‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 206 sur 259 · Voir même chapitre, plus haut · texte numérisé non relu

Voir même chapitre, plus haut

258 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ

duite, serait plus qu'un saint, sinon plus qu'un dieu. Mais il n'y a là sans doute qu'une hyperbole de Sénèque. Par une autre hyperbole, aussi peu stoïcienne, Sénèque proclame que ce souverain bien, conçu pour imposer le supplice de Tantale à la vertu humaine, Gaton Fa possédé *.

Cependant au-dessus de Caton et de toute figure humaine, les stoïciens conçoivent une sainteté transcendante, un dieu législateur de Tordre moral. — Il n'entre pas dans notre sujet d'étudier la théodicée stoïcienne, d'en approfondir les obscurités et d'en résoudre les contradictions. Mais il est un dieu qui est plutôt objet de croyance morale que de démonstration métaphysique, un dieu que la ferveur de l'homme de bien suffit à imposer à sa raison; et c'est celui-là dont le culte couronne le long effort des stoïciens vers la vertu. Il y a une évolution de leur pensée morale vers ce terme obligé, évolution indépendante de leur système primitif. De là, dans les œuvres de Sénèque, deux courants difficiles à confondre, et même à concilier. Tantôt il reproduit les théories de l'école et nous apparaît plus ou

Page 1