I. D., est
ufresne a s complèfaire. Je blessures ces blese de vivre r Ja force utre, est asser-
ns le mois alié à La- IcClaughà Lapraihabitants.
qu’un hamilles, en anot. Le n individu près de la au de pain.
omme qui oyai ; ainsi nes dans le on, afin de cela, nous euve, entre
d du rivage ge de l'ile,
d'un côté te du vaste nt, du côté que deux r, En ap- ‘econnu son je demandai ls s'étaient
—— de l’endroit où j'étais en ce moment.
CE
En jee
procurés ce canot. [ls répondirent que ce n'étaient pas de mes 5... .affaires. Après avoir amené ce canot à terre, ils ont dit qu'ils l'avaient emprunté d’un homme, dont il so fit donner la description, qui correspondait avec le portrait photographié du prisonnier. Comme j'arrivais au rivage, je vis un homme qui était couché sur le rivage à vae dizaine de verges Je sortis mon revolver et je dis à l’autre policeman d’armer le sien.
J’approchai, mais je vis que ce n’était pas l’homme que je cherchais. Je vis alors deux hommes se diriger du côté du pont du Grand- Tronc ; ils étaient à environ 500 verges en avant de moi. Je demandai aux enfants si c'étaient là les gens qui leur avaient donné le canot, Ils répondirent que c'était celui qui se trouvait le plus près de la clôture d'environ douze pieds de haut qui entoure le Grand- Tronc.
L'homme qui m'était indiqué marchait alors. J'étais trop loin pour apercevoir les traits de cet homme ou le reconnaître. Pendant que je demandais la discription aux enfants, l’homme en question disparut en passant par une ouverture qu'il fit dans la cloture en bri-
- sant le bas d’une planche.
Je requis alors l’un des enfants et l’homme de police de faire attention à l’endroit par où l’homme était passé, pendant que moimème je suis monté sur la clôture, pour voir dans la cour avoisinante.
La cour s’ajourne à quatre heures. La galerie a été remplie de dames toute la journée. Plusieurs sont là depuis l'ouverture de la Cour. Elles y ont pris leur collation, tout comme les rapporteurs, condamnés par leur Ft à ne pas perdre un mot des témoigna-
ER l'on dira que les femmes sont curieuses et que les rapporteurs sont paresseux! Pour notre part, nous avouons tout au moins un sentimeñt de reconnaissance pour celles qui reposent notre vue, et sont là comme des fleurs — dans un lieu triste et sombre,
Montréal, 30 sept. 1865.
Barreau a l'air un peu plus grave et réfléchi. Il mastique toujours quelque chose comme du jujube, Son visage est un peu mcins coloré. Du reste, tel qu’il est là il a plutôt l’apparence d’un témoin que d’un accusé, Il est impossible
qu’un homme paraisse plus à son aise, sous de telles circonstances.
La galerie est encore remplie de dames ; quelques-unes ont assisté aux deux séances précédentes.
Examen de Edward Eoright continué :
Je ne trouvai pas la personne dans la ceur et ceux à qui je m’adressai ne purent me donner auour renseignement. Je continuai alors à longer la cloture jusqu'à l'endroit où je supposais que la personne l'avait traversée. Il y avait près de la clôture une pile de planches. Le jeune garçon avec qui j'étais et moi, nous regardames sous les planches, pensant qu’ua homme y pouvait être caché. Le jeune garçon aperçut un sac d’argent, et au meilleur de ia connaissrnce je dis: en voici un autre. Le jeune garçon me donna le sao qu’il avait vu, et je ramassai l’autre. Les deux sacs maintenant produits sont ceux qui ont été tro” *s, je les ai marqués.
«* .e trouvai pas le prisonnier. Le trente de mai au matin, j’allai avec un des sergents de la police riveraine porter les sacs d’argent à la maison du Col. Ermatinger ; nous comptâmes l’argent et trouvâmes dans l’un des sacs cent dix dollars et soixante-et-quinze et demi dans l’autre, et je remis moi-même l'argent au grand connétable le même jour. Les cent dix piastres contenus dans l’un des sacs étaient surtout en piècns américaines de cinquante cents, Dans l’autre sac, les pièces étaient en grande partie anglaises et des trente sous américains. Il y avait aussi une dizaine de cartouches de dix piastres.
Alfred Gariépy, commis receveur, de la Banque d'Epargnes, des cité et district de Montréal, est assermenté et dit :
Le 31 mai dernier, jai reçu huit anciennes pièces d’or de cinq piastres. Ce sont celles qui me sont exhibées, ce sont toutes des pièces américaines. J'ai reçu çes pièces d’une personne se nommant Louise Lozeau (au lieu de Loiseau) et je les ai remises le lendemain au grand connétable, en présence de la dite Louise Lozeau, qui m’en a donnée un reçu.
Norbert Senécal, jeune homme de Laprairie, est assermenté et dépose :—
J'ai trouvé un pistolet à environ un mille de la maison de M. Moquin, dans la direction est, près des Pointes de bois.
C’est le 23 août que j'ai trouvé ce pisto-
let. C’est le même pistolet qui m’est montré maintenant. Je l’ai remis à M.
Bissonnette. Je l'ai trouvé dans uu champ.
Il n’étail pas chargé.
On voit que ce pistolet est resté sur la terre ou dans un endroit humide pendant quelque temps.
Isabella William, est appelée et assermentée C est une fort jolie personne.,et ne porie pas d’une manière très évidente, à première vue surtout, les marques distinctives des femm:s de sa triste position.
Elle dit :
Je demeure rue St. Nicolas Tollentin.
(Barreau sourit en la regardant) Je Pai vu dans la maison où je reste, à la fin du mois de mai. (Elle regarde Barreau, dit qu’elle le reconnaît; leurs regards se reucontrent, et une très légère expression de bienveillance se voit sur les visages du témoin et de l’accusé). J'ai entendu parler du meurtre de Laprairie le jour avant qu’il est venu. Il a passé la nuit à la maison. J'ai pris un verre de vin avec lui, et je ne lui ai pas vu d'argent.
