ET LES GRANDS PROCÈS DIT REGNE DE PHILIPPE LE BEL
puissance et du droit ecclésiastique, relever et soutenir i ment la puissance laïque. Pour emprisonner et juger l'évt Pamiers contre le privilège des clercs, on convoque les du royaume et l'on cherche à s'autoriser de leur approbat: au concile convoqué contre lui par Boniface, Philippe oppt manifestation extraordinaire, comme un concile national bourgeois sont réunis aux nobles et aux évéques pour leur adhésion au roi de France; en même temps l'Univer: consultée, et L'on va jusqu'à provoquer dans la masse, p conférences publiques, un mouvement d'opinion. C'est en* consultant les États et l'Université, mais surtout en remi peuple, en l'agitant grossièrement par des factums, prêche, par des réunions, qu'on entame les procès du Tei de Guichard, comme pour couvrir et légitimer par les mu de la foule les formes rapides et les violences iniques de cédure.
L'action partiale et abusive du pouvoir civil dans le pr< Guichard n'échappa pourtant point à l'opinion : on devi tous ces crimes accumulés, au traitement infligé à l'évêqui forme de l'enquête, les haines acharnées contre lui :
Carie roi estoit sou contraire Jusqu'à la vie du corps traire.
Le pouvoir ro val en effet n'intervint pas seulement par i cier faisant fonction de ministère public, promoteur de l'a tîon et instructeur de l'affaire : il y eut à côté une infon secrète et louche, conduite par des agents particuliers, semble avoir été autre chose que l'enquête ordinaire dite du L'enquête ecclésiastique elle-même paraît n'avoir été ni rég ni impartiale : on permit à l'évêque — comme aux Templi d'avoir des procureurs; mais Guichard put se plaindre admît sa diffamatio sans contrôle, qu'on ne lui donnât pc délai suffisant pour établir la lifts contestât/», qu'on laissât point la faculté de reconnaître et de récuser les gnages portés contre lui. 11 fut réduit pour sa défense à 1'
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ou à des protestations platoniques. Enfin la longueur même et la lenteur de l'enquête, les instantes réclamations du pape montrent que le roi faisait à dessein traîner l'affaire pour la retenir, et cherchait à mettre obstacle à la clôture pour ne point se dessaisir de son prisonnier. Il le remit enfin au pape; mais s'il abandonna les poursuites, ce fut moins sans doute à cause de l'innocence soi-disant reconnue de Guichard que parce qu'il n'avait plus rien à gagner au procès. L'affaire du Temple lui importait avant tout : pour contraindre le pape et la résoudre à son gré, il avait mis à profit tous les scandales, ceux de la papauté et ceux de l'épiscopat. Quand elle fut réglée, il laissa sans regret, avec celui de Bon if ace, tomber le procès de Guichard.
[Avant le 5] mari 1285.
Lettre par laquelle Jean, évoque de Meaux, reconnaît, a
que le droit de présentation a la chapellenie de Bourg b
tient à Guichard, abbé de Monticr-la-Ccllc, et à son couver
Arcli. départ. Aube, " 11. 2 (Bourgbaudoin, n° 2). Orig. s<
Inventaire général île Montier-la-Celle, I, fol. 19. Copi-
5 mars 1285.
Lettre par laquelle Jean, évoque de Meaux, confère à Et doi, son clerc, sur la présentation de Guichard, abbé < Celle, la chapellenie de Bourgbaudoin, vacante par la mt Coquart.
Arch. départ. Aube, 7 II. 2 (Bourgbaudoin, n u 3). Orig. s Inv. génér. de Monlier-la-Celle, I, fol. 19. Copie.
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Meaux, 22 octobre 1286.
Lettre par laquelle Jean, éveque de Meaux, demande à Guichard, abbé de Montier-la-Cclle, de présenter Pierre de Saint-Loup de Naud à la chapellenie de Bourgbaudoin, conformément à l'arrangement fait entre révoque et l'abbé.
Arch. départ. Aube, 7 H. 2 (Bourgbaudoin, n° 4). Orig. scellé. — Ibid.y Inv. génèr. de Montier-la-Celle 9 I, fol. 19. Copie.
Vaudoi, 5 octobre 1289.
Adam de Vaudoi, évéque de Meaux, demande a Guichard, abbé de Montierla-Cellc, de présenter Milon « le Boiteux » à la chapellenie de Bourgbaudoin.
Religioso et honesto viro, amico suo spcciali et karissimo G., permissione divina abbati monasterii Celle Trecensis, A[dam], ejusdem miseratione Meldensis ecclesie minister humilis, salutem et cum dilectione sineera paratam ad ejus beneplacita voluntatem. De curialitate vestra plurimum confidentes, vobis preces porrigimus quantum possumus ampliores, quatinus, divine pietatis intuitu et precum nostrarum interventu, capellaniam de Burgo Balduini, que est de patronatu vestro, vacantem per libéra m resignationem Pétri, quondam dicte capellanie capellani, Miloni dicto Claudo, cui mores et scientia ac nobilitas generis sufîragantur, secundum quod nôbis Senonis vestri gratia obtulistis, si vobis placeat, conferre velitis, et dictuni M. ad dictam capellaniam per vestras litteras presentare, tantum super hoc facienles quod nos vobis teneamur firmius obligati, parati vobis suo temporc grata vicissitudine respondere. Bene et diu in Domino valeatis. Data Vodeii, die mercurii post festum beali Remigii, anno Domini M CC° octogesimo nono.
