‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 191 sur 259 · Sénèqle, De la Tranquillité de l'âme · texte numérisé non relu

Sénèqle, De la Tranquillité de l'âme

qui restaient '. Ce n'est pas la seule fois, nous le verrons bientôt , que la pensée morale du stoïcisme est plus forte que son dogme métaphysique, et en brise, pour s'épanouir, l'enveloppe trop étroite.

Mais, outre les textes épars que nous venons de commenter, il nous reste de la direction de conscience dans l'antiquité un monument éternel, et sur lequel tout a été dit, la correspondance de Sénèque avec Lucilius. Nous avons déjà vu des âmes troublées ou endolories se remettre entre les mains des philosophes ; et Sénèque lui-même a été pour Sérénus ^ et pour d'autres ce directeur par accident. Mais ce qui distingue la vraie direction de ces consolations et de ces consultations données une fois pour toutes, c'est la continuité de l'influence, la confiance et l'amitié qui en résultent, la confraternité des âmes, et une sorte de partage de la responsabilité. — Sans doute, jusque dans les témoignages les moins équivoques de sa sympathie et de son zèle moralisateur, on sent chez Sénèque le grand personnage qui ajoute une clientèle philosophique à toutes celles qu'il pos-

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