Elise Champagne est appelée et assermentée. Elle mastique délicatement—si cest possible—de la gomine. C’est une brune, canadienne, très passable et mise proprement et avec élégance.
Elle dit:
Vers la fin de mai, elle demeuruit avec le dernier témoin, chez Louise Loiseau, dans la rue St. Nicolas Tollentin. J'ai vu le prisonnier après avoir entendu parler du meurtre de Laprairie ; je ne me rappelle pas le jour; mais c’est le lendemain du jour où j'ai entendu parler du meurtre. Le prisonnier u passé la nuit avec Eliza Hunt,
Transquestionnée : Barreau n’était pas pris de liqueur, Ia maison où je demeure est une maison publique.
En entendant cela, Barreau rit, comme hier, en s'appuyant le coude sur le bord de Ja barre et en cachant son rire avec su main appliquée sur sa bouche.
Le témoin continue : La maison où je demeure a souvent été visitée par la police.
Elizabeth Nicholson est assermentée .
Dans le mois de mai,
Je suig modiste.
je ne puis dire si c'était au commencement ou à la fin de ce mois, je reçus une pièce d'or américaine de $5, c’est-à-dire que la jeune fille qui sert de commis l’a reçue et je lai vue ensuite dans son tiroir à urgent.
Ceci est arrivé après le meurtre de Laprairie. J'ai donné cette pièce au grand connétable, La pièce qni m'est montrée ressemble beaucoup à la pièce en question. Le nom de la jeune fille qui l’a reçue est Jessey McKay.
Transquestionnée: Pouvez-vous dire que ce soit la mème pièce d’or ?—Je puis seulement dire qu’elle lui ressemble beau-
coup.
Honry Morgan, écuier, marchand, rue MeGill, est assermenté et dit :
Vers la fin de mai j'ai reçu trois vieilles pièces d’or américaines ; le meurtre de Laprairie avait alors eu lieu. Je reconnais ces pièces d’or ; elles sont les mês mes, j'en ai marqué une. J’aireçu cee pièces d’or de deux personnes du sexe- ; je ne pourrais les reconnaître, car je ne les ai vues que lorsqu'elles sont sorties.
William Harper est assermenté et dit :
Je travaille chez M. Boyd, armurier, rue Notre-Dame. J’ai vu le prisonuier le 21 ou le 22 mai dernier, au mavasin de M. Boyd, où il est entré. Quand l'accusé vint au magasin, il me montra un revolver fait par Romington and Son, de l'Etat de New York. Le nom d’Ely est sur le canon du pistolet. C’est le nom de l’endroit où il a été fait. Le pistolet était enveloppé dans un mouchoir. Les mots suivants sont aussi gravés sur le pistolet : patented 14 September 1853,
Les chambres n'étaient pas dans le pistolet quand il l’a apporté et l’uccuse a demandé qu’un moule fut fait pour faire des balles pour son pistolet. Je lui dis d’emporter les chambres du pistolet, afin que je puis voir de quelle grandeur devait être le moule. L’accusé est revenu le lendemain; je lui ai préparé un moule, et il est parti en l’emportant.
Je crois que ce pistolet m’est mon:
tré est le même. J’y lis la date que j'ai donnée: Ely 14 september 1858, Mais je ne puis jurer positivement que c’est le
même pist
-. au moyeu
tes pareille trée convi balles tro:
trouvée pa trée en ce pistolet.
Je mer si acheté t meilleure adaptées & Je revis la matinée Il portait t réparer. .
prêt pour !
verser da sais de qu le fusil et les fusiis r affaires du si le je noire qu’il vant me p il pouvait rait à se fa La Cou minutes, j!
respect po doit prêtel vincial.
La séan ce à une h L'Hon.
gauche du ussister so] tume, Ee témc questionne Je suis 1 barre des afin d'em} charge à | Le témc et expliqu telligence telligence fonctionne de la défe:
qu’il est p et l’organi
nmence- >çus une st-à-dire mmis l’a son tiroir
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us dire -Je puis ble beau-
and, rue
is vieileurtre de Je reconles mês reçu ceo sexe- ; Je e ne les les.
éet dit :
armurier, risonuier LU mava- . Quand e montra and Son, un d’Ely st le nom : pistolet où. Les >s sur le 1858, ins le pisuse à der faire des dis d’em- afiu que ur devait revenu le in moule,
n’est mon:
e que j'ai 58. Mais 1e C’est le
nids
même pistolet, car ces armer :0 1 faites au moyeu de machines, et elles ::...: toutes pareilles. La balle qui m’esi montrée convient au pistolet; c’est une des balles trouvées dans le sac. La balle trouvée parles médecins et qui m’est montrée en ce moment s'adapte aussi à ce pistolet.
Je me rappelle que le prisonnier a aus-
si acheté trois quartrons de poudre, de la
meilleure qualité,et une boîte de capsules adaptées au pistolet.
Je revis le prisonnier le 27 de mai,dans la matinée. Il est entré dans le magasin.
Il portait un fusil, il m'a demandé de le réparer. [l m’a dit qu’il voulait lavoir prêt pour trois heures, afin qu’il put traverser dans le bateau à vapeur. Je ne sais de quel bateau il parlait. Je réparai le fusil et je le mis à l’endroit.où on met les fusiis réparés. Ayant à sortir pour les affaires du mugasiu, je dis à M. Boyd que si le jeune homme e la moustache noire qu’il avait vu quelques jours auparavant me parler dans le magasin, revenait, il pouvait lui donner le fusil, et qu’il aurait à se faire paÿer une piastre.
La Cour s’ajourne à midi moins quinze minutes, jusqu'à une heure et demie, par respect pour la cérémonie du serment que doit prêter à midi l’Administrateur provincial.
La séance ajournée à midi recommence à une heure et demie.
L’Hon. juge Drummond est assis à la gauche du juge Aylwin, mais non pour assister son collègue, il n’est pas en costume.
