Le procédé Rawlins à l'huile
Si l'on songe que rimpression aux encres grasses, la Photocollographie, est connue depuis Poitevin, on peut s'étonner que le Procédé dont traite ce livre ne soit pas né depuis longtemps ; car ce n'est autre chose qu'une collographie sur papier. Il suffisait évidemment que Vidée en vînt. Elle est venue à M. Rawlins et nous lui en devons une grande reconnaissance , car le Procédé « à l'huile » est à coup sur plus riche et plus souple qu'aucun de ses devanciers : il nous apporte vraiment des ressources nouvelles.
Les essais de M, Rawlins datent d'environ trois ans. Ses premiers encrages furent faits au rouleau; puis au rouleau succéda le pinceau pochoir. L'usage de ce dernier instrument permettant un encrage local, par suite un contrôle personnel, le procédé devenait intéressant pour nous. Nous connaissions son existence, mais il exigeait, affirmait-on, des encres et des papiers spéciaux, dont l'inventeur ne se déclarait pas encore pleinement satis-
fait. Bref, il n'avait pas encore franchi le canal, an printemps 1906, au moment oà mon collègue, M. Demachy et moi, achevions d'écrire « Les Procédés d'art en Photographie ». // nous parut cependant indispensable de parler, dans ce livre, d'un procédé qui s'annonçait plein de ressources. M. Demachy se chargea des premiers essais qui, exécutés d'abord au moyen des encres et des papiers spéciaux de M. Rawlins, furent ensuite poursuivis au moyen des papiers double transfert et des encres lithographiques du commerce. Un chapitre des « Procédés d'art y> fut écrit à la suite de ces études.
Depuis, le « Procédé à l'huile » a fait son chemin. Le nombre croit, tous les jours, des amateurs qui l'ont adopté ; j'ai fait moi-même des essais nombreux et exécuté des centaines d' épreuves. Les méthodes exposées ici en détail ont donc été contrôlées par une pratique déjà longue. Elles sont simples, car on ne saurait trop le dire, le procédé est d'une conquête facile, et il est, de plus, amusant ; aussi, je ne doute pas de sa fortune.