Cicéron, De 0/f., I
Gicéron dit peu de chose de la science et des travaux de Fesprit. Il proclame leur supériorité sur les travaux du corps ^ Mais il semble avoir peur de passer pour un méditatif. C'est un homme d'État qu'il veut et qu'il croit être, et il s'étonnerait sans doute que la postérité lui tînt autant de compte de son traité des Devoirs et de ses Tusculanes que de son consulat. Gicéron est un philosophe honteux. Gette sorte de respect humain, dont il ne sut jamais se défendre, tient à ce qu'il fut un des premiers philosophes à Rome, où la philosophie fut longtemps avant de conquérir droit de cité. — Elle y réussit cependant, et Musonius aura plus d'audace que Gicéron. Il veut enrôler même les femmes, et persuade à un roi de Syrie, qui visite son école, qu'il ne peut se passer, pour gouverner, de la philosophie -. Il pose et résout enfin un cas de conscience, qui devait être souvent posé depuis, mais jamais résolu avec autant de désinvolture, celui des vocations contrariées par l'autorité paternelle. Un fils, dit-il % que son père détournerait de la philosophie, luj doit même obéissance que s'il