Le témoin William Harper est transquestionné:
Je suis un ouvrier armurier. Il ya une barre de sûreté entre chaque cheminée, afin d'empêcher l’explosion de plus d’une charge à la fois.
Le témoin montre le pistolet au jury et explique avec une précision et une intelligence hors ligne,—une véritable intelligence d’ouvrier—la manière dont fonctionne ce pistolet. De son côté l’avocat de la défense montre par ses questions qu’il est parfaitemeut familier avec le jeu et l’organisation d’un pistolet. Le fait est
que l’avocat et le témoin sont les deux hommes les plus sûrs d'eux-mêmes, et à juste titre, que nous ayons encore vu devant une Cour de justice.
Le témoin dit pendant que nous traçons ces lignes :
Les pistolets Colt ne font explosion que lorsque l’on laisse des trainées de poudre près des cheminées ou lorsqu'on ue se sert pas des capsules Colt. La poudre que J'ai vendue à l'accusé était de la poudre no. 3 et n’était pas la plus fine en conséquence. Ayant entendu parler du meurtre de Laprairie dont le prisonnier était l’accusé, je cherchai à me rappeler tout ce qui s’était passé,et depuis ce temps jusqu’à hier je n’y ai pas pensé.
Le prisonnier m’a dit qu’il voulait tra verser au Sault, je ne sais pas de que Sault il parlait, 11 y a beaucoup de Saults (ou sots—le qui proquo fait sourire les gens qui se piquent de se connaître en l’espèce). Le bateau de Laprairie traversait alors à quatre heures. J’ai cru comprendre qu’il parlait des Rapides.
La raison pour laqueile je me rappelle tout ce que ma dit le prisonnier, c’est que lorsqu'il m'a remis le pistolet, il m’a dit qu’il l’avait eu à l’armee américaine, et qu'il avait capturé le drapeau confedéré et que dix-huit balles avaient traverse ce drapeau comme 1l se sauvait avec son trophée.
M. Clarke : Vous êtes là pour dire la vérité et c’est au moins là une partie de la vérité?
Le prisonnier regarde le jury, et à l’air d’espérer que cette partie du témoignage lui sera favorablement comptée.
Le témoin continue : Je crois que c’est dans le Herald qne J'ai vu pour la première fois le uom de Barreau, et j'ai dit à M. Boyd que je croyais que c’était là le nom de la personne, savoir l’accusé, que j'avais vu une journée auparavant.
Le lendemain et le surlendemain, le chef de police est entré au magasin et m'a montré une photographie en disant qu’il était à la recherche de cette personne, Je reconnus que c'était la photographie de la pprsonne pour laquelle j'avais fait un moule à balle. J’ai répété au
J'avais laissé quatre hommes en
dehors avec l’ordre de ne laisser sortir per-
Hibbard me fit monter à sa chambre.
uverte. La lampe brûlait, Je
la couverture du lit était dé-
dai dans lit: il n’y avait
dai sous le lit et je n’y vis Je courus à la seconde
t ne trouvai personne, puis je passai
chef de police, en présence de deux personnes, la déclaration que je viens de faire. Je n’ai jamais rexété cela à persot ne, avant aujourd’hui, excepté au sous chef de police McClauglin, lorsque celuiciest venn me chercher hier.
Réexaminé. — [es capsule vendues au prisonnier étaient des capsules de Colt. Quand l’accusé vint chez Boyd,
La porte était Ô m'aperçus que
s que j'ai personne. Je regar personne non plus.
l'argent sais oblig arrêté je per tont Hibbard et une je un jonc « reconnais Voici ur
7 dans les
dans une troisième chambre où je ne vis rien abord ; mais ayant remarqué une armoire, gris la porte et je trouvai Barreau en Il venait évidemment de Je lui dis de s’habiller pour Je le gardai daos la chambre où êté et j’envoyai chercher ses ha-
hambre à coucher qu'il avait oc-
tanislas Bar-
il me dit que son nométait S avais vu son d’
reau etil me demanda si } nom sur les journaux, lorsqu'il avait pris le drapeau des confedérés.
Le témoin reçoit l’ordre chambre du pistolet, vû qu’i de le faire sans les instruments or et de revenir à la Cour.
Joseph Beauvais, journa est assermenté et dit :
J’ai retrouvé un porte-mantea grange chez M. Moquin, le 1 manteau n'appartient à aucun la famille de M1. Moquin.
Robert Shannon House, Kingston, est assermenté et
Je sus celui qui ai arrêté | l’assistance de mes hommes. © 4 juin dernier, que j'ai arrêt entre 11 heures et minuit, chez un Hibbard, qui occupe dedans des limites de la ville, mille et derai de l'hôtel de ville. Ver heures du soir la veille
chemise, debout.
d’aller ôter la sortir de son Lest incapable me suivre.
dinaires, je l'avais arr bits dans la ©
lier, de Laprairie, cupée, et je dis à l’homme de police d’apporson porte-manteau. Barreau s'habilla je l'avais arrêté. Je s les habits qui me sont montrés comnt ceux que Barreau a alors mis.
le pantalon carotté par carreaux verts et l’habit de chasse brun).
mé MeCauley, homme de police, bourse de chamois, je reconmes initiales se trouvent en qu’elle contient sont
es qu’elle contenait, lors- E l’a montrée.Je montrai cet-
et lui demandai à qui
Il me dit que c'était avait reçu à Québec,
u dans la alors dans la chambre où
0 juin. Ce portedes membres de me éta
chef de police de et noirs,
e prisonnier, ave0 ayant trouvé une est le dimanche nais cette bourse, é le prisonmer dedans.
nommé les mômes que cell onen que McCauley mo à environ un te bourse au pr s neuf cet argent appartenait.
