‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 124 sur 208 · Hugue Morsel, Prieur de S. Nizier · texte numérisé non relu

Hugue Morsel, Prieur de S. Nizier

DEUXIÈME SÉRIE t ARTICLE XVH 457

Troyes, Regnaud, doyen de Saint-Urbain, et M e Barthélemi, scelleur de la cour de Troyes. Dans les lettres, l'évêque déclarait avoir reçu en dépôt et garde de M e Hugue et de Pierre Barrière, de Périgueux, 2.000 livres tournois, et s'engageait, sous obligation de tous ses biens et de son évêché, à leur délivrer cette somme à leur volonté, un mois après réquisition : le sceau de l'évêque, celui de l'abbaye, celui de l'official, et celui de Pierre de Saint-Nizier, alors notaire impérial, furent apposés à l'acte. Guichard fit encore écrire d'autres lettres, scellées de son sceau, par lesquelles il s'obligeait à donner à M e Hugue, chaque année, 40 livres tournois, jusqu'à ce qu'il l'eût pourvu dans le diocèse de Troyes d'un bénéfice ou d'une cure d'un égal revenu 1 . Le même jour, entre nones et vêpres, l'évêque, ayant les deux lettres à la main, dit à M e Hugue : — « M e Hugue, voici vos lettres, « que je vous ai préparées. Faites que Henri de Trainel, Ferraton, « Gui de Cas (et trois ou quatre autres qu'il nomma), qui ont c porté témoignage contre moi pour la reine, aillent à Paris « trouver l'évêque de Meaux et lui confessent qu'ils ont porté « devant lui faux témoignage : en sorte que l'évêque de Meaux les <( mène à la reine avec un sauf-conduit et que ces témoins parlent « à frère Durand, son confesseur ». M c Hugue le promit. L'évêque lui fit délivrer par Lorin, son chambellan, 40 livres pour ses frais, en disant que Jean de Fay et le doyen de Saint-Urbain iraient à Paris derrière M e Hugue, et qu'ils lui délivreraient les lettres quand il aurait tenu sa promesse 2 .

Hugue revint alors à Paris, où le prieur de Provins, qui avait négocié l'arrangement, devait le retrouver quelques jours après 3 .

1. La déposition de Pierre Barrière offre une divergence au sujet de l'arrangement conclu entre l'évêque et M Hugue. D'après lui, l'évêque devait donner à M e Hugue 2.000 liv. par., qui seraient partagées par tiers entre Gui de Cas, M* Hugue et Pierre Barrière : avec cela, M Hugue aurait iOO liv. de pension annuelle à vie s'il faisait que les témoins qui avaient déposé contre l'évêque avouassent au confesseur qu'ils avaient faussement témoigné.

Page 1