‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 163 sur 208 · Il faudrait : le règne pour la mesure du vers · texte numérisé non relu

Il faudrait : le règne pour la mesure du vers

Car la royne fet Tavoit,

Et de ses secrez il sa voit, Et estoit aussi son compère.

Or ne say par quele manière Ce fu fait ; mes de grant ennuy Li a l'en fet, et contre luy Mainte chose a l'en proposé ; N'encor n'est il pas desposé De son office esperitel, Combien que de son temporel Ait damage eu grandement. Encor en pent le jugement De sa cause en la cort de Romme; Car Tevesque de Trois por homme Ne veut a son droit résiner; Ainçois veut oïr definer Sa cause par droite sentence.

Or pri à Dieu qu'il l'en avance ; Car je tieng por fol cil qui cuide Et droit si a mestier dVide *.

Un clerc de Troyes, qui écrivait trente ans après les faits 2 , nous a laissé, dans une version de « Renard le Contrefait M », l'impression qui restait de ce scandale. Comme celle de Jean de Saint- Victor et du bourgeois de Paris, son opinion est favorable à Tévêque : l'histoire de Guichard était pour lui comme l'exemple d'une infortune imméritée, mais fermement et dignement supportée :

1. Chronique rimée attribuée à Geffroi de Paris, vers 2959-2998 (Histor. de Fr., XXII, \il).

2. Le poème était achevé en 4343 (Paulin Paris, Mss. françois de la Bibl. du Roi, M, 173).

3. Bibl. Nat., ms. franc. 370, fol. 59-00. Cette version est inédite ; une autre a été publiée par Prosper Tarbé, dans la Collect. des Poètes de Champagne antérieurs au siècle de François I er , tome XIII, Reims, 1851, in-8° : Le Roman du Renard contrefait par le clerc de Troyes, pp. 90-93. Son ms., qu'il n'indique pas, offre des variantes que nous reproduisons lorsqu'elles ont un intérêt pour le sens.

230 LE PROCÈS DE GUICHARD ET l'OPIMON

Mais malheur est communaulx

Aulx débonnaires et aulx faulx 4 :

L'evesque de Troye le sceut bien,

Que je a moult tressage tien 2 .

Bonheur longtemps le mena ,

N' oncques tant ne pot ne pena

Que tousjours tenir le peust,

Combien que très grant sens eust

Et qu'il y mesist moult de paines.

Povre séculier fu, puis moisnes,

Et puis de Saint Ayeul prieux,

Dont pluseurs furent envieux ;

Puis abbé de Monstier la Selle :

La ne trouva il pas sa selle 8 .

Bien le maintint comme sachant 4 :

Qui ne m'en croit si le demandt.

Puis n'orent milleur pastour 5 . fol. 59 v°

L'abbiés 6 fis! clorre alentour

De murs de pierres a cresteaulx,

Les tours entour et les pommeaulx,

Et la grant salle sur la porte.

Alentour, dont mieulx se déporte,

Y sont quatre grans tours quarrées,

Bien assises et bien fondées 7 .

Oncques n'y avoit eu cloison

Qui eust pu tenir ung oison.

Aucuns moisnes gré ne l'en seurent,

Pour ce qu'aler jouer ne peurent 8 *

La les mist il dessoux sa main ;

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