rgent, et qu'il l marchand de bois pour le
Les pièces d’or
la dernière mais
june personne est venue 80h à à ma maison et m’a dit qu'il y avait un franui était arrivé par le train du matin tr Montréal.Hibbard vint à ma maison
or etilme dit qu'il yavaitun € ntré une quantité é filie dans la maison, 'était de l'argent contre- lui appa” or et je lui dis ous nous dimes cage, qu'il venai lait dans le Hautl'avait été dans l’armée et s’il avait connu m de Moquin à Laprairie, et Je lui dis ‘ attention !” L prit de suite la position militaire, en 8e Comment pouveztendre que vous n’avez pas étè dans
Je fis une recherche dans le sac de voyage ièces françaises enveloppées de papier etenveloppés dans accusé dit que cet argent là
t. je trouvai les p d’or et dans un morceau et une chemise.
ave une pièce d’ homme qui avait mo d'argent à une jeun qu'il supposait que € J’examinai la pièce d” que jela croyais bonne. N alors quo si cet argent était faux sonne là était probablement venue pour le faire changer, et comme ce là venait de Montréal, nous pensâmes que ce n êtrele meurtrier de Laprairie.
N'ayant pas de warrant,j3 ne sav Enfin, je partis avec sept dis chez Hibbard, à qui je demandans là maison.
sonnier me dit qu’il était t de Québec et qu’il s’en al- Je lui demandai à Kingston g'i tte personne une famille du no me répondit que non.
ais trop redressan hommes vous pré Je jugeai par la date des pièces d’or et par
dai s’il y avait uu français qu’il était couché les autres circonstances que ce
Hibbard me dit que oui, et
contenait Je re sant qu'i J’envoya porta un de coule qu’elle | sofa.
Je n’ai j ‘en questi Barreau je les pr qui était son d'Hi par mes était l’au mis à La pour lui = ces, et q séquence au serge!
menottes jusqu’à c vint alor toute déc je n’avai ment à c pas obter - rait l’inc Barre:
constanc:
“ J'ét à la ma servante ensuite | sur l’auti ai pris le pas rem Pintentio alors da trouvait colre q
rouvent en ntient sont =
t homme de qu'il s’en al lui demandai avait connu Laprairie, et ‘ attention !”?
litaire, en 8e ent pouvez:
pas été dans
vrai dar PPT
es d’or et par
l'argent de Moquin et je dis à l'acousé ; Je sais obligé de vous retenir! Après l'avoir arrêté je dis à Hibbard qu'il devait me donner tont ce qu’il avait reçu du prisonnier, Hibbard me remit alors un $5 qu'il avait reçu, et une jeune fille qui se trouvait là me donna un jonc qu'eile avait reçu de l’accusé. Je reconnais maintenant cette pièce et ce jonc.
Voici un petit portefeuille, que j'ai trouvé dans les habits de Barreau. Ce portefeuille contenait une pièce de $5.
Je reçus une lettre de M. Schiller, me disant qu'il devait y avoir un autre $5 d'or.
J’envoyai un agent de police, qui me rapporta un $5 d’or que lui avait remis une fille de couleur du nom de Jackson, en disant qu’elle l'avait trouvé en balayant sous un sofa.
Je n’ai jamais parlé au prisonnier du meurtre ‘ en question, mais il m’en a parlé lui-même. Barreau était aux soins de deux hommes et je les précédais en me dirigeant vers un cab, qui était à environ 50 ou 60 verges de la mai. son d'Hibbard. Il n’y eut pas un mot de dit par mes hommes avant qu’il m’eut dit qu'il était l’auteur du meurtre qui avait été commis à Laprairie. Il me dit qu'il était inutile pour lui de rien cacher, sous ces circonstances, et qu’il savaitiquelles en seraient les con. séquences. Je donnai immédiatement l’ordre au sergent de police de lui mettre de suite les menottes. Barreau ne m’a rien dit de plus jusqu’à ce qu’on fut entré dans le cab. Il devint alors très communicatif. Je lui dis que toute déclaration qu’il ferait sérait volontaire, je n’avais pas de question à lui faire relativement à cette accusation, et que Je ne désirais pas obtenir de lui aucune déclaration qui pour- - rait l’incrimininer, Barreau me rapporta alors toutes les circonstances, comme suit :
“ J'étais parti pour la chasse et j’arrétai à la maison de M. Moquin. 4e connaissait la servante ; elle ma donné à manger. J'ai tus ensuite la plus âgée des filles ; j'ai aussi tiré sur l’autre fille, et je la crois morte. Je lui ai pris le bras pour l’amener à moi et elie n'a pas remué, je l'ai cru morte. Je n'avais pas l'intention de tuer l'enfant, Je ne rendis alors dans une chambre À coucher où se trouvait l’argent de M. Moquin, je brisai le colire qui contenait l'argent, je pris la petite
boite où se trouvait l’argent et qui était dans e coffre, je me sauvai avec ; je l'ouvria en la brisant, et je gagnai les bois, après avoir jeté mon revolver.
Je me rendis ensuite au rivage où je trouvai un vieux canot qui prenait l’eau, et dans lequel je traversai à l’île des Sœurs, après avoir failli me noyer, à cause du courant qui est très fort et de l’eau que faisait le vieux canot, Lorsque je fus rendu de l’autre côté, je fus poursuivi, je me sauvai par une ouverture dans une clôture et je laissai là deux sacs d'argent que je ne pouvais porter. Te restai caché dans le voisinage pendant toute la nuit. Le lendemain j'entrai dans la ville et je vis un récit du meurtre dans les journaux. Je crus qu’il n’était pas prudent de rester à Montréal. Je partis pour Lancaster, marchant la nuit et me cachant dans les bois pendant le jour. Je fis une partie de ce trajet en voiture, En arrivant à Lancaster, je pris les chars et je me rendis à Kingston. Je savais que M. Moquia avait de largent et quand j’allai chez lui c'était dans le but de m’emparer de cet argent.
Avant de partir de la maison je mis le feu à deux endroits.”
