‹ Le procédé au gélatino-bromureChapitre 10 sur 10 · C. Venlonse · texte numérisé non relu

C. Venlonse

D. Émulsion snr Teilleuse.

E. Agitateur et Tase.

F. Unterno.

cule) a onces (56",8) d'eau distillée (') dans un flacon de 4 onces {ii6",6) à large goulot, soit 8,5o de pellicule pour loo, moitié eau et moitié

(' ) Eao de source et oi

bière brune ; on plonge le flacon pendant 3o" environ dans un vase d'eau chaude, et Ton remue vigoureusement jusqu'à ce que la gélatine soit complètement dissoute.

SI cependant on désire faire l'émulslon ab initio, la formule suivante conviendra parfaitement :

Gélatine de Nel8oa(*). ^o grains (a»*", 69), soit 55»*, q5 p. 100.

Eau distillée (") i4 drachmes (49")» soit loo*^*^.

Alcool 2 drachpies (7"), soit 14**^ p« ïoo.

Bromure de potassium. 26 grains (iS<', 62), soit 3S',25 p. 100.

Nitrate d'argent 4 o grains (a^SSg), soit 5*'',25 p. 100.

Solution de brom. d'ammonium à4 p. loo('). 3 gouttes, soit 4 gouttes p. 100.

Laissez la gélatine tremper dans de l'eau 5 ou

6 heures, et après égouttez-la en rejetant toute l'eau. Faites dissoudre ensuite le bromure dans

7 drachmes (24*''', 5), soit oo*"*^ d'eau distillée (*), et versez-le sur la gélatine. Celle-ci est maintenant traitée au baln-marle, et remuée avec l'agitateur jusqu'à parfaite solution. Ensuite on dissout l'argent dans 7 drachmes (24*^*^,5), soit 5o*^*^ d'eau distillée, et on le verse peu à peu dans la gélatine, en remuant le tout fréquemment. Après quoi on ajoute 2 drachmes (7*^*^), soit 1 4*^*^ d'alcool, et 2 gouttes (4 gouttes) de la solution à 4 pour

(^) Gélatine blanche, parfaitement neutre.

(^) Eau de source et non eau distillée.

(•) Tous ces produits doiyent être très-purs, et l'ammoniaque doit être très-concentrée. Beaucoup d'insuccès ont été occasionnés par de l'ammoniaque faible ou éventée.

{*) J'ai fait, comme ci-dessus, la réduction au tant pour 100.

loo de bromure d'ammonium. On verse le tout dans une assiette creuse, où on laisse faire prise; on coupe ensuite en tablettes avec une bande de verre ; on met le tout dans un tamis garni dans le fond d'une toile fine, suspendu sous un robinet, auquel on a fixé une pomme d'arrosoir, et on lave pendant 6 heures au moins. Lorsque la préparation est égouttée, on la traite au bain-marie, jusqu'à ce qu'elle soit complètement liquéfiée, et alors on y ajoute de l'eau distillée (*) pour la porter à la quantité de 2 onces (no") (').

Je veux maintenant indiquer dans leur succession complète les détails de la préparation des glaces sèches au gélatino-bromure. Sur le dessus delà boîte à sécher se trouvent les objets suivants : la lanterne en bois au milieu (*), et à sa droite une caisse en fer-blanc pour l'eau chaude, recouverte d'une ou deux feuilles de papier buvard. Cette caisse est destinée à chauffer les glaces, si je dois en préparer de grande dimension ; les petites glaces ne demandent pas à être chauffées (*); à

( * ) Et de la bière par parties égales.

(') Cette préparation se détériore promptemcnt et ne se conserve pas plus de six heures en été. Il faut donc se hâter de remployer pour couvrir ses glaces.

(') La disposition des objets sur la boite-séchoir est modifiée comme il est expliqué plus haut {Jig' 5).

( ^) M. Kennett chauffe toutes ses glaces par le procédé suivant : il recouvre d'une glace de la dimension employée la caisse en fer-blanc remplie d'eau chaude et fait passer sur cette glace

droite encore se trouvent une petite veilleuse avec sa lampe allumée , un peu d'eau chaude dans la bouilloire 7 et le récipient en porcelaine bien propre, vide et prêt à recevoir Témulsion. J'insiste énergiquement sur ce point, qu'il faut masquer avec du papier noirci la lumière de la lampe. A gauche sont les glaces propres, un pinceau pour épousseter chaque glace avant de la couvrir de gélatine, une ventouse et un agitateur en verre dans un pot d'eau chaude (pour les grandes glaces seulement). Il est inutile d'insister sur l'importance de la propreté des glaces, mais je dois noter ici un avantage de ce procédé sur tous les autres procédés qui me sont connus, à savoir que les vieilles glaces à la gélatine doivent être simplement placées sous un robinet d'eau chaude, jusqu'à ce que la couche soit dissoute, ensuite rigoureusement rincées et polies avec de la toile et de la peau, sans autre soin. L'émulsion doit être filtrée au travers de la toile fine dans le vase en porcelaine de la veilleuse, et le filtre doit rester appuyé contre le bord du vase pour éviter les bulles dans l'émulsion filtrée. Si les glaces sont de petite dimension, on constatera, après un peu de pratique, que la gélatine se répand sur la glace aussi facilement que le coUodion, sans le secours de l'agitateur. Les