Arch. départ. Aube, 7 II. 2 (Bourgbaudoin, n° 5). Orig. scellé. — Ibid. } Inv. génér. de Montier-U-Celle, I, fol. 19. Copie.
Comptes de régale de l'évcché de Troyes (1298-99) d'après la Table
de Robert Mignon.
Trecœ
Gompotus magistri Joannis Osane, decani Sancti-Stephani Trecensis, Joannis Blouel de Crispayo et Pétri Morcl de Feritate Milonis.
De dicto regali, a dominica ante Invenlionem Sancti Stephani 1298 usque ad diem veneris ante Ascensionem Domini 1299, pro XLI hebdomadis et III diebus, redditus eu ri a? mercurii ante cathedra m Sancti Pétri 1299 ; debuerunt pro fine compoti pra?dicti, deductis solutionibus thesaurarii, et alibi per eos factis, LXIX lb. VI sol. Non est correctus quantum ad hoc ; et sunt quaxlam alia in dicto compoto signala recuperari.
Bibl. Nat., ms. lat. 9069, p. 95.
Troyes, 15 mai 1304,
Amendement de Guichard , évoque de Troyes, envers la collégiale de Saint-Etienne.
In Dei nomine amen. Noverint universi per presens publicum instrumentum quod, anno a nalivitate Domini millesimo trecentesimo quarto, secundum stilum ccclesie gallicane, indictione II", mense mayo, décima quinta die ejusdem mensis, videlicet die veneris an le festum Penthecosles, ponlificatus sanclissimi patris domini Benedicti pape XI anno primo, in presencia publici nolarii et testium subscriptorum ad hoc specialiter vocatorum et rogalorum, personalitcr constitutis Trecis, in cappella domus episcopi, reverendo in Christo pâtre ac domino Guichardo, Dei gracia Trecensi episcopo, ex parte una, et venerabilibus virÎ9 decano et pluribus canonicis et beneficiatis ac chorialibus ecclesie Beali Stephani Treccnsis, ex altéra, et presentibus
pluribus aliis personis tamecclesiasticis quam eciam secularibus, necnon et présente ad hoc Jacobo de Amiïliaco, canonico dicte ecclesîe, procuratore decani et capituli ipsius ecclesie, dictus dominus episcopus quoddam instrumentum, manu mea infrascripti notarii confectum meoque [signo] solito signatum, legit altc et publiée, formam et datam continens que sequuntur * :
Omnibus présentes litleras inspecturis Guichardus, misera tione
divina Trecensis episcopus, salutem in Domino. Noverint universi
quod cum inter nos, ex una parte, et venerabiles viros decanum et
capitulum ecclesie Sancti Stephani Trecensis ex altéra, discordia ver-
teretur super eo quod dicti venerabiles petebant a nobis Johannem de
Galaisio, suum concanonicum et justiciabilem, sibi reddi et reslitui,
nostro carcere detentum ad instanliam domine Blanche, quondam
illustris regine Navarre, — asserentes quod, tam de antiqua et appro-
bata consuetudine quam privilcgio sedis apostolicc speciali, canoni-
corum et beneficiatorum suorum correptio et jurisditio omnimoda ad
eos pertinet pleno jure, — nos autem in contrarium dicebamus quod
ad nos de jure communi ipsorum correptio et jurisditio pertinebat, —
tandem, cum super hoc inter nos fuisset diutius liligatum, délibéra-
tione habita diligenti, habito etiam consilio cum peritis, de causa
predicta plenius informati, sic volentes jus nostrum illesum servare ut
tamcn in nullo jura alterius ofîendamus, ipsius Johannis et aliorum
concanonicorum et beneficiatorum suorum correptionem et jurisditio-
nem omnimodas quas habent ex privilegio, composi tione, confirma-
tione, consuetudine et usu, ad decanum et capitulum predictos confî-
temur et recognoscimus' pertinere; verum quia corpus ipsius Johannis
ad prcsens restituere non valemus, — diu est videlicet a nostro carcere
fugitivum, — quod ta m en si haberemus, dictis venerabilibus sine diffi-
cultate aliqua redderemus, idcirco in signum restitutionis et jurisdi-
tionis predicte plenius déclara te et pro bono pacis, presentem nostrum
pileum, necnon et emcnde a nobis sibi f acte, présentes cyrothecas dictis
venerabilibus tradidimus et tradimus, reddidimus ac reddi m us et
restituimus ad memoriam futurorum, promittentes bona fide quod si
futuris temporibus restituendi prcdictum Johannem nos habcre con-
tingeret facultatem, ipsum restituemus venerabilibus supradictis. Et
hec omnibus prcsentibus et futuris volumus esse nota. Et super hiis a
te, Petro Marini, publico notario, dictis venerabilibus fieri et tradi
volumus publicum instrumentum, et signum tuum cum subscriplione