‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 31 sur 259 · Plutarque, Des Cont7\ stoïc · texte numérisé non relu

Plutarque, Des Cont7\ stoïc

les moralistes ont-ils abusé de la dialectique, et les apparences justifient-elles la condamnation d'Ariston. Sénèque et Cicéron , esprits pratiques, puisque ce sont des Romains, se plaignent * de ces subtilités dangereuses, auxquelles se plaisaient, comme à une sorte d'escrime morale, les esprits grecs, plus souples et plus amis de l'art pour Fart. On ne cherchait plus en effet qu'à exécuter avec les mots et les idées des passes brillantes, et ce qui devait servir à distinguer le bien du mal servait à les confondre. — Mais c'est surtout après Ariston que l'usage de la dialectique dégénéra en abus. C'est après lui que Chrysippe ^ imagina la méthode qui consiste à soutenir le pour et le contre sur une même question, méthode faite quelquefois de loyauté et d'impartialité, mais le plus souvent de tours d'adresse et de scepticisme. C'est après Ariston qu'on vit un élève de Chrysippe, Carnéade, retourner contre le stoïcisme les armes dangereuses de son maître en dialectique. — Ariston n'a point connu cette décadence, ou, si l'on veut, cette prospérité

1. Cicéron, De Rep., III, a. Il est vrai que c'est ici Philus, parlant au nom de Carnéade, qui attaque Chrysippe. Sénèque, Lettres, 43. Cf. Plutahqce, Des Contr. stoïc, 8. Des Notions communes..., 29.

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