Subséquemment j'ai entendu Barreau faire nn rapport semblable de cette affaire. Je jure positivement que le prisonnier m'a fait cette déclaration sans aucune promesse ou menace de ma part,
Pendant ce récit si compromettant, Barreau semble ressentir quelqu'inquiétudo du moins aux yeux de ceux qui n’ont cessé d’examiner sa contenance. Au reste, quelqu'un qui n'aurait pas encore vu le prisonnier, lui trouverait la contenance la plns sûre. On dirait tout au plus qu’il est attentif,
Il ext quatre heures lorsque la Cour s’ajourne, jusqu’à lundi matin, à dix heures.
Une foule nombreuse, composée de quelques personnes qui n’ont pu encore voir Barreau, et de beaucoup de gens qui n’ont cessé de le regarder depuis trois jours, stationne à la porte du Patais de Justice, attendant que l'accu-6 passe, pour satisfaire leur insatiable curiosité.
Montréal, 2 octobre 1865.
Fa foule est moins compacte ce matin, et l'intérèt semble être moins considérable, Les dernières dépositions semblentaroir convaincu le publie que la cause n’est susceptible que
mr
d’un seul résultat et que ce résultat doit être défavorable à Barreau.
Barreau est un peu plus pâle, il mastique toujours des sucreries ou du jujube,
La galerie des dames est remplie.
Les petits jurés, qui ne sont pas occupés dans ce procès, sont appelés, puis déchargés.
Le Chef de Police de Kingstou, M.
Sbannonhouse, est rappelé et l’avocat de la Couronne déclarunt son examen en chef clos, le témoin est transquestionné et répond comme suit :
Loin d'avoir menocé le prisonnier ou de lui avoir fait des promesses, je Pai mis sur ses gardes. Barreau a répété la même déclaration plusieurs fois, une fois entr’autres devant un nommé Quinn et un uommé Bennett, tous deux hommes de police. Lors de sa dernière déclaration, le recordaire de la ville de Kingston était présent.
M. Clarke dit qu'il n’a rien de plus à demander. Je dois ajouter cepeudant, dit M. Clarke, que M, Shaunonhouse s’est conduit dans toute ceite aflaire, de mu nière à wveriter les plus grands éloges,
James Hibbard, de Kingston, est assermenté et dit :
Vers le commencement de juin, accusé est arrivé chez moi entre cinq et six heures du matiu, un dimanche. Je ne lai pus revu jusqu’après déjeuner. Îl est reste a ma maison jusque vers dix heures du soir.
L’accusé à dépensé de lPargent chez moi.
Une fille du nom de Sarah Dwyer m'a apporté une pièce américaine de $5, de 1812, pour la changer. Lorsque j'ai vu la date de cette pièce, j'ai pensé qu’elle pouvait être fausse. J’ailai voir un ami et je le consultai à ce sujet. 11 me dit qu’il pensait, d’après le poids, que cette pièce était bonne; et que, à en juger par la date, ce pourrait bien être une des vieilles pièces volées dons l'affaire de Laprairie.
J’ai dit alors à la fille de faire attention à cet homine.
Transquestionné :— Je tiens une taverne sans licence. Il y avait deux filles chez moi à cette époque. Ces deux filles étaient pensionnaires chez moi,
M. Clarke: Quelle était l’occupation de ces filles ?
lt
Je ne puis dire au juste quelle était leur occupation.
M. Clarke : Vous tenez une auberge, vous n’avez pas de licence, vous gardez des filles et vous ne pouvez dire ce qu’elles font : cela suflit, vous pouvez vons retirer.
Sarah Dwyer, belle de Kingston, aux proportions usseZ considérables, mais n'ayant pas l'élégance de ses rivales de Montréal qui ont donné recemment leur témoignage.
Question.—Avez-vu le prisonnier à la barre ?
Réponse : Non, je n’ai jamais servi à la barre. (Rires, Barreau rit comme les #utres.)
L'avocat répète sa question, et le témoin, comprenant cette fois, dit :
Oui, jai vu le prisonnier. [1 m'a donné une pièce de $5. Je l’ai montrée à M.
Hibbard. qui m'a dit qu’elle n’était pas bonne, et d’avoir l'œil sur le prisonnier.
Lorsque Barreuu est arrivé chez Hibbard, le dimanche matin, il a dit qu’il était homme de cage et qu’il voulait pensionner là pendant une semaine. La pièce d’or que ie prisonnier m’a donnée était une pièce semblable à celle qui m’est montrée maintenant.
Tlransquestionnée : Dans quelle espèce de maison demeurez-vous ?
Réponse : Dans une maison de pierres.
Quelle espèce de gens demeurent dans cette maison ?
Réponse : De très jolies personnes (rires—Harreau sourit.) Jatiens l’auberge.
Je ne puis dire si c’est une maison de prostitution. Je lave et nettoye.
Éxaminée par le juge : L’accusé m’a donné cette pièce en présent. Le prisonnier m'a dit qu’il avait d’autres pièces d’or et qu’il voulait les faire changer le lendemain. Je ne les ai pas vues. J'ai vu une vieille pièce d’argent daus les mains du prisonnier.
William Harper est rappelé et explique aux jurés le mécanisme d’un revolver de Colt et leur montre comment ilse fait qu’on ne peut tirer qu’un seul coupà In fois. Après les explications les plus minutieuses sur le mecanisme du pistolet pro-
duit en vement d’un co Le gr menté «1 J'ai € coronair Je suis Kingsto:
Nous 80 tre heur alors dé garde, chars, v dans les lontaire:
était ar!
mieux d amis ou être tén dit: “( tous ceu me dit a “Jo!
res de l’ avait de rendu d quin, da attendu tir M.] leurs fer partis, ] dai à m: disant q tre mon petite f porte, à “ Lo viande « donné d sayai à de pain dri: ses Comme tais biel prépare!
elle me cher.
pris mo vage, ql l'enfant tuer. .
lle était
auberge,
gardez :e qu’elz vons
on, aux J, Wais ales de emment
er à la
servi à ime les
témoin,
à donné ua NT.
AL pas sunnier.
