‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 202 sur 259 · Marc-Aurèle, VIII · texte numérisé non relu

Marc-Aurèle, VIII

cisme romain adopta- t-il des saints d'une sainteté plus romaine. Il en trouva dans la vieille histoire nationale; car les Romains avaient été de tout temps stoïciens par leur culte du devoir austère et leur mépris de la souffrance \ C'est ainsi que Sénèque passe de Socrate et de Zenon à Mucius Scévola ^ et à Horatius Coclès % qui ne s'attendaient guère à être célébrés par des philosophes. Mais Lélius et Scipion * sont des modèles mieux accommodés aux temps et aux mœurs, unissant à la vertu naturelle de la race les vertus acquises par l'éducation philosophique.

Au-dessus de toutes plane enfin la figure de Gaton, qui semble avoir été l'objet d'un culte spécial , fait de regrets politiques en même temps que d'aspirations morales, et autour de laquelle la légende et la poésie font flotter une auréole. Il est le véritable héros de la Pharsale de Lucain, où il représente entre deux partis la patrie, entre deux candidats à la tyrannie la

1. Ils font si bien cette impression que des candidats au baccalauréat nous ont cité, dans uue dissertation sur la morale stoïcienne, Mucius Scévola et autres stoïciens fort antérieurs au stoïcisme. Cet anachronisme est dans les faits, et l'erreur ici n'est qu'une vérité à dégager et à commenter.

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