servant de couvercle chaque glace à préparer, pendant le temps qu'il faut pour poser la précédente et prendre le vase contenant rémulsion.

grandes glaces toutefois doivent être chaufiFées (sans quoi la gélatine se refroidirait et s'épaissirait), et on peut les couvrir ensuite avec la plus grande facilité, de la façon suivante : on verse avec le vase une certaine quantité d'émulsion d'un angle à l'autre du bord droit de la glace ; l'émulsion est ensuite chassée avec l'agitateur à l'autre bout de la glace, sans prendre soin, en aucune manière, de maintenir l'uniformité de la couche ; on rétablit cette égalité d'épaisseur en versant sur la couche un petit supplément d'émulsion, et l'on reverse l'excédant en appuyant un des angles de la glace contre le bord du vase. Les deux écueils qu'il faut éviter dans cette opération sont les bulles dans la couche ou dans l'émulsion, et l'excès d'égout*tage de la glace, ce qui donnerait un négatif trop léger et trop faible.

Toute la manipulation, qu'il s'agisse de glaces de grandes ou de petites dimensions, est très-facile et très-prompte , le principal point étant d'opérer avec une ventouse sur laquelle on puisse compter pour maintenir solidement la glace. Aussitôt que les glaces sont garnies du gélatino-bromure, on les place une à une sur les rayons bien nivelés, jusqu'à ce qu'elles soient toutes achevées ; on ferme les portes de la boite à sécher, on allume la lampe qui envoie sur les glaces un courant d'air chaud, jusqu'à ce qu'elles soient sèches (*).

(^) Après avoir fermé les portes de la botte-séchoir^ on laisse

Quant à la pose, on pourrait soutenir que la pellicule et les glaces rapides de Kennett sont, par une bonne lumière, vraiment instantanées. Rien ne peut surpasser les effets de nuages, les vagues et les vues de rues et lieux publics, prises par ce procédé ; et pour les portraits d'enfants, ce procédé est la perfection même.

La pellicule ordinaire est plus lente et comporte une grande latitude de pose. Par un beau jour du mois de janvier, j'ai exposé devant un objet bien éclairé six glaces, donnant à chacune des temps de pose différents : n*^* 1, lo secondes; 2, 2o; 3, 3o; 4, 4o; S> 6o; et 6, 120 secondes. J'ai développé avec une solution pyrogallique à 18' pour 100 d'eau, employant d'abord une goutte d'une solution d'ammoniaque concentrée pour 2 drachmes (7*^*^) de révélateur (*). Toutes montèrent à un degré suffisant, sans renforcement. Le n° 1 manquait de détails ; les n^^ 2, 4, 5 donnaient de beaux négatifs; len®3 (3o*) un négatif parfait ; le n° 6 ne valait rien par excès de pose. La lentille employée était l'objectif moyen -angle rectilinéaire de Dallmeyer, pour quart de plaque, et le

brûler la lampe qui fait tirage et fait passer sur les glaces un courant d'air froid. {Voir ci-dessus, p. 4»» note.) (*) Palmer parle ici d'une solution de :

Ammoniaque concentrée 6^<^

Bromure de potassium b^^

Eau 1 00**-^

diaphragme le plus petit des cinq. Les glaces préparées à la pellicule ordinaire exigent donc à peine plus de la moitié du temps de pose des glaces au coUodion humide.

Je ne puis conseiller à personne de s'écarter des conseils donnés par M. Kennett, quant au développement et à la manière d'y procéder. Cependant, dans ma pratique personnelle, je préfère, après avoir bien lavé la glace jusqu'à ce que Teau coule partout sur la surface, la recouvrir un instant d'une solution d'acide pyrogallique, à i pour loo d'eau distillée, et faire sortir l'image avec une goutte de la solution d'ammoniaque du révélateur, en ajoutant graduellement et avec précaution de la solution d'ammoniaque, jusqu'à ce que Timage ait acquis une vigueur suffisante. S'il est nécessaire de renforcer, aucun agent ne peut être comparé, sous le rapport de la sûreté et du résultat, au chlorure de cuivre ; le négatif est placé dans un bain de chlorure de cuivre (le titre de cette solution paraît avoir peu d'importance), jusqu'à ce que l'imageait disparu, puis, après un lavage abondant, un fort révélateur alcalin fait monter l'image à quelque degré d'intensité que l'on désire ; j'emploie pour cela i drachme (3*^*^,5) d'une solution d'ammoniaque concentrée à 6 pour loo d'eau pour I once (28*^*^,4) d'acide pyrogallique à i^"^ pour 100 d'eau distillée.