Libbard, ait homnner là l'or que e pièce 6 main-
espèce
pierres.
nt dans
nes (riuberge.
son de
sé m’a prison- | pièces ngor le J’ai vu s mains
xplique ver de se fait npa ln sminulet pro-
ie
duit en cette cause, le témoin jure positivement qu’il est impossible de tirer plus d’un coup à la fois.
Le grand Connétable Bissonnette est assermenté at dit :
J'ai eu un warrant,le 5 juin dernier, du coronaire Jones pour arrêter le prisonnier.
Je suis parti à cinq heures du matin pour Kingston, avec M. Schiller et M. de Beautort. Nous sommes arrivés à Kingston, le 6, à quatre heures du matin. Le prisonnier qui était alors détenu à Kingston, a été mis sous ma garde, Nous sommes embarqués dans les chars, vers deux heures de l’après-midi, et dans les chars, le prisonnier nous a raconté volontairement comment l'affaire de Laprairie était arrivée, Je lui ai dit de suite qu’il ferait mieux de ne rien dire avant d'avoir vu ses amis ou un avocat et que je ne désirais pas être témoin dans cette cause. Barreau m'a dit: “ Ca ne fait rien ; j'ai raconté l'affaire à tous ceux que j'ai vus” Voici ce que Barreau me dit alors :
& Je suis traversé à Laprairie à quatre heures de l’après-midi, le samedi. Je savais qu’il y avait de l'argent chez M. Moquin. Je me suis rendu dans la grange devant chez M. Moquin, dans la soirée du même jour. Là, j'ai attendu jusqu'au dimanche matin. Je vis partir M. Moquin, père, et M. Moquin, fils, avec leurs femmes pour la messe. Quand je les vis partis, j'entrai chez M. Moquin, Je demandai à manger à Marie Louise Sauvage, en lui disant que j'avais bien faim. Je voulus mettre mon fusil sur du bois dans la imaison; la petite fille me dit de le mettre derrière la porte, à cause des enfants.
“ Louise Sauvage a voulu me donner de la viande et Je n’en ai pas voulu. Elle m’a alors donné du pain, du beurre et du thé. J'essayai à manger, mais je ne pus: les morceaux de pain m'étoufaient, (Barreau semble sttendri: ses yeux paraissent rouler dans l’eau.) Comme j'avais dit à Louise Sauvage que j'étais bien fatigué, elle monta en haut pour me
réparer un lit. Quand elle fut descendue, elle me demanda si je voulais aller me coucher. Je lui dis: “Je suis maître ici. Je pris mon revolver et je tirai sur Marie Sauvago, qui était un peu de côté. J’attrapai l'enfant, mais je n'avais pas l'intention de le tuer. Je tirai alors deux coups sur la petite
fille (Délima Duquet) et je la crus morte, Je défonçai alors le grand coffre, je pris le petit coffre, je mis le feu à la maison et Je me sauvai.”
Je lui dis: vous ne vouliez pas tuer l’enfant ; pourquoi avez-vous donc mis le teu à la maison ?
>arreau me répondit: Je voulais cacher mon crime et j'étais décidé à tous les faire brûler. Je ne savais plus ce pue je faisuis. J'étais fou quand je suis parti de la maison. Je me sauvai et jetai mon pistolet d.ns un champ de grain, où on le trouvera probablement. J’examinai mon pistolet avant de le jeter; et si je n'avais pas tiré tous les coups je me serais tué.
Je gagnai le bois où je me cachai et où je cuchai aussi mon fusil dans les broussuilles. Je gugnai ensuite la rivière, je m’embarquai ensuite dans un vieux canot et je traversai à l'Isle des Sœurs. Il vantait si fort que je erus périr. Lo lendemaiu matin, je traversai à la Pointe St. Charles.
Je prêtai le canot à deux jeunes gens et je me couchai dans le champ. Je vis venir à moi deux hommes de police qui paraissnient me chercher. Je marchaiï jusqu’à la clôture du Grand-Tronce, et quand je vis les deux hommes de police courrir après moi, je passai par un trou qu'il y avait dans la clôture. Je puis la rue Wellington € je me rendis jusqu’à la rue McGill.
J'entrai chez un barbier et je me fis raser la moustache. Je sortis et je demandai à un charretier de me mener dans une muaison.
Avant cela le prisonnier m'avait dit:
&« Trouvant les sacs d'argent trop pesants, j'en avais jeté deux dans la cour du Grand Tronc.”
Barreau me dit: “ Le charretier me conduisit dans une mauvaise maisOD, rue St, Nicolas Tollentin, chez une nommée Louise Loiscau. Je demnandai à la maitresse de la maison de me donner une irlandaise où une avglaise qui sût parier le françuis. Il était huit heures quand j'arrivai à cetie maison. Je donnai $75 en or à la maîtresse de la maison. C’était pour quinze jours de pension pour la fille, ponr sa propre pension et pour des préseuts pour la fille.”
Je lui demandai s’il avait laissé des effets chez Louise Loiseau, et il me dit:
Oui, je me suis changé, j’ai mis des hardes que j'avais achetées sur la rue McGill, et je laissai chez Louise Loiseau les effets que J’ôtai. [Le mardi soir, je me rendis à la maison de ma femme, dans l’intention d’y entrer. En arrivant, je regardai par la fenêtre, je vis une chandelle allumée et des hommes de police dans la maison.
Je me rendis alors dans la rue Panet, je frappai à la porte de la maison d’un ami qui avait été à la guerre avec moi, je demandai un verre d’eau, on me le refusa.
Je partis de là et me sauvai au pont Janveau. Je me rendis alors à Lancaster, et je dépensai trois ou quatre pièces d’or en me rendant. Je marchais la nuitet je mo cachais dans les bois le jour. Rendu à Lancaster, je pris les chars pour Kingston. En arrivant à Kington, je demandai à un charretier de me conduire dans une mauvaise maison. Je donnai une pièce" d’or à une fille et elle descendit pour la faire changer. Le même soir, plus tard, la fille me dit : “ Cachez-vous, car la police vous cherche ! ” Je quittai le lit et la fille me fit cacher dans la chambre où la police de Kingston m’a trouvé.
