‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 233 sur 259 · Stobiôe, Ed., II · texte numérisé non relu

Stobiôe, Ed., II

i. Saint Augustin soutient la thèse contraire, vraie sans iloute pour certains cas et pour les consciences d'élite, mais

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et il n'est point de sainteté qui dispense d'aucun devoir.

Quoiqu'il soit téméraire de chercher parmi ces trop zélés admirateurs de l'histoire sainte les prédécesseurs d'Escobar, il en est un sur lequel nous voulons nous arrêter un instant. Clément d'Alexandrie est en effet l'auteur d'un livre, que nous pourrions presque appeler un livre de casuistique, où l'inspiration stoïcienne se mêle à l'inspiration chrétienne, et aussi la science du psychologue et l'art du directeur aux allégories, aux hymnes et aux digressions de tout genre. C'est le traité du Pédagogue^ où le Verbe nous apparaît comme éducateur de l'humanité. La première page en précise l'esprit : « Quand le Verbe ne s'attache qu'à guérir et à gouverner les âmes, un seul nom lui convient, celui de Pédagogue. Le Pédagogue s'occupe de la conduite, non de la doctrine. Son but est de rendre meilleur, non d'instruire. Un homme de bien, et non un savant, sort de ses mains. Sans doute sa parole ne peut pas ne pas être un enseignement, mais pour le moment il faut

la prendre par un autre côté.. H y a

loin de la santé à la science. Pour celle-ci il

qu'il serait dangereux de généraliser et de vulgariser. Confessions, m, 9.

faut l'étude; pour celle-là, la guérison. Que celui qui est malade, avant d'apprendre quoi que ce soit de la doctrine, songe d'abord à se guérir. Pour ceux qui étudient et pour ceux qui sont malades, chaque parole a un sens différent : pour les uns elle est un enseignement, pour les autres un remède. Comme ceux qui ont le corps malade ont besoin d'un médecin , ceux qui ont l'âme malade ont besoin d'un pédagogue qui les guérisse de leurs passions ^ » — Et la casuistique de Clément n'est pas tout entière dans cette préface. Parlant pour des catéchumènes, il ne prétend pas les élever d'un bond à la perfection du gnostique; mais, reconnaissant au-dessous de cette vertu plus qu'humaine une vertu naturelle, moyenne ^ , et tout au moins provisoire, il conduit pas à pas vers cette première étape les âmes qui se soumettent à la c( pédagogie » divine. De là la trivialité des sujets traités : la modération dans le boire et dans le manger ; — la simplicité de la toilette et du mobilier; — l'usage légitime des biens de la terre; — la décence et la gravité dans les exercices du corps ^. Mais tout n'est-il pas

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