son enfant K En ayant les joies, il en a les angoisses. Il a peur qu'un avis donné à distance n'arrive trop tard ^ Une autre fois il demandera, vu la gravité du cas, le temps de la réflexion % scrupule où on ne saurait sans parti pris ne voir qu'un artifice de rhétorique. Il voudrait surveiller de près cette éducation qui lui est chère ^ Il la suit du

1. Sénèque, Lettres, 34. Malheureusement ceUe comparaison vient après beaucoup d'autres qui en gâtent à Tavance l'effet.

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