La règle essentielle du développement de ces glaces est celle-ci : « Donnez-leur de l'eau en

abondance » . Presque tous leurs défauts viennent d'un lavage insuffisant. Je n'ai trouvé aucun avantage à noircir l'envers des glaces à la gélatine^ excepté lorsqu'on veut prendre des vues d'intérieur. Pour ces dernières, il est absolument nécessaire de le faire si l'on veut éviter l'auréole de lumière autour des fenêtres, etc.

Et maintenant je tire de mes explications cette conclusion (qui sera, je l'espère, pour ceux qui ont été assez bons pour me suivre jusqu'au bout, une compensation à la fatigue et peut-être à l'impatience qu'ils ont pu ressentir) que j'ai sans doute encouragé quelques personnes à mettre de côté leur collodion et tout le tracas de leurs bains importuns et solutions, pour essayer la gélatine.

Depuis cet article, on a découvert qu'en substituant la bière à l'eau, dans la préparation de l'émulsion, on peut obtenir, avec les négatifs à la gélatine, plus de brillant et une plus grande perfection.

De quelques insuccès du procédé à la gélatine bromurée

( gelatino- bromide process ) , par R. Kennett (\].

Les nombreuses questions que je ne cesse de recevoir au sujet de ce procédé démontrent qu'il occupe plus que jamais ï'esprit au moins des photographes amateurs. On ne peut s'en étonner quand on songe à sa surprenante rapidité et à l'extrême finesse de l'image obtenue ; mais, comme toutes les choses nouvelles, ce procédé, entre les mains de quelques-uns, ne réussit pas, faute d'une connaissance exacte des conditions de son emploi. Je me propose aujourd'hui de donner des renseignements sur plusieurs points d'où proviennent, je pense, les insuccès.

Comme j'aurais besoin de trop d'espace pour entrer dans l'exposé de la fabrication de la pel-

(i) The British Journal photographie almanae, p. 88 et suiv.;

licule et de rémulsion, je supposerai que cela est fait et je vais commencer par l'opération de couvrir la glace de Témulsion, opération qui, avec le collodion, est une difficulté pour beaucoup de personnes. Ici point de difficulté à redouter, et dans le procédé à la gélatine rien n'est plus simple ; mais, avant d'aller plus loin, je voudrais dire quelques mots de la partie la plus délicate que j'aie jamais rencontrée dans tous les procédés, j'entends le nettoyage des glaces.

On a toujours regardé la propreté de la glace comme l'un des points les plus essentiels en Photographie et, par la faute d'une glace insuffisamment propre et mal nettoyée, bien des négatifs ont été absolument mauvais et nuls, ou tout au moins imparfaits. Que pensera-t-on quand je dirai qu'une glace peut être trop nettoyée ? Je ne veux pas qu'on entende par là que j'emploie des glaces sales, mais bien que, dans le procédé à la gélatine bromurée, le nettoyage des glaces ne demande que -^ du temps exigé par les autres procédés : cinquante glaces 8 7 X 6-j ( *) peuvent être suffisamment nettoyées en une heure et les négatifs n'auront aucune tache ni souillure. Il suffit de prendre sur un vieux linge en toile un peu de tripoli sec, d'en frotter la glace sur laquelle on a préalablement halé, et l'opération

(*) Mesure anglaise correspondant à 2iS 6x i6*,5; c'est la plaque entière anglaise, sensiblement moins grande que la nôtre i8xa4).

est terminée. Non-seulement cela suffit, mais je pense que cela est préférable aux acides, alcalis, vieux coUodions et à tous les procédés employés pour le nettoyage des glaces.

Nous allons maintenant passer à la difficulté n** 1 . N'essayez jamais de recouvrir de gélatine bromurée une glace froide ; même au plus fort de Tété je chauffe ma glace. Chauffez-la seulement assez pour en chasser le froid. Si vous vous serviez d'une glace froide, l'émulsion serait probablement refroidie avant que vous eussiez obtenu une couche bien égale et sans différences d'épaisseur ; si la glace était trop chaude, la couche se détacherait des bords et formerait des stries.

Quand la glace est couverte de gélatine bromurée, laissez-la sécher à plat sur un support parfaitement de niveau ; pour cela il n'est rien de mieux selon moi qu'une feuille de verre bien unie. En refroidissant, la couche de gélatine bromurée fait prise, et, une fois qu'elle est bien fixée, les glaces peuvent être remuées, si l'on veut, sans crainte aucune de taches provenant du séchage ou de toute autre cause.

