‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 207 sur 259 · Sénèque, Delà Providence · texte numérisé non relu

Sénèque, Delà Providence

moins comme un panthéiste ; tantôt il parle de la divinité en apôtre inconscient du Dieu que le monde va bientôt adorer K Sans doute les plus grands esprits d'alors ^ éprouvaient une sorte d'inquiétude morale, un besoin inassouvi de croyances qui leur venait d'un milieu imprégné de superstitions envahissantes. Mais nous n'attribuerons pas à cette seule influence extérieure la foi d'un Sénèque, d'un Epictète et d'un Marc-Aurèle. Elle nous semble avoir en eux-mêmes des racines plus profondes, et n'être que la conséquence de leur foi morale. Leur religion est la maturité de leur vertu. Leur dieu n'a rien de commun avec le dieu métaphysique ou physique du vieux stoïcisme : il est de substance toute morale ; il est fait du meilleur de leurs âmes, de leurs aspirations, de leur charité et de leurs espérances. Il est le bien en acte, l'idéal vivant dont la pensée habite

i. Nous avous utilement consulté sur cette question une thèse encore inédite, dont les épreuves nous ont été amicalement communiquées par l'auteur, M. Lévy-Bruhl. Nous approuvons pleinement les conclusions de ce travail : ■< Quod ad metaphysicam Dei naturam spectat, veteres quidem stoïcos Seneca sequitur; quod vero ad moralem, sœpius de suo et preeclare loquitur. » Toutefois cette idée nouvelle de Dieu appartient-elle en propre à Sénèque? Et n'e«t-el]e pas plutôt le postulat nécessaire et universellement admis de la morale stoïcienne, devenue à elle seule tout le stoïcisme"?

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