‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 129 sur 208 · M c Jean Trivalle était sous-chantre de Saint-Etienne · texte numérisé non relu

M c Jean Trivalle était sous-chantre de Saint-Etienne

2. D'après Jean de Hancy, cette démarche de l'évêque daterait du commencement du Carême. Cf. Jean de Trainel.

Peu après, Jean de Trainel montra ces lettres à Jean de Langres, appelé Dandin, procureur de lévêque en cour de Rome, qui lui dit que l'instrument lui paraissait suspect 1 . Jean l'apporta à l'évêque et lui raconta tout ce qu'il avait fait et vu. Guichard répondit : — « Ne te tourmente pas, il n'y a pas de danger : avec cela, je pourrai avoir ma paix. »

Jean de Trainel confia alors à l'évêque que Jean de Hancy, l'écuyer de Jean de Calais, pouvait lui procurer une bonne affaire si Guichard voulait faire plus de cas de lui 2 : l'évêque renvoya Jean de Trainel en Italie 3 . Vers le cinquième jour de Carême, Jean de Trainel demanda à l'écuyer de vouloir bien lui sceller du sceau de son maître certaines lettres qu'il écrirait après coup, et où le chanoine signifierait à l'évêque que Jean de Trainel était resté longtemps à la cour romaine. L'écuyer répondit à Jean de Trainel qu'il écrivît ces lettres, et que, si Jean de Calais ne voulait pas les sceller, lui-même les scellerait quand le chanoine serait hors de sa chambre. Un soir, Jean de Trainel lui apporta des lettres closes qui portaient au bas :

dictum episcopum pcrhibuit, et penitentia ductus, confessus fuit super hoc cuidam confessori domini pape penitenciario, qui eidem injunxit quod veritatem in omnibus revelaret, dictum domiuum episcopum super premissis non fuisse culpabilcm, sed penitus innocentem. Actum Home, in Campo Fioris, in domo Pétri de Bolonia, coram domino Pontto de Herbato, canonico ecclcsie de Cella prope Cantummerulam, Erardo de Pernayo, armigero, Tullcnsis diocesis, Johanne de Hanxi, Cameracensis diocesis, famulo predicti Johannis de Calesio, Francisco de Flammis, de Luca mercatore, et Alnuldo de Alemania, etc., anuo Domini M CCO quarto, die XXIIII* januarii, indictionc secunda. Et ego Accursus Laufredi de Verona, etc. »

i. Cf. Dépos., III, 6. — Jean de Trainel les aurait également montrées à l'écuyer de Jean de Calais, Jean de Hancy, qui en parla à son maître : Jean de Calais déclara que c'était un faux instrument, qu'il n'avait jamais confessé cela.

2. Il y a beaucoup d'obscurité dans toute cette histoire. Jean de Trainel et Jean de Hancy, chacun de leur côté, cherchent dans leurs dépositions à atténuer leur rôle, et Ton ne peut dire si Jean de Hancy laissa surprendre sa confiance ou s'il se laissa acheter. Leurs témoignages prouvent au moins qu'il y avait du vrai dans cette histoire louche.

Page 1