‹ Le problème scolaire étudié dans ses principes [microforme]Chapitre 10 sur 35 · VI-—-Quatrième règle: La Ho de l’État · texte numérisé non relu

VI-—-Quatrième règle: La Ho de l’État

s'exerce sous forme de protection et d'assistance 367 VII—Cinquième et dernière règle: Dans les écoles semipubliques des familles, l'État n’a pas à protéger les droits des parents contre les exigences manifestes du bien commun, et doit leur prêter assistance principalement par voie de direction régulière Le : | 372 VIII Conclusion. Vaines as résultat final: Harmonie entre les divers droits éducateurs... Fi: 000

L'an 1917, les difficultés scolaires de l'Ontario prenaient une forme aigué et troublante. On parlait de mesures coercitives et de résistances inébranlables: les mères canadiennes-françaises montaient la garde autour de nos écoles: et des projets audacieux se formaient en vue de soustraire nos chefs aux répressions imminentes du gouvernement. Partout se discutait le grave problème de l'éducation. Nous.avons suivi les débats: et ce livre est né du désir de vérifier les opinions alors en conflit et du besoin de posséder la vérité.

Le problème scolaire se présente à la fois comme question de principes et comme question d'opportunité. En face de l’État et des parents qui se disputent la direction de: écoles, on peut se demander: 1° Où est le droit? Qui le possède ? 2° Est-il sage et prudent, dans telles circonstances de temps, de lieu et de personne, d’exercer tel ou tel droit certain? La solution totale et finale dépend nécessaire nent de la réponse à ces deux questions.

Toutefois, nous avons délibérément évité de considérer le problème sous l'angle de l'oppor-

tunité. Là n'est point la raison du conflit scolaire ; là n'est point non plus le fond du débat. Les solutions pratiques font jaillir dans l’intellect une étincelle éphémère, l'agencement des principes Y allume une flamme qui ne doit plus s’éteindre; les solutions pratiques passent et varient comme les faits qui les provoquent, l'agencement des principes demeure éternellement comme les essences d'où ils émanent.

Aussi bien, dans ce temps de luttes et de crises que nous traversons, maintenant que nos fouvernements s'efforcent de différentes manières d'étendre leur action éducatrice où d'imposer leurs règlements tyranniques, et que la question scolaire se modifie de mois en mois, de jour en jour, les esprits ont besoin, pour se guider, de principes éternels qui dominent et éclairent toute la question, bien plus encore que de solutions pratiques isolées qui ne s'appliquent qu’à tel ou tel cas.

Bien plus, même en cette question des principes du droit éducateur, nous avons Cru devoir faire un partage et une élimination. Il y a des principes qui établissent les droits de l’Église, de la Famille et de l'État, et qui en fixent d’une façon générale les limites respectives; il y a des principes qui appliquent les droits ainsi établis à certaines

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questions particulières, telles que l'uniformité des livres, la gratuité de l’enseignement, la fréquent ation obligatoire des écoles, la langue de communication dans les écoles, les matières d'étude, ete., ete. Ou plutôt, ce sont les mêmes principes qui tantôt se bornent à fixer la direction générale des divers droits éducateurs, et tantôt prolongent leur influence directive jusqu'à ses dernières limites. De toute évidence, on ne peut ainsi pousser jusqu’au bout l’applicabilité des principes sans entrer dans le conflit actuel, sans prendre fait et cause pour l’un ou l’autre parti, sans heurter de front l’une ou l’autre des opinions diseutées, sinon les deux à la fois. Et l'on peut s'attendre alors inévitablement à voir se dresser contre soi des esprits prévenus qui rejetteront d'avance les conclusions contraires aux leurs, et qui ne se donneront pas même la peine de réfléchir sérieusement sur les preuves que l’on en donne. Pour éviter tous ces inconvénients, nous nous sommes abstenus de tirer les dernières conclusions des principes, nous contentant d'établir les titres des divers droits éducateurs et de donner les principes généraux qui doivent les guider dans leurs activités respectives, et laissant à chacun la charge relativement facile d’en faire l'application aux questions actuelles.

Ainsi circonserite, la question touche aux toutes premières racines du problème scolaire ; elle en concentre tous les développements, toute la beauté, tout l'intérêt dans un germe fécond.

En nous efforçant de la résoudre, nous n'avons eu d’autre ambition que de réaliser aussi parfaitement que possible l'idéal déjà tracé par un de nos maîtres: ‘Je dois viser à instruire, done à poser dans sa permanence la doctrine qui instruit et, sans rien négliger de ce que le présent suggère, songer aussi à demain, comme à hier, ou pour mieux dire, à travers aujourd’hui, demain et hier, tenter de m'élever avec vous. dans toute la mesure que Dieu voudra permettre, à la sérénité et à l'éternité du vrai.” (R. P. Sertillanges: Fam. et État dans Éduc., p. 51.)

Et le résultat ? C’est le livre que nous avons l'honneur de présenter au public: LE PRO- BLÈME SCOLAIRE ÉTUDIÉ DANS SES I NCIPES.

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