Transquestionné.—Le prisonnier était sous arrestation lorsqu'il m’a raconte ces faits-là. Barreau n’était pas excité; il était calme et avait l’air peiné. Des questions ont été posées à Barreau, moi-même je lui en ai posées. Mais aucune question pressante ne lui a été posée. Barreau avait l’air disposé à tout dire. Quelqu'un fit remarquer à Barreau le sort qui l’attendait. Barreau répondit: “ Je le sais bien !”
Réexaminé par M. Ramsay: Avant toute cette conversation, jai mis le prisonnier sur ses gardes autant que je pouvais le faire. Aucune menace ou promesse n’a été faite au prisonnier.
M. Ramsay fait d’aborc! remarquer à la Cour que trois autres témoins, MM. Shiller, de Beaufort et George Vermette, ayant accompagné le grand connétable, peuvent jurer la même chose ; mais que sous les circonstances, il ne eroit pas nccessuire de les examiner.
en langue française.
tous les arguments qu’il avait si ingénicusement développés en anglais. Mais ce ne serait pas lui rendre justice que de juger son discours en langue anglaise par celui qu'il a prononcé
À une heure de l'après-midi, le défenseur
de l'accusé prit la parole pour la défense de son client, langue anglaise, de la manière la plus éloquente et déploya toutes les ressources de son talent oratoire. Chacun était surpris qu’il fut possible de donner un semblant de plausibilité à la défense du malheureux Barreau.
personne n'avait pu conceroir, le talent de l’avocat le développa avec éloquence.
Il parla pondant deux heures en
Ce que
F'ondant son système de détense eutière-
ment sur la possibilité de l’aliénation mentale, de la folie de son chent lors du meurtre, il exploita toutes les circonstances qui pouvaient lui être favorables, ou plutôt qui pouvaient être susceptibles d’une interprétation dans le sens de la défense, et fit des efforts qui vaudront à l’habile avocat une réputation de criminaliste bien méritée.
jourd’hui ou demain une analyse de son discours.
Nous donnerons au-
M. Clarke adressa aussi la parole au jury, Il réussit à faire valoir
en français,
M. Ramsay s'efforça, dans sa réplique, de faire voir qu’il était impossible de croire que Barreau était atteint de folie, et il insista sur la préméditation et sur la barbarie que le prisonnier avait manifestées dans l’exécution de son crime.
Le juge donna alors sa charge au jury. Elle fut courte et conclut à la culpabilité certaine et indubitable du prisonnier.
Le jury entra alors en chambre et la Cour s’ajourna à cinq heures et demie pour recevoir le verdict du jury.
A neuf heures la Cour était remplie comme un œuf, pour nous servir d'une locution très ordinaire mais très applicable à la circonstance actuelle, Les hommes semblaient juchés les uns sur les autres et dans quelques coins, dans la galerie pas exemple, il faisait pitié de voir les ferames pressées et accablées par cette foule haletante de curiosité.
Quand le juge rentra, le silence qui régna fut solennel et prolongé. Il portait son tricorne et dos gants gris : cela annonçait qu'il s'attendait et qu’il était préparé à pronoñser
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ET
la sentence de mort.
?: Le jury entra et rendit un verdict de coupable !
Victor Mailette, un des jurés dit: Nous recommandons le prisonnier à la clémence de la Cour.
Lo Juge: Pour quelle raison ?
Le même juré : Parce que, malgré que nous croyons qu’il soit coupable, on doit toujours avoir pitié de son semblable,
Le Juge: Est-co là votre seule raison ?
Tous les jurés se levèrent et répondirent :
Oui.
Barreau était toujours impassibie et regardait fixement les jurés. Pas une fibre de son visage ne changea, Il conserva le même ar attentif et résolu. Et cependant sa physionomie aunonçait, surtout par la contraction du front et par la fixité des yeux, que dans son intérieur il était en proie à de fortes émotions, Quand le greffier lui demanda s’il avait quelque chose à dire, Barreau s’agenouilla et supplia la Cour de lire une lettre qu’il avait préparée. Il se leva, prit la lettre dans la pocho de son surtout, la donna à quelqu'un qui se trouvait près de la barre, et elle fut passée de main en main jusqu'au greflier, Elle était cachetée. Nous la publierons dans notre seconde édition.
Lorsque Barreau s'agenoulla, il parut sur le point de s’attendrir. Il parla d'une voix entrecoupée et sa ne se contracta comme s’il allait pleurer. Îl reprit un instant après sa contenance habituelle,
Le juge prononça la sentence de mort d’une voix fort émue et scuvent inaudible.
La pendaison de Barreau est fixée au 17 novembre.
Voici la lettre de Barreau, suivie de la sentence du juge :
À l’Honorable T. C. Aylwin,
“ VoTRE HONNEUR, — Permettez - moi, avant que vous prononciez votre sentence contre moi, de déclarer avec respect que mon frère, Charles Barreau, accusé de larcin, complètement innocent de l'accusation qu:
pèse sur lui. Je l'ai autorisé à prendre sur Pargent que j’avais à ma maison, qui était ma propriété, la somme de sept louis dix chelins ainsi qu’ane épinglette qui m’appartenait aussi en propre, afin de lui procurer les moyens de
so rendre à Washington, dans le but d'obtenir un certificat du docteur qui m'avait donné ses soins pendant ma maladie à l’hôpital Harwood dans cette dernière ville,
“ Je dois ajouter que depuis mon incarcération, j'ai été entièrement abandonné de tous, de mes parents, de mes amis, de mon épouse et du Clergé : jo n'ai reçu de consolation de personne.
