‹ Le problème morocain et la Banque d'état du Maroc [microform]Chapitre 30 sur 56 · LE CREDIT ET LA MONNAIE · texte numérisé non relu

LE CREDIT ET LA MONNAIE

11 ne fallail pas compter qu’on parviendrait à abaisser le cliange jus(pi’au\ alentoui's du jrair, tant ({ue cii'culel'ait dans le pays une multitude de monnaies indigènes différentes. Pour ramener la diversité monétaire à runité, la banque dis[)osait de deux moyens: elle pouvait, soit frapper dès les premiers jours de son fonctionnement de nouvelles monnaies makhzani d'oi‘ et d’ai'gent, et émettre des billets; soit sur\eiller altenlivement le développement économique du pays, j)révoir les événements et créer les movens d’échange au fur et à mesure de l'exlen-

sioii des besoins.

La banque a choisi cette seconde .‘solution. Elle s’est acquittée avec la plus grande prudence de soti rôle de régulateur de la circidation monétaire.

Dès ses débuts, elle s’est mise à la disposition des commerçants pour acheter ou vendre au cours du jour la devise olVertc ou demandée par eux. F.n même temps elle faisait l'escompte des elTets de commerce en monnaie bassani. Les mesures ont privé les agioteurs d'une bonne partie de leur clientèle. 11 n’est donc pas étonnant ([u’ils disparaissent peu à peu.

Dès 1907, la monnaie hassani se ressent de l'existence de la Bampie. Le cours de la Pli qui s'était élevé en 190.J à 1S7 pour tomber en 1906 à i '\2, atteint scs extrêmes en 1907 à iG8et i\~. Pendant le (piatrième trimestre de cette année il se maintient même entre i56 et lüo.

Cette stabilité s’accroît tontes les années davantage. En

1908, il varie entre i(i3,5o et i '17,60; eu 1909, entre

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i54,5oel l'io ; eu ujio, cuire i54 cl i43.5o; eu 1911, il varie cuire i^5 et i iü.

Cette stabilité relative de l'hassaiii uc doit pas cepeudaut être attribuée uui(pieuieul à l action de ta llaïupie d’Ktal. La Rauque a été graudeiueut aidée par l'élat prospère des récoltes eu 1908, eu 1909, eu 191 1 qui a iiillué sur la baisse des cours.

Les commerçants lui ont demandé, eu cll'ct, dès 1908, de grandes quantités de cette mouuaieeu vue de leur campagne d’exportation. Le stock hassani qui était passé de PH 5.827.763 au i" janvier à 7.a33.i4i nu Sojuiu, est descendu dans de fortes proportions a partir de juillet. Eu octobre il tombait à 1.666.997 PH ])Our ne remonter à 3.169.340 PH, qu’au 3i décembre,

Cette situation était de nature à alarmer la Banque d’Élat. Elle avait tout lieu de craindre une pénurie d’espèces métalliques dont le contre coup sur la vie économique du pays serait très grave. Aussi reprit-elle, dans le courant de 1908. la question de rémission de billets bassani et du remaniement du système monétaire, mise à

l'étude dès 1907.

Toutefois, ce fut la création du billet de banque nuikli- /ani qui retint particulièrement .son attention. Au moment 011 la camjiagne de la Cbaonia et la police faisaient augurer une ère de tran([uillité et de travail, il était du devoir de la Bampie d’État de se mcltre eu mesure de faire face aux besoins monétaires ([iii s en suivraient. Dans ces conditions, le billet de ban((ue hassani apparaissait comme

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