Abbé de Montier-la-Celle. Pierre de 5. Nizier
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— « Messire, disait Erard, vous faites mal, car je me suis mis « sous la protection du siège apostolique ». Guichard était tout rouge de colère 1 .
Il se laissait aller parfois aux dernières violences. Pendant le Carême de 4302, un écolier de Paris, Jean Brûlefoin, se présentait à lui dans la petite salle, portant la tonsure et le capuchon en arrière. — « C'est toi », lui dit-il, « c'est toi le clerc « qui as apporté dans mon évêché des lettres de l'Université? » L'écolier répondit que oui. — « Prends garde de ne plus « apporter de pareilles lettres ! » reprit Guichard : c'étaient des lettres de l'Université contre des sujets de l'évêque. Le clerc répliqua qu'il en apporterait encore si ses maîtres l'envoyaient ; l'évêque irrité, la face enflammée, se jeta sur lui furieusement, le saisit à la poitrine, par ses habits, qu'il déchira, puis par le capuchon, et lui serra la gorge au point que le sang lui sortait par le nez et par la bouche ; ensuite, Guichard l'envoya en prison 2 .
Le lundi ou le mardi après l'octave de la Pentecôte 1308, M c Bertaud, médecin, clerc tonsuré, cité devant l'évêque à Troyes, vint lui demander : — « Messire, vous m'avez fait citer « devant vous : dites-moi, s'il vous plaît, pourquoi 3 ? » Sur ces mots, l'évêque le saisit d'une main à la poitrine, de l'autre par la tête et le traîna ainsi, en lui disant : — « Ribaud! voleur ! ta « fin est arrivée ! tu vas mourir ! tu me resteras ! je saurai si tu es « venu en armes ! » Guillaume leDiablat arriva, le dépouilla, jusqu'à la cheveçaille 4 , d'une housse ou robe longue qu'il portait, le frappa du poing et lui serra la gorge : le médecin n'avait pas d'armes. Pendant ce temps là, l'évêque disait : — « C'est moi qui « te fais faire cela ! » Le médecin ignorait pourquoi on le traitait ainsi : le prieur de Payns avait dit simplement à Guichard que M 6 Bertaud avait mal parlé de lui 5 .