Supposons maintenant la glace sèche et ayant posé. On a beaucoup écrit sur le point de savoir ce qui est préférable du carbonate d'ammoniaque ou de l'ammoniaque liquide. Mon avis, après vingt années d'expériences avec les deux substances, est que Tune est tout aussi bonne que l'autre. Je me suis toujours imposé cette règle que de deux

choses, dont Tune n'a aucune supériorité sur l'autre, il faut employer celle dont Tusage est le plus simple et le plus commode. J'emploie donc l'ammoniaque liquide, parce que j'en puis préparer en quelques minutes autant que j'en désire, tandis qu'il faut plusieurs heures pour préparer le carbonate.

En développant vos glaces par un temps chaud, n'employez jamais avec une solution pyrogallique toute la dose d'ammoniaque et de bromure ; car, le développateur agissant énergiquement par les temps chauds, vous voileriez très-probablement votre glace si la pose a été suffisante. L'image ne doit pas mettre moins de trente ou quarante secondes à paraître ; si elle paraît plus promptement, versez votre révélateur de la glace dans le verre, lavez la glace et affaiblissez avec un peu de solution pyrogallique votre*liqueur révélatrice. Si celle-ci se décolore rapidement, cela indique que vous avez mis trop d'ammoniaque ou que votre acide pyrogallique est de mauvaise qualité ; si vous laissiez ce révélateur sur la glace, il la teindrait en brun, ce que quelqijes personnes appellent red fog, voile rouge, et cela provient généralement d'un acide pyrogallique de mauvaise qualité ou préparé trop longtemps d'avance ; il vaut mieux n'en préparer que la quantité nécessaire et au plus quelques heures à l'avance.

Il y a aussi une autre tache qui se produit dans le développement: elle se manifeste plus particulièrement dans les ombres et est d'un vert-pour-

pre. C'est là la couleur caractéristique de Tammoniaque, et cette coloration provient de ce qu'on a voulu pousser avec une trop forte dose d'ammoniaque une glace qui n'a pas assez posé.

Ces deux insuccès peuvent, dans la plupart des cas, être évités en employant un peu de bière, environ 1 drachme (3*^*^,5) 'par once (28*^°, 4) de solution révélatrice, soit 8 à 10 pour 100 de bière.

J'emploie pour cet usage de la bonne bière, mais il faut s'assurer qu'elle n'est pas aigre. Un autre avantage de la bière, c'est que vous obtenez plus de vigueur et que vous pouvez employer plus d'ammoniaque et d'acide pyrogallique.

Si vous désirez renforcer avec l'acide pyrogallique et l'argent, il vaut mieux le faire après le fixage et alors vous pouvez renforcer au jour. Là encore notre vieil ami, la bière (*), vient à notre secours, car il agit avec l'argent exactement comme avec l'ammoniaque et l'empêche de tacher la couche dans les ombres. En employant la bière dans le renforçage, vous donnez à votre négatif un magnifique éclat et tant de brillant qu'il est difficile de distinguer le côté garni de gélatine de l'autre côté de la glace. Je suis certain que ce pro-

(*) On a essayé de la bière dans le bain où Ton fait tremper la glace avant le déTeloppement, mais ce procédé est condamné. Au contraire, la bière agit très-heureusement dans le révélateur ; l'image vient moins rapidement, mais on obtient dans les clairs une profondeur et dans les ombres une transparence très-remarquables.

cédé de renforçage conviendrait tout aussi bien à une glace coUodionnée aux autres procédés humides ou secs.

Il est une chose que je veux tout spécialement recommander aux personnes qui emploient des glaces préparées à la gélatine bromurée : c'est de n'user dans aucune des opérations (*) de ce procédé d'eau de pluie ou d'eau distillée ; ces eaux ont été la source de nombreux insuccès sous forme de stries ou d'ampoules sur la couche. L'eau de source ou de puits doit être seule employée dans toutes les opérations et il faut qu'elle soit en été aussi froide que possible. Ceux qui, comme moi, habitent Londres ou quelqu'une des grandes villes où les eaux sont distribuées par des compagnies spéciales trouveront généralement ces eaux bien appropriées à leurs opérations. Si cependant il y avait tendance à des stries, quelques, grains de sulfate de magnésie (sel d'Epsom) dans une grande cruche d'eau les arrêteraient immédiatement.

J'espère que ces quelques avis rendront service à ceux qui ont rencontré les difficultés que j'ai énumérées et préviendront toute nouvelle déconvenue dans leurs nouveaux essais du procédé à la gélatine bromurée.

(*) Sauf pour la solution pypogallique.

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