X INTRODUCTION
Le problème marocain est une illustration singulière de ces réflexions. Il semble n etre fait que de successions décevantes. Kn 1900, au milieu de ses esclaves, dans son palais de Fez, le Sultan semble pour jamais inattaquable. En 1904, Abd-el-A/.iz se jette dans le> bras de la France, lui demandant aide et appui. En 1900. se réunit à Algésiras une Conférence chargée de régler internationalement le sort del Empire ; en 191 1 le protectorat français est établi sur le pays.
Etrange succession d’événements ; bizarre enchaînement de faits qui semblaient devoir s exclure. Facile explication cependant. En 1903 le Sultan j)eut encore se croire riche ; en 1904 il se voit acculé à la banqueroute ; la France vient à son aide ; mais les besoins d argent continuent : ils se renouvellent en 1910 ; les financiers français sont là : l’année suivante le protectorat est signé.
Or, au Maroc, toute Thistoire financière a été, jusqu’en ces derniers temps, condensée dans un organisme unique : la Banque d’Etat. Insister sur l’intérêt que présente l’étude d'un pareil organe serait superflu. Un organisme <^uel qu il soit doit, pour être étudié, etie placé dans le milieu où il évolue. Avant d’examiner la Banque d’Etat, il est indispensable de faire revivre les nécessités auxquelles elle devait satisfaire, les besoins qu’elle devait nourrir, les conditions nationales et internationales dans lesquelles elle allait se développer. Il convient ensuite de montrer comment elle est née, à
introduction ni
quelles influences elle a d’abord obéi, par suite de quels événements elle a été déviée de son but premier ; quels ont été les résultats de cette évolution. C est autour de ces questions qu’ont été faits les divers chapitres de ce livre. L’auteur les a écrits sans partialité. Le souci de la vérité n’est-il pas la plus grande des habiletés ? Les difficultés de la tâche de demain semblent moins lourdes si l’on connaît exactement les dangers qui ont failli compromettre 1 œuvre de la veille.
(( L’accord », a-t-on dit, « sera ce que nous le ferons ». La France, parce (pi’elle est la France, réalisera son (eiivre, noble, grande, généreuse, sans témérité, mais sans faiblesse, dans le respect de tous ses devoirs, mais dans la conscience de tous ses droits.
'l’rois couleurs composent le drapeau de nos pères. Ne brilleront-elles pas d’un plus vif éclat à présent qu'à chacune un coin du ciel d’Afrique verse la splendeur merveilleuse de sa lumière, devenue possession de la patrie ? Pour cet idéal, nos soldats ont versé leur sang. Ayons garde d’en perdre jamais le souvenir 1