‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 162 sur 208 · LE PROCÈS DE GL'ICHAKD ET L'OPINION · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DE GL'ICHAKD ET L'OPINION

reine par des maléOces ou par le poison * . Ce qui frappait surtout le peuple, c'était la rigueur insolite avec laquelle on avait traité un prélat, en le mettant, à sa honte, sans égard pour son privilège, en prison séculière 2 ; c'était aussi l'énergie obstinée avec laquelle Guichard se défendait; et Ton attendait pour savoir quel serait le jugement du pape, à qui la cause allait être déférée en dernier lieu. Dans la chronique d'un bourgeois de Paris qui écrivait pendant l'enquête, on trouve un écho de ces rumeurs :

[1305] En celé année, sanz doutance,

Mourust la royne de France Et de Navarre, la très sage Jehanne, dont ce fu grant damage A touz, car tant com fu en vie, Ne fu France moult taillie, Mes fu le royaume 3 assez en pais Trop plus qu'il n'a esté après.

De sa mort fu la renommée Qu'ele ot esté enpoysonnée.

Ne sai s'il fu de cui séu ; Mais 1 moinne noir mescréu En fu : c'est l'evesque de Trois En Champaingne : si fu des roys Ccl evesque mal arrivé; De son temporel fu privé, Et grant temps en fu en prison.

Je ne sai si ce fu raison ; Mes s'il a voit fet tel mette t Il devroit bien estre deffet ;

1 # Contin. de Guill. de Nangis (Histor. de Fr. y XX, 598) : « [sortilegiis « aut veneno »; Contin. de Girard de Frachet (ibid., XXI, 31) : « maleficiis vcl veneno »; — cf. Ghron. de S. Denis (ibid., XX, 683). Plus original et mieux renseigné est Jean de S. Victor (ibid., XXI, 644 et 6ft2).

2. Jean de S. Victor (ibid., XXI, 652) : « Quae (regina) dicebatur venefi- « ciis vel invocatîonc defuncta. Quicquid fueril, praedictus episcopus Tre- « ccnsis, nullius privilegii fretus vel fullus juvamine, turpiter est detentus « in carcerc, longoque tempore reservatus. »

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