‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 30 sur 259 · Marc-Auréle, Lettres à Fronton · texte numérisé non relu

Marc-Auréle, Lettres à Fronton

42 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

suffit à expliquer le succès momentané dont elle jouit. Tout ce qui est excessif plaît aux foules, naturellement fanatiques. Elles n'aiment les centres ni en politique ni en morale, et des hommes qui ne sont souvent rien moins que vertueux, se trouvent être sur la place publique ou dans une salle de théâtre les moralistes les plus farouches. Ariston était ce philosophe tout d'une pièce, cet « homme de fer * » qu'il leur faut. — Ajoutez que sa doctrine avait le double privilège d'être simple et de tout simplifier. Il supprime de la science la physique, qui dépasse nos forces, la dialectique, qui ne sert à rien, et de l'éthique même il ne laisse subsister que les définitions et les règles les plus générales *.

La parenté de la physique et de l'éthique est lointaine, contestée même, et les doctrines stoïciennes sont contradictoires sur ce point ^ Elles sont unanimes au contraire sur l'étroite union de la dialectique et de l'éthique. Peut-être même

1. CicÉROx, cité par Juste Lipse, Manuductio ad stoïcam philosophiam, I, 12.

2. DioGÈNE Laërce, VII, 161. Sextos Empibicus, Adv. Math., VII, 13. Ka\ 'ApîffTwv oï 6 Xto; où ijlôvov, oiç çaci, 7rapT,T£tTo tyÎv t£ 9U(Ttxr(V xat ).oyt/tr,v Oswptav o'.à to àvwç£)>£; xài Ttpoî xaxoO Toîç çt).oo'090"j(nv 'jTtii^ytvi , aV/.à xai xoû yjOtxoO TÔTtoy Ttvà; <7y[XT:£pi.cypa']/£ xat)â7r£p xôv x£ uapaiv£Tf/cbv xa\ tôv ÛTtoÔtTixbv TûTiov • TOÛToy; yàp elç TÎTÔa; Sv xat irawayioYoù; m7tx£tv.

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