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l'instruction publique ne saurait exiger rien qui ne supplée simplement à l'insuffisance de l’instruction familiale. Car, en matière d’'aucation, l'État n’a qu’un droit de suppléance, et ve droit de suppléance répond à toutes les exigences du bien commun.
Voilà done à quoi se réduisent ces deux si terribles vérités: la subordination des parents à l'État au point de vue de l’enseignement profane, et le contrôle du Gouvernement sur les écoles. En définitive, nous nous trouvons en face dun simple agencement des droits éducateurs, par lequel l'État se charge de seconder les parents en ce qui touche l'intérêt général, et les parents attendent de l'État le complément nécessaire de leurs travaux.
Mais ce droit naturellement limité, dira-t-on, l'État l’expliquera, l’étendra à son gré, et alors c'en sera fait de la liberté des familles.—Oui, si vous supposez V'État hors de sa voie: non, si l'État se tient dans la sphère de ses attributions. “Du reste, ajouterons-nous avec Mgr Sauvé, si VÉtat n’est pas dans l’ordre, il pourra aussi facilement s'attribuer des droits qu'il n'a pas, qu'ubuser de ceux dont il jouit. En tout cas, le rôle du philosophe ou du théologien, c'est de constater les droits de l'État, sans craindre de condamner l'exercice criminel qu'il peut en faire."
(1) Mgr Sauvé: Questions rel. et soc., p. 276.
Que conclure de tout ce volume ”
Nous ne rejetons pas la doctrine de l'omnipotence de l'État pour adopter la thèse de l’indépendance absolue des parents. Dans le domaine de l’enseignement scolaire profane, ni les parents ne doivent mendier les restes de l'État, ni l'État ne peut se contenter des restes des parents; tous les deux, les parents et l'État. .ont,en même temps. un droit propre à exercer, un rôle particulier à remplir. Les parents sont les premiers maîtres des écoles; mais l'État y intervient, par mode de suppléance, pour protéger les parents contre les injustices des autres citoyens, et pour suggérer et imposer au besoin les mesures nécessaires au progrès de l'instruction: sans cette intervention mitigée de l’État, le bien commun de la société ne serait pas suffisamment assuré; avec elle, au contraire, les plus lointaines exigences de la prospérité publique trouvent leur entière satisfaction et leur complète garantie.
D'autre part, nous n’affirmons pas les droits des parents et de l'État pour exclure ceux de l'Église. A l'Église, le domaine de l’ense‘gnement religieux et moral; à l'État, le domaine de l’enseignement profane; et, Si les parents doivent s’intéresser à l’un et à l’autre, c’est, pour l’enseignement religieux et moral, comme instrument naturel de l'Église, et c’est, pour l’enseignement profane, avec la subordination que l’on sait à l'État. De toute façon, l’Église occupe le pre-
mier rang: et l'État, comme les parents, doit lui être soumis, non seulement au point de vue de l’enseignement religieux et moral, mais encore
en tout ce qui, dans l’enseignement profane, intéresse la foi et les mœurs.
Donc, en cette matière de l'éducation, il y a place pour l'exercice de trois droits: celui de l'Église, celui de la Famille, celui de l’Ftat. Et, selon la pensée du R. P. Sertillanges, ces trois organismes emboîtés se conditionnent réciproquement, se limitent, se jugent. Ils doivent céder à tour de rôle, suivant les cas que présente leur fonctionnement respectif; ils doivent se respecter toujours et coopérer loyalement pour que le but qu’ils poursuivent en commun, et qui n'est autre que le bien de leurs membres: le bien de tous et de
chacun. résulte d’une entente qui saura sefaire féconde.