“ C’est un dovoir pour moi, eependant, de déclarer que mon défenseur, M. J. I. Clark, est le seul dont les visites aient adouci un peu la tristesse de ma situation, 11 a sacrifié bien des moments de son temps précieux à la préparation de ma défense, et ceci sans rénumération actuelle et sans y être poussé par mes amis, mais de son propre mouvement et animé par la générosité de ses sentiments,
‘ C’est pourquoi j'ai cru que je devais lui témoigner publiquement ina profonde gratitude pour tous les services qu'il m’a rendus.
“ Mon plus ardent désir a été et est encore que la Cour, le barreau et le public apprennent sa noble conduite à mon égard, Je demande très respectueusement et très ardemment que Votre Honneur ordonne que tous mes effets sans exception, qui sont maintenant sous les soins du Grand Connétable, soient livrés à M. H. J. Clark. C’est le tiès-vif désir et la prière de
“Votre très-obéissant serviteur, # STANISLAS BARREAU,”
Ensuite Son Honneur le Juge s’adressa au coupable dans les termes suivants:
Accusé du meutre de Marie-Louise Sauvage, le jury vous a déclaré coupable, et il est maintenant de mon devoir de prononcer contre vous la sentence do mort.
Votre crime est épouvantable, et votre nom sera en horreur longtemps; ce ne sera pas avant que la présente génération soit disparue de la terre que l’on vous oubliera. Elevé par un brave citoyen de Laprairie, qui ne vous avait fait que du bien, qui vous a donné l’instruction religieuse, et qui vous a procuré votre première communion, vous vous êtes rendu chez lui, votre bienfaiteur, le jour de dimanche, lorsque la famille était à la messe, dans le but de voler tout l’argent que vous saviez se trouver dans la maison. Possédé par le démon, pour cacher votre crime, vous avez tué la servante qui. vous avait servi dans une
maladie que vous avez eu à essuyer, et qui venait de vous donner à manger. Ilomme dénaturé et barbare, vous avez avec un pistolet do six canons, au moment où elle nes y aitendait pas, déchargé six balles dans le corps de cette infortunée qui n’a pu dire que “ Barreau, Barreau, ” et mourir. Non content de cela, vous avez tué une pauvre petite fille, enfant de la maison, que Vous avez vu naître chez votre maître, Il vous fallait commettre un triple meurtre pour réussir à cacher votre crime, et il vous fallait faire périr une autre servante dans la maison, Mais cette fille sentant sa dernière heure arrivée, a eu le courage de se jeter dernière une table et, après avoir essuyé deux décharges de pistolet tirées par vous, meurtrier, la providence, que Dieu soit loué, l’a sauvée, et, à votre surprise, elle à pu donner à votre procès la msilleure preuve de votre forfait. Pour surcroît de précaution vous avez ensuite, après le vol, mis le feu à la maison.
La preuve contre vous est accablante, et le comble y a été ajouté par votre propre aveu,
Malheureux, pourquoi avez-vous jamais laissé votre paroisse et votre Eglise, où vous étiez heureux, content, sans souillure ? Pourquoi vous êtes-vous laissé entraîner par l'appât du gain, et pourquoi avez-vous pour des dollars le métier de brigand en pays étranger ? Rentré dans votre foyer, vous vous êtes montré corrompu et débauché, voleur, incendiaire et assassin.
Maintenant, il n’y à plus d'espoir pour vous eur la terre ; vos jours sont comptés, l’échafaud vous attend pour terminer votre existence.
Mais, dans ce moment terrible, où tout vous abandonne, il vous reste encore le secours de la religion ; adressex-vou., je vous en prie, à un prêtre, et je vous dirai que c’est seulement, en Notre Rédempteur et Notre Sauveur Jésus- Christ, que vous avez quelque espoir de salut, par le moyen de la prière et de la pénitence.
Ecoutez ce qui est écrit :
Liv. 12, 4.—Ne craignez point ceux qui tuent le corps, et qui après cela ne peuvent rien faire de plus.
Mais je vous montrerai qui vous devez craindre ; eraignez celui qui après avoir ôté la vie, a le pouvoir d’envoyer dans l'enfer ; oui, je vous le dis, c'est celui-là que vous devez craindre.
Mat. 10, 280, Même geatimont.
La sentence de la cour est celle de la loi:
Que pour le meurtre et la félonie dont vous êtes convaincu, vous soyez envoyé à la prison commune du district ot que vous soyez détenu là jusqu’au 17 novembre prochain, et qu’alors vous soyez conduit à la place d'exécution, et être là pendu par votre cou jusqu'à ce que mort s’en suive.
Et que Dieu tout puissant accorde à votre âme la miséricorde divine.
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Le condamné Barreau.
Barreau montre du courage. En arrivant à la prison, il dit, avec accompagnement de quelques paroles énergiques : Ga leur a coûté aux jurés de demander la pitié de la cour pour moi.
Ensuite, Stanislas Barreau a pris le portrait de sa femme, sur lequel celle-ci tient son petit enfant dans ses brus il a découpé la partie de la photographie où était son enfant, en disant qu'il allait le garder et qu'il renvoyait celui do sa femme. Celle-ci est allée le voir ce matin (mardi) et s'est fait rendre le portrait de son enfant. Elle a aussi remporté le sien.
On lui a demandé s’il voulait un prêtre. Il a répondu: Ce n'est pas à moi à venir les trouver, c’est à eux à venir me voir.
Nous ne doutons pas que le désir indirectement exprimé par le condamné, de recevoir les secours de la religion, soit bientôt gratifié.
Voici une analyse de l'éloquente plaidoirie de M. Clark. La porte de quelques feuillets de nos notes nous a engagé à nous prévaloir de la version publiée par ua de nos confrères :
La cause sur laquelle vous êtes appelés à rendre votre verdict, est une des plus importantes qui se soient rencontrées depuis longtemps. Si l’on considère le crime atroce dont est accusé le prisonnier à la barre, et les circonstances qui l'ont accompagné, On ne peut penser que celui qui à commis un tel forfait, ait agi sous l'empire de sa raison. Au contraire, examinant avec soin la preuve qui a été mise devant vous, vous ne pouvez faire autrement que de croire que le prisonnier,
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