Voir Freppel, Clément d'Alexandrie, 9" leçon
292 Ui>' PROBLÈME MORAL DANS L'aNTIQUITÉ
affaire de conscience, et celui qui est formé à Técole du Glirist ne peut-il dans les moindres détails, jusque dans son attitude, jusque dans son sommeil, porter l'esprit qui l'anime? La direction d'intention, dans le bon sens du mot, voilà en effet ce qui distingue le chrétien comme le stoïcien. Gomme le stoïcien, le chrétien possède l'art des justes limites : sa gravité ne dégénère jamais en rudesse, ni sa bonne humeur en folle gaieté *. Le sensuel dort pour dormir; le chrétien, pour réparer ses forces ^ Le chrétien enfin peut à la rigueur posséder des richesses et des meubles précieux, « pourvu qu'il n'y attache point son cœur, car le bonheur n'est point là ' » . c( Ce sont là choses indifférentes, » dit ailleurs Clément d'Alexandrie *. Mais il dit aussi "^ : « Lorsqu'on ne sait pas se refuser ce qui est permis, on se laisse vite entraîner à ce qui est défendu. »
Tout cela est bien de la casuistique, — ce qui ne veut pas dire que les Alexandrins aient été les maîtres et les inspirateurs de nos casuistes modernes. Deux pères latins, Lactance et saint