‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 128 sur 208 · Pierre Barrière · texte numérisé non relu

Pierre Barrière

Mêm. et doc. de l'École des Chartes. 11

i LES DÉPOSITIONS

ave de le corrompre pour lui faire dire qu'il avait porté faux noignage '. Ou exhiba les lettres par lesquelles l'évèque bligeait de deux mille livres envers M" Hugue Morsel pour ise d'emprunt : Pierre Barrière avoua que c'était un faux tif ''. Le doyen de Saint-Urbain s'excusa devant la reine, ant qu'il n'avait rien su de cette subornation 3 . Le dénouement de cette intrigue hardie, et dangereuse ne fit accroître l'obstination haineuse de l'évèque. Pendant l'été de )3, comme il se trouvait à Macey 4 , attendant avec anxiété Fet de ses machinations, il manda chez lui Guillaume Pastou- , son maître d'hôtel b , qui revenait de Paris ; et, dans l'église, ant l'autel, en présence de Jean d'Orléans, chapelain de 'êque 6 , et de plusieurs autres, Guichard lui demanda : — teau sire, vous qui venez de Paris et de la cour du roi, qu'este qu'on y dit de moi? — Je suis allé au bois de Vincennes, épondit Guillaume, et la, dans la chapelle des Ermites, j'ai n tendu dire à la reine qu'elle était très irritée contre vous jarce que vous vouliez réprouver ses témoins; que c'était m déshonneur pour elle et pour son conseil, et que, si vous ne ous en départiez, elle vous remettrait dans l'état où elle vous vait pris, et, d'un riche évêque, ferait de vous un pauvre 1ère '•. » Guichard alors lui demanda ce qu'il en pensait hume ; et. comme Guillaume lui conseillait de se tenir tranquille,

Frère Durand.

Richard, cvèque de Béliers.

Frère Durand.

C 00 de Troyes.

H fut son maître d'hôtel, de 1301k 1303; plus tard, au moment du nroil était curé de Crespy, prés Brienne.

Il était, à l'époque du procès, chanoine de Notre-Dame à la catlié-

.... « Quoil ipsa crut multum irata de reprobatione quam diclus episipus volebat facere contra testes ipsius regine, el quod erat dedecus ipsi ■ginc el toli ejus consilio, et quod, nisi ipse episcopus ab hoc cessarct, sa reponcret eum in statu in quo eum aeceperat, et faceret de ipso ivîtc episcopo pauperem clericum »,

Jean de Trainel apporta cet instrument à l'évêque à la Saint- Rémi (1 er octobre). Cinq jours après, Guichard lui dit : — «11 « faut que tu te rendes auprès de Jean de Calais et que tu lui « portes certaines lettres de Jean Trivalle, son ami 1 , pour qui « il fera comme je crois. Et tu diras à Jean de Calais que, « pour sûr, je ferai ce que lui mande Jean Trivalle. Tu porte- « ras aussi d'autres lettres à Thierry de Dammartin. » L'évêque offrait 5.000 livres au chanoine pour qu'il allât, soit à Metz, soit à Besançon, confesser devant l'évêque ou l'archevêque, en présence d'un notaire, qu'il avait porté faux témoignage contre Guichard 2 .

Jean de Trainel retourna à la cour romaine, revit Jean de Calais et lui donna les lettres : celui-ci répondit qu'il n'en ferait rien pour le moment; mais il déclara à Jean de Hancy, son écuyer, qu'il ne ferait en aucune façon ce qu'on lui demandait et qu'il aimait mieux que l'évêque fût pendu que de faire pareille chose ; car, en vérité, il avait porté un bon et vrai témoignage

socictaic Pulicum de Florcniia, quesivit diligenter ab eisdem me rcato ribus si ipsi vel Bertus Symoneti, olim eorum socius, nunc defunctus, habuerint vel habeut, nominc Johannis de Calais, canonici Sancti Stephani Trecensis, quadringentos Ûorenos auri, quos, ut dicebatur, idem Johann es per manus dicti Berti dare et solvere debebat venerabili in Christo patri domino G., episcopo Trecensi, ad hoc quod idem episcopus prefatum Johannem relaxaret et liberaret a prisione seu carcere quo idem episcopus predictum Johannem tenere dicebatur astrictum : qui mercatores responderunt eidem magistro Thierrico et michi notario infrascripto, de hoc diligenter pctenti, tanquam perso ne publiée, quod de dictis quadringentis florenis sic prcmissis nichil sciebantnec audiverant, et quod in eorum libris sive cirographis, licet diu quesicrint et diligenter, nichil invenerunt nec potuerunt invenire. Actum Anagnie, in fundaco dictorum mercatorum, presentibus discretis viris donno Johannede Estancia, canonico Virdunensi, magistro Johanne de Baya, notario, Boccatino Paganelli, cive et mercatore Florentino, de societate Cangianorum de Florentia, tes ti bus ad predicta vocatis specialiter et rogatis. Et ego Johannes Leonis de Guartina(?), imperiali auctoritate notarius publicus, predictis omnibus interfui rogatus, scripsi et publicavi, meoque signo consueto signavi. »

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